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LAMOUSSA DIABATÉ, CHEF DES DOZOS DE TOUMODI: nos patrons sont Chérif Ousmane et Koné Zakaria

octobre 21, 2013 8 commentaires

 

 

Sous Ouattara, la Côte d’Ivoire est elle encore une République

LAMOUSSA DIABATÉ, CHEF DES DOZOS DE TOUMODI :

Le gouvernement a donné un ordre. Mais nous, les dozos, nos patrons sont Chérif Ousmane et Koné Zakaria

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«NOUS ATTENDONS L’ORDRE DU CDT KONÉ ZAKARIA»

Sommés par le ministre-délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, de ne plus se mêler aux opérations de sécurisation des biens et des personnes, les dozos, par la voix du président de la Confrérie des dozos de Côte d’Ivoire (Codoci), section de Toumodi) ont soutenu, lundi à la salle de réunion de la préfecture de Toumodi, qu’ils attendent les instructions fermes du commandant Koné Zakaria.

Comment réagissez-vous, face aux accusations selon lesquelles des dozos (chasseurs traditionnels) seraient les auteurs des attaques contre les gendarmes et les policiers, à Yamoussoukro?
Pour nous, c’est un faux problème. Les gens qui portent les habits de dozo pour attaquer, ne sont rien d’autres que des bandits qui auraient pu s’habiller en treillis militaire, pour agresser les gens. Si le bandit a porté une tenue de la gendarmerie, dira-t-on que ce sont des gendarmes qui ont attaqué ? Si le malfrat porte une tenue des Frci (Forces républicaines de Côte d’Ivoire, ndlr) pour semer le trouble, dira-t-on aussi que ce sont les militaires qui ont agressé ? Dans tous les corps de métier, il existe des brebis galeuses. Nous condamnons fermement les attaques contre les gendarmes de Yamoussoukro parce que la discipline existe au sein de la confrérie dozo. Nous prêtons serment dans la forêt sacrée. Un dozo qui ne respecte pas la loi, s’expose à des sanctions qui peuvent aller jusqu’au châtiment ultime.

Que faites-vous pour assainir vos rangs?
Nous avons des réunions mensuelles à Abidjan avec le colonel Touré, le président de notre organisation. En ce moment, il y a un grand rassemblement de dozos qui se tient à Kani. Nous avons des spécialistes à San Pedro. Ils sont chargés de rechercher et de rattraper les bandits de grand chemin et autres criminels. A Toumodi, vous l’avez certainement appris, nous avons pris en main la question de l’insécurité. Certes, il existe la police, la gendarmerie et les sociétés de gardiennage, mais les attaques de domiciles étaient récurrentes. Face à cette situation, il fallait réagir. Nous avons mis en place une unité d’élite de dozos pour traquer les bandits. Nous avons mené des opérations pour neutraliser ces gangsters. Il existait un célèbre malfrat du nom de « l’homme à la kalach ». Il semait la terreur dans la ville; les gendarmes n’ont pas pu le maîtriser.
Nous l’avons appréhendé ; il a été jugé et condamné par le tribunal de Toumodi. Il a écopé de vingt ans de prison

On a l’impression que vous avez engagé un bras de fer avec les forces de l’ordre.
Il n’y a jamais eu de bras de fer. Le commandant Koné Zakaria est un dozo. Il est l’un de nos patrons. Nous exécutons ses ordres. Le commandant Chérif Ousmane est aussi un dozo; nous obéissons à ses instructions. Dans l’armée, c’est la discipline. Dans la confrérie des dozos, c’est aussi la discipline. Ce qui s’est passé à Yamoussoukro est condamnable. Dans tout corps, il y a des brebis galeuses. Il y a des gens qui ne sont pas de la confrérie. Ils attaquent les forces de l’ordre. Ce qui n’est pas normal. Il faut respecter la loi. Le Président Alassane Ouattara nous a dit que la guerre est finie et qu’on doit se respecter. La justice est là. Les forces de l’ordre sont présentes. Nous les respectons. Nous travaillons en symbiose. Elles nous sollicitent régulièrement pour intervenir, lorsque des coupeurs de route sont en train d’opérer. Nous intervenons pour aider les forces régulières dans leur mission de sécurisation des personnes et des biens. Le gouvernement a lancé l’opération de recensement des dozos. A la fin de cette action, chaque dozo aura une carte attestant sa qualité. Il y a les dozos un peu partout : en Sierra-Léone, au Burkina Faso, au Mali, en Guinée. Ici, on ne sait pas qui est qui. Donc, cette opération d’identification est la bienvenue.

Combien de dozos avez-vous déjà recensé à Toumodi?
Nous avons 130 éléments. Il existe un registre dans lequel nous enregistrons toutes les informations. Il s’agit du nom et de la photo d’identité de l’élément. Le colonel Touré, les commandants Koné Zakaria et Chérif Ousmane sont mes patrons. Il suffit qu’ils disent: « les dozos, on ne veut plus vous voir, alors nous allons exécuter l’ordre ». Nous attendons l’ordre du commandant Koné Zakaria. Le gouvernement a donné un ordre. Mais nous, les dozos, avons des patrons dont les commandants Chérif Ousmane et Koné Zakaria. Nous attendons l’ordre de nos patrons. S’ils nous disent de quitter le terrain, alors nous allons exécuter à la lettre les instructions.

Réalisé par Ouattara Moussa, envoyé spécial à Toumodi

http://www.nordsudquotidien.com/lamoussa-diabate-chef-des-dozos-de-toumodi-nous-attendons-lordre-du-cdt-kone-zakaria/

 

Salvatore Saguès, chercheur pour Amnesty international : « Je suis pessimiste et sidéré par l’attitude de la France et des Etats-Unis qui assurent que tout est réglé »

février 27, 2013 2 commentaires

Le titre rapport qu’a publié l’ONG Amnesty international, mardi 26 février, est sans ambiguïté : « Côte d’Ivoire : la loi des vainqueurs ». L’organisation a recueilli de nombreux témoignages « de première main » qui prouvent des « violations généralisées des droits humains perpétrées par les forces armées à l’encontre de partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo ». Interview de Salvator Saguès, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty international.

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Dans votre rapport, vous accusez les FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire) d’Alassane Ouattara d’être responsables notamment d’actes de tortures, d’arrestations et de détention arbitraire envers des personnes supposées être des partisans du camp Gbagbo.

 La réconciliation est encore loin…

– Les FRCI (regroupement des Forces nouvelles et des ralliés des Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire créé par Alassane Ouattara en 2011, ndlr) se comportent encore comme vainqueurs. Tant qu’ils se considèrent ainsi, le risque est grand d’entretenir une idéologie de guerre civile. Pour réconcilier, il faut reconstruire un appareil d’Etat impartial, des forces de sécurité impartiales, une justice impartiale. Rien de tout cela n’a été fait. Il y a une sécurité et une justice à deux vitesses. Deux ans après la crise post-électorale, les policiers et les gendarmes, issus du pouvoir de Laurent Gbagbo, ne sont toujours pas armés. En face, il y a les FRCI armés. Aux check points d’Abidjan, il y a des soldats, des gendarmes et des policiers. Mais ceux qui contrôlent, ce sont les FRCI. Cela créer une grande frustration dans la population qui nuit à toute réconciliation.

Par ailleurs, il faut savoir que la criminalité au sein des FRCI a été telle que les autorités ont été obligées de créer une police militaire, fin 2011, chargée de réprimer les soldats qui se conduisaient mal. Or, cette dernière a été utilisée à des fins totalement politiques. C’est elle qui arrête les gens dans les bars, dans la rue, au domicile sans mandat d’arrêt.

 Vous accusez aussi la « milice » composée des chasseurs traditionnels « dozo » d’être derrière de nombreuses exactions…

 Nous avons, en effet, axé notre travail sur les Dozo. Au départ c’est un groupe de chasseurs traditionnels qui durant les huit années de division du pays, ont protégé les Dioula contre les autorités de Laurent Gbagbo. Ils avaient une fonction de protection d’une population sans défense. Mais maintenant, ils se sont autoproclamés responsables du maintien de l’ordre. On raconte qu’ils exigent le paiement de 300.000 francs CFA par mois, l’équivalent de 450 euros pour la protection des populations.

Ils nous ont dit clairement qu’ils bénéficiaient du soutien des autorités, qu’ils recevaient des armes de leur part, et qu’ils leur remettaient les hommes qu’ils arrêtaient. Le ministre de la Défense, Paul Koffi Koffi, nous a dit qu’il était conscient du problème et qu’un décret avait été promulgué en juillet 2012 interdisant aux Dozo de maintenir l’ordre. Or, en octobre, ça continuait et de manière totalement ouverte. Au nom de quoi des chasseurs traditionnels sans formation, sans fonction, vont assurer l’ordre ?

 Quel est l’intérêt pour Alassane Ouattara d’utiliser ces hommes ?

 Les Dozo sont arrivés avec les Forces nouvelles. Est-ce une situation de fait que les autorités n’osent pas déranger ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr c’est que sur le terrain, les Dozo ne se cachent pas. L’exemple de l’attaque du camp de déplacés de Nahibly est, de ce point de vue là, bouleversant. Ce camp était considéré comme un repère de bandits et utilisé pour stigmatiser l’ensemble des résidents du camp considéré comme des partisans de Laurent Gbagbo. L’assassinat de quatre personnes près de Duékoué a été l’occasion pour les Dozo d’attaquer le camp qui aurait, selon les autorités ivoiriennes servis de refuge aux auteurs des assassinats. Les Dozo, aidé par la population et les FRCI ont alors encerclé et détruit le camp. Les survivants racontent que les hommes jeunes et costauds ont été arrêtés par les FRCI et qu’ils ont ensuite disparu.

 Pourquoi l’Onuci, qui devait protéger le camp, n’a rien fait ?

 – Ce qui est évident, c’est que les soldats de l’Onuci sont peu nombreux. Une dizaine de personnes à l’intérieur et une vingtaine à l’extérieur. On dit qu’ils ont été surpris et étonnés par l’attitude des FRCI. Des vidéos montrent le préfet en train de regarder le camp brûler, ne donnant aucun ordre pour s’interposer. Cela faisait des mois qu’on disait que ce camp était dangereux et que des menaces planaient sur ses résidents. L’attaque n’est pas arrivée par hasard et l’Onuci aurait pu augmenter ses effectifs.

 Votre mission a duré un mois de septembre à octobre 2012. Quelles ont été vos conditions d’enquête sur le terrain ?

 – Avant de partir, Amnesty a envoyé des lettres aux autorités pour rencontrer des détenus. Mais une fois que nous sommes arrivés sur place, il a été très difficile d’obtenir les autorisations demandées. Lors de notre visite au Génie militaire (quartier général de la police militaire utilisé comme lieu de détention, ndlr), nous avons eu la preuve que des détenus nous ont été cachés. Des personnes ont été déplacées temporairement lors de notre venue, un procédé déjà utilisé lors d’une visite de l’Onuci dans un camp militaire des FRCI en août 2012. C’est inquiétant.

 Avez-vous rencontré des responsables politiques ?

 – Oui, nous avons rencontré Paul Koffi Koffi, le ministre de la Défense, le ministre de la Justice et le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko. Nous leur avons présenté notre rapport d’enquête. Nous avons agi en toute transparence.

 Que peut faire Alassane Ouattara ?

 Donner des signes de bonne volonté. Enquêter et arrêter les personnes responsables de crimes très graves en 2011, proches des Forces nouvelles de l’époque. Nous mesurons la difficulté qu’il y a, à répondre aux attaques contre les casernes militaires, les postes de gendarmerie, les centrales électriques. Mais ce n’est pas en arrêtant des personnes de manière arbitraire qu’on va assurer la sécurité et calmer le ressentiment de la population. Le pire qui puisse arriver à la Côte d’Ivoire, ce n’est pas une nouvelle guerre, c’est la justice des vainqueurs. Et c’est exactement ce qui se passe. Celui qui juge, c’est celui qui a gagné.

 Comment la Côte d’Ivoire peut sortir de l’impasse ?

 Je suis pessimiste et sidéré par l’attitude de la France et des Etats-Unis qui assurent que tout est réglé. Certes économiquement, beaucoup de choses se sont améliorées mais les bases sont fragiles. Une moitié de la population a peur. De même que j’ai pensé que la politique de Laurent Gbagbo était suicidaire, je pense ici qu’Alassane Ouattara doit arrêter avec ses promesses sans lendemain.

 La Commission réconciliation et vérité était une fausse solution, selon vous ?

 Elle n’a aucun pouvoir, aucun mandat, aucune autorité. Ce n’est pas en faisant des rapports que cela va apporter la justice. Il y en a beaucoup qui pensent que Laurent Gbagbo doit répondre de ses actes devant la justice internationale, mais il ne doit pas être le seul.

 La CPI a promis de continuer à enquêter dans les deux camps…

 On nous dit que les enquêtes se poursuivent concernant Laurent Gbagbo et sa femme Simone Gbagbo. Mais, à notre connaissance, il n’y a aucune enquête sur les proches d’Alassane Ouattara. Pourtant, il semble facile, par exemple de savoir qui sont les responsables du massacre de Duékoué… Personne n’a été relevé de ses fonctions. La CPI ne peut pas continuer ainsi, sa partialité va devenir éclatante. Personne ne nie qu’il y a eu des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité des deux côtés. Combien de temps vont-il tenir à enquêter que d’un seul côté ? On ne jette pas d’huile sur le feu, on tire la sonnette d’alarme.

 

Cote d’Ivoire : Ah les exactions ! En patrouille, 2 gendarmes dépouillés par des Frci

Aucun jour ne passe sans que l’on ne compte de graves exactions des FRCI et de leurs supplétifs Dozo en Cote d’Ivoire.

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Yopougon-Banco 2

Les dozos exigent 500Fcfa à chaque habitant

Les chasseurs traditionnels du nord ont abandonné les savanes pour envahir les villes. On les retrouve actuellement dans le quartier Banco 2, dans la commune de Yopougon. Ces chasseurs appelés dozos ont établi leur base dans ce quartier où ils exigent à chaque habitant de payer la somme de 500Fcfa pour, disent-ils, assurer la sécurité du quartier. Le 25 décembre dernier, ils sont passés au domicile d’un certain K. K. J. pour lui réclamer cet impôt qui ne dit pas son nom. Ces chasseurs traditionnels, témoignent les habitants du quartier Banco 2, font des patrouilles en lieu et place de la gendarmerie et de la police.

Benjamin Koré

 

Yopougon-Ananeraie

Les Frci rackettent les commerçantes

Empruntez la voie qui part du centre de formation de la Sodeci situé à Yopougon-Ananeraie pour accéder à la pharmacie Siporex, non loin de la gare Utb, et vous verrez toutes les nuits comment les Frci abusent les passagers et particulièrement les commerçantes. Tous les cars en provenance de Dabou qui passent sur ce tronçon se heurtent à plusieurs barrages des Frci. Qui obligent les commerçantes du vivrier qui se trouvent à bord de leur remettre de l’argent. Seule condition pour éviter que les bagages des commerçantes soient déchargés. « Payez et vous allez passer ! Si les propriétaires des bagages ne paient pas, nous allons faire descendre tous ces bagages. Vous voyez ces bagages qui sont à terre, ils étaient au-dessus des cars de Dabou », menacent les éléments des Frci qui se croient à une foire une fois la nuit tombée.

 

Les commerçantes qui rentrent de Dabou avec de la tomate, des aubergines, du gombo, de l’attiéké et autres vivriers sont impuissantes face à la détermination des Frci à les rançonner. Ne sachant plus quoi faire pour poursuivre leur chemin, elles se voient dans l’obligation de se cotiser pour remettre de l’argent aux Frci. Sur ce petit trajet, elles se cotisent à chaque barrage. « Avec ces pratiques, comment les denrées ne peuvent pas être vendues à des prix exorbitants sur les marchés ? », s’indigne un occupant du car qui était juste à côté de moi. C’est vous dire que votre serviteur a été témoin de ce racket. Le ministre du Commerce Jean Louis Billon est interpellé.

B.K.

 

Abobo

En patrouille, 2 gendarmes dépouillés par des Frci

Deux gendarmes ont été dépouillés, le samedi 22 décembre dernier, par quatre éléments des Frci, de Ouattara. La scène s’est produite au corridor en face de la société Filtisac, dans la commune d’Abobo. Selon un policier qui a suivi les faits, c’est à la faveur d’une patrouille mixte regroupant Frci, policiers et gendarmes que les Frci ont arraché aux gendarmes leur argent.

Comment en est-on arrivé à cette situation ? Le policier témoin et qui a requis l’anonymat explique qu’après les contrôles de routine au corridor susmentionné, les quatre éléments des Frci ont demandé à leurs frères d’armes de partager ce qu’ils ont racketté. Pendant que les Frci préfèrent garder par devers eux ce qu’ils ont perçu.

Attitude que les gendarmes n’apprécient pas et refusent de donner leur « butin ». Les soldats pro-Ouattara qui se trouvent en position de force face aux gendarmes et policiers considèrent ce refus comme un affront et, sous la menace de leurs armes, décident de dépouiller les gendarmes de tout ce qu’ils possédaient. Le premier gendarme possédait la somme de 50000 Fcfa tandis que son collègue avait sur lui 75000 Fcfa. Les policiers, qui étaient en leur compagnie, ont préféré sauver leur tête en partageant équitablement ce qu’ils possédaient. Face à cette agression, des rumeurs relatives au refus des gendarmes de faire des patrouilles désormais en compagnie des Frci circulent.

Une correspondance d’Emile Kian

Les fantasmes d’un pouvoir révisionniste et dictatorial

août 24, 2012 1 commentaire

Les fantasmes d’un pouvoir révisionniste et dictatorial

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Dans un article intitulé « FPI, négation des principes démocratiques et pulsions terroristes » publié sur le blog de monsieur Soro Guillaume le 19 aout 2012, un certain Konan Louis charge le Front Populaire Ivoirien de tous les péchés d’Israël. 

En d’autres temps nous aurions réservé à cet article le sort qu’il mérite, c’est-à-dire l’indifférence, tant il manque de consistance et de rigueur. Cependant, compte tenu du contexte dans lequel se trouve notre pays qui traverse une crise sociale et politique depuis plus décennie, il nous apparaît nécessaire de ne pas laisser prospérer le mensonge et le révisionnisme dans le cadre d’une tentative d’inversement des rôles dans la tragédie que vit la Côte d’Ivoire.

 

Le titre du pamphlet de monsieur Konan en dit long sur les intentions de l’auteur qui, alors que le pays est en proie à des violences qui mettent à mal la sécurité et la sérénité des Ivoiriens, n’a pas craint d’aggraver la fracture sociale en portant des accusations aussi légères qu’irresponsables à l’encontre du parti politique créé par le Président Laurent Gbagbo pour contribuer au mieux être des Ivoiriens.

Le premier paragraphe du texte révèle l’état d’esprit de l’auteur : « Des attaques lâches et insensées du FPI aux pratiques terroristes, il n’y a malheureusement qu’un seul pas à franchir ! Le Front Populaire ivoirien (FPI) que nous avons applaudi aveuglement dans les années 90 pour sa soif de liberté et de multipartisme, se mue, malheureusement, de manière vertigineuse en bandes terroristes pour avoir seulement perdu à une élection présidentielle. C’est regrettable ! ». Quel amalgame ! Quelle misère intellectuelle !

 

L’auteur est certainement partagé entre plusieurs sentiments qui l’agitent et l’empêchent de faire une lecture objective et lucide de la situation qui prévaut dans notre pays. Au fond de lui-même il reconnaît la grandeur du Front Populaire Ivoirien et le rôle historique que ce parti a joué et continue de jouer pour ancrer la démocratie en Côte d’Ivoire. C’est donc à juste titre que les Ivoiriens, dont monsieur Konan Louis, ont applaudi non pas aveuglement mais légitimement à l’avènement de cette formation politique qui a mis fin à trente années de parti unique. Faut-il rappeler à monsieur Konan que le parti unique était la négation des libertés individuelles et collectives et qu’il a créé les conditions d’un mauvais départ de la Côte d’Ivoire qui se retrouve aujourd’hui dans une impasse totale ? La pensée unique et la mauvaise gouvernance qui caractérisent ce type de régime ont fait perdre à notre pays ses chances d’amorcer un réel développement. C’était pour éviter cela que Laurent Gbagbo et ses camarades se sont battus pour l’instauration de la démocratie dans notre pays. Il est en effet avéré que même si la démocratie n’est pas une panacée, elle réunit les conditions minimales d’une participation de tous aux choix majeurs qui déterminent l’avenir du pays. De fait, la géographie des pays dits développés se confond avec celle des pays qui pratiquent la démocratie.

Le FPI de Laurent Gbagbo a donc fait ce choix qui est son essence même et ne saurait avoir de pratiques contraires.

 

Oui, vous avez raison, monsieur Konan, le FPI est le père de la démocratie en Côte d’Ivoire. A titre de rappel, il convient de noter que pour cette cause noble, le Président Laurent Gbagbo a sacrifié toute  sa jeunesse et sa vie. Sous le parti unique sa vie était ponctuée d’épisodes douloureux allant de la prison à l’exil avec leur cortège d’humiliations et de privations, à cause de ses opinions divergentes sur la conduite des affaires publiques. Pour les mêmes raisons et alors que le multipartisme était instauré, le FPI a connu les pires moments de sa jeune existence en 1992 pour avoir protesté contre l’expédition punitive nocturne lancée par le pouvoir PDCI sur de pauvres étudiants à la cité universitaire de Yopougon un an plus tôt. Cette répression aveugle et tous les autres actes anti démocratiques dont le PDCI s’est rendu coupable à l’encontre de l’opposition naissante dans le seul but de confisquer le pouvoir n’ont pas distrait le FPI. Le parti de Laurent Gbagbo a gardé le cap de l’alternance démocratique au pouvoir qui était et demeure son crédo. Malgré le verrouillage du champ politique par le PDCI, le FPI n’a jamais envisagé d’autres alternatives que la voie démocratique pour accéder au pouvoir. Pour votre gouverne, ceux des responsables du FPI qui ont préconisé la force pour créer l’alternance politique ont toujours été mis en minorité au sein des instances dirigeantes du parti. C’est tout naturellement sans surprise que ces politiciens se sont retrouvés dans la rébellion en 2002 avant de créer avec le PDCI et le RDR le Rassemblement des Houphouétistes pour la « Démocratie » et le Progrès (RHDP) pour mettre un terme au mandat du Président Laurent Gbagbo, élu seulement en octobre 2000.

 

Le FPI a su démontrer sa patience et sa hauteur d’esprit pour ne pas imposer à la Côte d’Ivoire une guerre pour l’instauration de la démocratie. Vous ne pouvez pas en dire autant de certains partis politiques que vous connaissez bien et dont le parcours est émaillé depuis , de violences ayant coûté la vie à des milliers de nos compatriotes et installé notre pays dans une instabilité chronique depuis plus d’une décennie.

Les évènements qui ont précipité la Côte d’Ivoire dans le chaos sont encore récents pour que des esprits retors veuillent écrire une autre histoire. C’est pourquoi il convient de rappeler qu’en octobre 2000, le FPI a accédé au pouvoir à l’issue d’une élection organisée par une junte militaire dont le candidat, le général Guei Robert, affrontait Laurent Gbagbo (FPI) au second tour du scrutin. Sauf à être volontairement amnésique aucun Ivoirien ne peut oublier que pendant le mandat du Président Gbagbo qui a duré de octobre 2000 à avril 2011, les tenants actuels du pouvoir ont rendu le pays ingouvernable pour n’avoir pu participer à la présidentielle de 2000 pour des raisons qu’ils n’ignorent pas et auxquelles le FPI est étranger. Il suffit de faire un bref rappel des faits marquants de cette décennie pour rafraîchir la mémoire à tous ceux qui font montre d’une malhonnêteté intellectuelle notoire.

 

Au mois de janvier 2011, soit deux mois après la prise de fonction de Laurent Gbagbo, premier Président de la deuxième République, une tentative de coup d’État est mise en échec et la colonne d’assaillants venant du Nord s’est évanouie dans la nature. Pourtant, la Côte d’Ivoire venait de se doter d’une nouvelle Assemblée Nationale et d’un Gouvernement d’ouverture auquel l’opposition parlementaire a pris part. Cette même année 2011, à l’initiative du Président Laurent Gbagbo, un forum pour la réconciliation nationale est organisé sous la présidence de monsieur Seydou Elimane Diarra. Pour ces assises importantes aux yeux du Président Gbagbo qui voulait créer les conditions d’une vie politique apaisée, le Chef de l’État a convaincu ses prédécesseurs de revenir dans la République en vue de prendre leur part dans la construction du pays. Pour y parvenir le Président Gbagbo a fait annuler les mesures qui contraignaient messieurs Bédié et Ouattara en exil. Il a en outre fait voter par le Parlement une loi qui définit le statut des anciens Présidents de la République et des Présidents des institutions républicaines. Le 5 août 2002, après les élections municipales et départementales auxquelles tous les partis politiques ont pris part, le Président Gbagbo a encore mis en place un Gouvernement de large ouverture avec cette fois des représentants du RDR.

 

Contre toute attente et alors que le Chef de l’État était en visite officielle en Italie, des soldats tentent de renverser, dans le nuit du 18 au 19 septembre 2002l, les institutions républicaines fraichement mises en place. L’un des signes avant-coureurs étant le holdup historique de la BCEAO d’Abidjan par un certain Sia Popo. Cette barbarie aura coûté la vie à plus de 300 de nos compatriotes dont le Ministre de l’Intérieur, Emile Boga Doudou. Non contents d’avoir été mis en échec les commanditaires de cet acte, dont le moindre qu’on puisse dire est qu’il est anti démocratique, créent la première rébellion armée de la Côte d’Ivoire indépendante avec l’appui bienveillant de la France Chiraquienne.

 

Il est bon que l’on se souvienne ! Monsieur Konan, savez-vous qui sont les commanditaires et acteurs de cette rébellion qui a endeuillé et qui continue d’endeuiller notre pays ? Savez-vous qu’en dépit de la bonne volonté du Président Gbagbo les rebelles ont maintenu la partition du pays jusqu’à la fin de 2010 avec des bandes armées qui ont régné en seigneurs de guerre avec ce que cela comporte comme atrocités, pillage des ressources agricoles, minières et industrielles, Vous souvenez-vous des dizaines de Gendarmes et leurs enfants assassinés à Bouaké ? Avez-vous entendu parler du braquage des agences de la BCEAO de Bouaké, Korhogo et Man ? Avez-vous oublié les 70 personnes soupçonnées d’être des Pro -IB enfermées jusqu’à étouffement dans un container à Korhogo  par le Com -zone Foffié Kouakou Martin?

Eh bien ! C’est dans cette atmosphère délétère que le FPI a été contraint de gouverner la Côte d’Ivoire avec des ministres rebelles qui non seulement n’avaient pas désarmé mais qui n’avaient pas non plus renoncé à leur projet de renverser le pouvoir. Malgré tout, le Président Gbagbo et le FPI ont fait preuve de retenue et se sont attelés à maintenir l’État débout pour permettre aux Ivoiriens, sans distinction d’aucune sorte, de mener une existence normale. C’est ainsi qu’avec les ressources de la moitié sud du pays sous contrôle gouvernemental, les services sociaux de base dont, la santé, l’école, l’électricité, etc. ont été assurés à tous les citoyens sur l’ensemble du territoire national. Pendant ce temps les ressources des zones Centre, Nord et Ouest (CNO) échouaient dans les poches et les comptes bancaires des rebelles et de leurs soutiens internes et externes. Le diamant et l’or de cette zone ont été pillés pour financer une rébellion absurde qui n’aura servit qu’à préparer les conditions d’accès au pouvoir de qui vous savez.

Faisant une grosse méprise sur le FPI, Monsieur Konan affirme sans sourciller que « …Le Front Populaire ivoirien (FPI) []  se mue, malheureusement, de manière vertigineuse en bandes terroristes pour avoir seulement perdu à une élection présidentielle. ». En vous référant à la philosophe et au parcours du FPI il vous est loisible de déduire que les bandes de terroristes qui semblent hanter vos nuits ne se trouvent certainement pas au sein de cette formation politique qui a donné la preuve de son sens de la responsabilité. Il faut être frappé de cécité ou être d’une mauvaise foi pathologique pour indexer le FPI dans le cadre des attaques d’hommes armés non identifiés de cibles militaires ces dernières semaines. A ce propos nous voudrions vous ramener à l’analyse du professeur Mamadou Koulibaly, ancien Président de l’Assemblée Nationale et Président de LIDER. Cette analyse qui est partagée par le commun des mortels et par tous les  observateurs attentifs de la scène politique de la Côte d’Ivoire des dix dernières années ne peut vous échapper. Avant de pointer d’un doigt accusateur le FPI qui serait devenu une organisation terroriste (je vous laisse l’entière responsabilité de votre terminologie), vous devriez faire votre état de conscience. Alors vous comprendrez que le fait d’être au pouvoir aujourd’hui n’efface pas le passé d’un certain nombre d’acteurs politiques actuels qui portent la responsabilité du délitement de notre pays. Assurément vous êtes passé maître dans l’art d’inverser les rôles. Malheureusement pour vous, les vrais faux complots de votre régime ne résistent pas à la réalité que vous connaissez. Cette réalité est que le pouvoir installé à coup de bombes sur la tête des Ivoiriens est en quête de légitimité malgré le soutien massif de la communauté internationale. Or la légitimité, au contraire de la légalité, ne se décrète pas, même si elle peut procéder de ladite légalité qui lui donne son fondement. Au regard des conditions de votre accession au pouvoir il apparaît que vous avez foulé au pied l’ordre constitutionnel qui est la source de la légalité et de la légitimité du pouvoir dans les Etats modernes. L’ayant fait, vous avez inconsciemment fragilisé votre régime qui est comme frappé d’une tare congénitale dont la conséquence est la récurrence des actes de violences observés depuis votre installation. Manquant de légitimité et conséquemment d’adhésion à vos actes de gouvernance votre régime est condamné à faire du terrorisme d’État. Lequel se définit comme l’utilisation par un gouvernement de mesures d’exception et d’actes violents à l’encontre d’une partie de ses administrés, sous couvert de raison d’Etat. Comme un voleur, vous avez peur que le propriétaire (le peuple souverain) de l’objet volé (son pouvoir) vous découvre et vous reprenne son dû. Vous êtes donc sur le qui-vive. Et pour couvrir votre forfait vous entretenez la terreur en espérant faire taire le peuple. Autrement, comment justifiez vous, d’une part l’emprisonnement sans jugement depuis plus d’an du Président du FPI, de tous ses vice-présidents, de ses secrétaires généraux ainsi que des dizaines autres responsables et d’autre part contraindre à l’exil plus d’une centaine de cadres de ce parti ? Etait-il nécessaire de faire tant d’excès.

Au-delà de ces misères que vous faites à votre opposition qui ne demande qu’à exister, posez-vous simplement la question de savoir si vous avez tenu vos promesses à l’égard des combattants que vous avez engagés contre la Côte d’Ivoire depuis 2002. Ces dizaines de milliers de combattant à qui vous avez promis monts et merveilles pour déloger Laurent Gbagbo du palais présidentiel sont-ils tous satisfaits ? Les membres du commando invisible dont le chef, IB a été assassiné lâchement par qui vous savez, sont-ils en odeur de sainteté avec vous ? Les milliers de gendarmes, policiers et militaires et para militaires que vous avez humiliés et désarmés au profit des soldats de la rébellion non instruits et des chasseurs traditionnels Dozos, sont-ils tous contents du traitement que vous leur réservez ? Les patriotes que vous martyrisez depuis avril 2011 peuvent-ils vous acclamer ? Les travailleurs que vous jetez à la rue au nom du rattrapage ethnique sont-ils heureux ? Les opérateurs économiques qui se voient délestés de leurs marchés au profit des nouveaux « rattrapés » sans obtenir le paiement de leurs factures sont-ils à l’aise ?

Ces interrogations non exhaustives devraient faire partie de votre démarche si vous aspirez à comprendre ce qui arrive à notre pays et si vous avez vocation à y apporter des réponses dans l’intérêt de tous. Toute autre démarche tendant à diaboliser le FPI est contre productive. Sachez par dessus tout que le FPI n’a pas de branche armée, pas plus qu’il n’a d’expérience en matière de déstabilisation des régimes. Le FPI a pris acte du renversement du Président Gbagbo le 11 avril 2011 sans renoncer à sa volonté de poursuivre le combat en vue de la démocratie et de la souveraineté de la Côte d’Ivoire. C’est dans cette posture que, depuis plus d’un an, la direction intérimaire réclame un dialogue franc avec le pouvoir en vue d’un exercice normal de son droit à l’opposition. Malheureusement, un certain nombre de comportements du Gouvernement révèle sa volonté de museler l’opposition à défaut de dissoudre le FPI qui ne demande qu’à s’opposer légalement. Au nombre de ces comportements, il y a lieu de dénoncer la campagne de presse dont l’article de monsieur Konan Louis est un élément, mais aussi les accusations fantaisistes de certains membres du gouvernement sur la prétendue implication de pro-Gbagbo (sic) à une entreprise de déstabilisation du régime. L’attaque du siège provisoire du FPI à Cocody, le saccage du siège du groupe de presse « Le Temps », proche du FPI et l’arrestation du Ministre Douati Alphonse, Secrétaire général adjoint du FPI chargé des questions gouvernementales, trahissent la volonté du régime de liquider sa principale opposition.

Pendant combien de temps allez-vous ruser avec la démocratie et la réconciliation nationale indispensable au développement harmonieux de notre pays ?

 

John K.Silué

                                                                                                                                                                                                        Cadre financier

 

Côte d’Ivoire -Dr Diabaté Enseignant chercheur aux USA pose : HUIT QUESTIONS A LA COMMISSION D’ENQUÊTE SUR LES ÉVÈNEMENTS POST-ELECTORAUX ET A MONSIEUR OUATTARA

 

 

 

 

 

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Pour Paulette Badjo : 1 452 Personnes tuées par les ex- FDS, 727 par les FRCI et 200 par les Dozos

 

1ère QUESTION :

Au lieu de deux ans pour compter des morts, n’était-il pas plus simple de prendre 2 semaines pour recompter les procès verbaux ?

2ème QUESTION :

Vous avez comptez les victimes des FDS, des FRCI, des DOZOS, ou sont les morts des bombardements des forces licornes et de l’ONUCI ?

3ème QUESTION :

La plupart des victimes surtout à l’ouest  n’ont plus de village et leurs familles sont en exil par milliers au Liberia, Ghana, Togo, Benin etc.  Plusieurs, par manque de moyens sont morts des ces lieux de refuge et  même de déplacement interne  en Cote d’Ivoire du fait de l’insecurité. Comment avez-vous pris en compte ces victimes ?

4ème QUESTION

Selon la constitution ivoirienne, entre les rebelles, les dozos et les FDS, qui avait le droit de porter des armes en Cote d’Ivoire pendant la période de votre enquête?

5ème QUESTION

Vous avez identifié les victimes et les coupables mais pour mieux orienter la CPI qui cherche les premiers responsables, qui est responsable de l’armement des FDS, des rebelles et des dozos ?

6ème QUESTION

Entre ceux qui ont choisi la voie pacifique de règlement du conflit à savoir l’Union Africaine et certains chefs de l’Etat et ceux qui ont choisi la voie de la violence à savoir la CEDEAO, SARKOZY, OUATTARA, qui est responsable de la déclaration de guerre ?

7ème QUESTION

En France, les forces de défense et de sécurité ont tué MOHAMED MERHAT parce qu’il n’avait pas le droit de porter des armes et de les utiliser. Pour mieux situer les responsabilités, les morts attribués aux FDS  qui ont légalement le droit de porter des armes au moment des faits, étaient-ils en situation de défense comme l’autorise la constitution ou en violation des règles et procédures régissant la défense du territoire?

8ème  et DERNIERE QUESTION

Si donc les FDS, FRCI et DOZOS ont tué au cours des événements post électoraux en Côte d’Ivoire tout comme la Licorne et l’Onuci. Pourquoi c’est Laurent Gbagbo seul qui se retrouve à la CPI et pas Ouattara et Guillaume Soro pour Les FRCI , Koné Zakaria pour les Dozos, Ban Kimoon pour L’ONUCI et  Nicolas Sarkozy pour la Licorne .Pourquoi ???

Si le rapport doit servir à rendre justice, je crains qu’en l’absence de réponses claires à ces questions, ce rapport  ne  soit qu’une simple comptabilité macabre pour émouvoir et tromper l’opinion internationale sur la réalité de la crise ivoirienne et prolonger la souffrance du peuple sous la dictature sanglante du régime ethno-génocidaire de Ouattara.

 

Dr Cheick DIABATE,

 Chercheur, Université du Colorado,

 USA

 

COTE D’IVOIRE: WITNESSES IMPLICATE DOZOS IN ATTACK

juillet 24, 2012 2 commentaires

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DUEKOUE, Ivory Coast (AP) — A group of traditional hunters known for policing western Ivory Coast is now being implicated in a gruesome attack on a camp for displaced people, where at least six residents were killed after an angry mob set tents ablaze.

 

The hunters — known as dozos — have long partnered with local authorities to combat banditry. However, the government has long vowed to disarm them and they have been accused of a growing number of human rights abuses.

 

Cedric Besai, 12, says he spotted dozos — recognizable by their dreadlock wigs and traditional clothing — among the fighters during Friday’s attack on the camp.

 

« They had machetes, Kalashnikovs and wood for burning, » said Besai, whose family gathered at Duekoue’s town hall on Sunday with more than 100 other former residents of the attacked camp. « They were very strong, and they started attacking the place. »

 

A U.N. official, who spoke on condition of anonymity because an investigation was not yet completed, said the dozos’ complicity was clear.

 

« There’s no doubt about the involvement of the dozos, » the official said. « That’s for sure. »

 

On Sunday, the camp that was once home to 4,500 people was deserted, its grounds marked by the charred remains of tents and other structures. Strips of tarpaulin hung over the frames of structures that were still standing.

 

« The dozos came early in the morning and encircled the camp, said Marguerite Guei. « All the dozos were posted at all the strategic places at the camp — some with Kalashnikovs and some with traditional hunting rifles, » the 35-year-old said.

 

But Bala Dembele, head of the dozos in Duekoue, denied that the group carried out the attacks. He said an angry crowd attacked the camp, thinking that the perpetrators who had shot dead five people the night before had sought refuge there.

 

« We intervened to stop the demolition of the camp, but the crowd was so stirred up that we couldn’t, » he said.

 

A spokesman for the defense ministry, Allah Kouakou Leon, said the dozos had helped prevent violence from spreading. « It’s clear that they played a very important role that day by their interference, » he said.

 

Widely believed to possess mystical powers, dozos are respected by many but they have increasingly come under fire, accused of widespread extortion at unsanctioned roadblocks.

 

They have also been implicated in more severe crimes. The U.S. State Department’s most recent Human Rights Report says dozos committed ethnic reprisal killings during the violence that rocked Ivory Coast after the disputed November 2010 election. Some 3,000 people were killed in the violence before ex-leader Laurent Gbagbo was removed from power with the help of U.N. and French forces in April 2011.

 

The new government under President Alassane Ouattara had vowed to disarm the dozos but a June 30 deadline passed with no tangible progress.

 

Matt Wells, West Africa researcher for Human Rights Watch, suggested the government was slow to act because the dozos had sided with pro-Ouattara forces in the postelection conflict against forces loyal to Gbagbo, the ousted president.

 

« The dozos’ apparent involvement in the Nahibly camp attack shows the failure of Ivorian authorities to follow through on repeated promises to disarm this group and lays bare the cost of the continued impunity for pro-government forces, » Wells said.

 

But some military officials have credited them with helping to stabilize the region. Dozos were originally concentrated in northern Ivory Coast. They expanded their presence to the west well before the 2010 vote, filling a void left by state authorities who failed to maintain security.

 

A 2010 Human Rights Watch report describes how dozos partnered with a transport workers’ union to curtail banditry on the country’s roads. Many villages around Duekoue entered into « self-defense agreements » with the dozos, compensating them for policing villages and providing armed defense.

 

Now, however, residents in the west, especially those belonging to ethnic groups that generally sided with Gbagbo in the postelection conflict, say they fear the dozos. And their suspected involvement in Friday’s attack, described by a number of witnesses, has raised more accusations about their use of violence. The attack killed six people, including one elderly man who was unable to flee and burned to death in a tent, according to the U.N.

 

Iro Firmin, a resident of the razed Nahibly camp, said Friday’s attack was part of a broader campaign of aggression against the Guere, a mostly pro-Gbagbo ethnic group.

 

« During the attack the dozos came and stole everything from the camp, » he said. « Their plan was to exterminate all Guere in the camp, » he claimed.

 

The attack was prompted by the shooting deaths of four men and one woman — members of a group that largely supports Ouattara — on Thursday night, according to local officials and residents. The mob of some 300 locals descended on the camp Friday morning after the perpetrators of the shootings reportedly fled there.

 

Ndolamb Ngokwey, humanitarian coordinator for the U.N. mission in Ivory Coast, said Sunday he could not address allegations that dozos played a role in the attack, citing an ongoing formal investigation.

 

At a meeting with U.N. officials on Sunday, army chief of staff Soumaila Bakayoko vowed to press forward with the disarming of the dozos. Still, Ngokwey said any promises to disarm the dozos would mean little without concrete action.

 

« The government already took a decision on that, » Ngokwey said, « but it is the implementation of the decision that is proving tricky. »

By ROBBIE COREY-BOULET | Associated Press

 

COTE D’IVOIRE ATTAQUE DU CAMP DES REFUGIES DE NAHIBLY A DUEKOUE, L’AMBASSADE DE SUISSE A ABIDJAN CONDANNE

juillet 21, 2012 3 commentaires

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L`Ambassade de Suisse en Côte d`Ivoire prend acte avec grande préoccupation des nouvelles attaques dirigées contre des personnes civiles à Duékoué. Elle condamne en particulier l`attaque d`un camp de personnes déplacées sous la protection des Nations Unies, quelqu`en soit la raison. La Confédération suisse est le dépositaire des Conventions de Genève et des autres instruments du droit international humanitaire, et l`Ambassade rappelle que toute attaque contre des personnes civiles tout comme l`abus d`installations civiles protégées à des fins violents y sont strictement interdites. Elle souligne que la Suisse s`est engagé pendant la récente crise en Côte d`Ivoire comme le troisième donateur d`aide humanitaire en faveur des populations dans le besoin, en particulier à l`ouest du pays et aussi dans le camp de Nahibly, maintenant touché. L`Ambassadeur de Suisse s`est rendu, depuis janvier 2011, à plusieurs reprises à l`ouest dans le contexte de cette aide et pour soutenir le dialogue entre les populations en conflit. L`Ambassade en appelle au Gouvernement de la République et à l`Opération des Nations Unies en Côte d`Ivoire afin qu`ils prennent toutes les mesures pour identifier et punir les coupables, d`où qu`ils viennent, et pour protéger efficacement la population civile et les opérations humanitaires.

Abidjan, le 21 juillet 2012