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‘’SI VOUS NE VOUS REPROCHEZ RIEN’’

décembre 16, 2012 Laisser un commentaire

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Dans tous les débats entre les exilés et les responsables du RDR, cette expression est récurrente. Encore tout récemment, Soro Guillaume l’a répété devant ses militants de New York en demandant aux exilés de rentrer au pays s’ils ne se reprochent rien. En vérité, nous ne nous reprochons rien ! bien au contraire, nous nous félicitons d’avoir défendu la légalité, d’être resté aux cotés de la Cote d’Ivoire face au danger et l’adversité la plus féroce. La vraie question est qu’est ce que vous, vous nous reprochez ? Dramane Ouattara recevant les populations Wê leur a dit à propos de Marcel Gossio ex directeur du port autonome d’Abidjan : « dites à Gossio de rentrer au pays (…) S’il y a des audits au port qui montrent qu’il a détourné de l’argent, il pourra s’expliquer et rembourser l’argent pour être tranquille ». Ce qui signifie qu’à l’heure actuelle, qu’ils n’ont pas encore fait les audits pour savoir s’il a détourné où pas de l’argent. Ils le feront quand il sera au pays ! Ridicule

Mais bien plus, quel sort est réservé à ceux qui sont restés au pays depuis le 11 avril 2011 justement parce qu’ils ‘’ne se reprochaient rien’’ ? Martial Yavo qui assurait l’intérim de Blé Goudé à la tête du Cojep est en prison depuis 4 mois maintenant. D’abord accusé d’entretenir des milices a Dabou, son délit s’est transformé plus tard en ‘’trouble à l’ordre public’’. Il a rejoint en prison Youan Bi Agénor qui lui non plus, après un moment en exil était rentré au pays parce qu’il ne ‘’se reprochait rien’’. Monsieur N’guessan Etienne, secrétaire exécutif de l’UNG qui ‘’ne se reprochait rien’’ et vaquait régulièrement à ses occupations au pays a été cueilli à l’aéroport au retour de ses vacances annuelles. Tous les frères de Damana Pickass ‘’ qui ne se reprochaient rien’’ croupissent en prison actuellement pour délit de patronyme.

L’on a coutume de dire ‘’ mais certains sont rentrés et rien ne leur est arrivé, Konan Boniface, Gbamanan Djidjan, Gervais Coulibaly et autres sont au pays et vaquent à leurs occupations respectives’’. Mais qu’est ce que tous ces gens ont en commun ? Certains sont contraints de se taire, d’autres de chanter les louanges de Dramane Ouattara. Nous, nous ne voulons ni nous taire, ni chanter ses louanges alors nous ne pouvons pas rentrer dans les mêmes conditions que ceux-ci. On nous rétorque aussi que Miaka Ouretto et les autres membres de la direction du Fpi sont à Abidjan. Oui mais dans quelles conditions dirigent-ils leur parti ? Peuvent-ils se réunir normalement ? Peuvent-ils dire ce qu’ils pensent franchement ? Akoun Laurent et Douaty Alphonse qui se sont hasardés à le faire sont en prison pour délit de « paroles de vérités ». Hier encore, un meeting de la Jfpi qui devait se tenir à Marcory a été empêché par les Frci qui ont aussi interdit la tenue du congrès du Cojep au Baron de Yopougon

Alors nous voulons bien rentrer parce que nous ‘’ ne nous reprochons rien’’ mais la question est qu’est ce que vous, vous nous reprochez et quel délit créerez vous une fois que nous serons à votre merci dans notre propre pays !

 

COTE D’IVOIRE,Augmentation des frais d`inscription dans les Universités : Blé Goudé écrit à Guillaume Soro

juillet 30, 2012 2 commentaires

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Monsieur le président et ancien compagnon de lutte,

 

je voudrais humblement vous demander de bien vouloir excuser le caractère peu protocolaire de cette correspondance. Comme vous le savez, mon statut actuel ne m’offre que cette voie pour vous faire parvenir mon cri de cœur. Loin de moi, l’intention de vous juger publiquement; je n’en ai ni les moyens, ni la capacité. Mais ce que mes yeux ont lu et que mes oreilles ont entendu au sujet de l’augmentation drastique des frais d’inscription dans les universités de notre pays, oblige mon regard à se tourner vers vous. Je le fais aussi pour des raisons historiques.

 

 

 

Monsieur le président , 
De mon lieu d’exil, je viens d’apprendre qu’il a été notifié aux étudiants de Côte d’Ivoire et à leurs parents, la décision d’augmenter les frais d’inscription qui passent désormais de six mille francs CFA à cent mille francs CFA , deux cents mille francs CFA et trois cents mille francs CFA selon les cycles. Comme beaucoup d’Ivoiriens, je suis choqué et sidéré par une telle décision. 
Monsieur le président et cher ancien compagnon de lutte,
 Cette décision d’augmentation des frais d’inscription constitue à n’en point douter, une remise en cause des acquis de notre combat que nous avons mené en faveur des étudiants issus de familles aux revenus modestes( familles pauvres) quand nous étions les dirigeants du principal mouvement étudiant à l’époque . Par le truchement de la fédération estudiantine et scolaire de Côte d’ivoire (FESCI), Nous avons fait grève, meetings, sit IN, grève de la faim afin d’obtenir une réduction des frais d’inscription qui étaient de six mille francs. Nous avons même fait la prison pour cette cause en faveur des enfants des pauvres dont nous étions les portes voix.

 

Pour nous, il fallait faire sauter les goulots d’étranglement, car la pauvreté ne saurait constituer un frein à l’éducation. Les élèves et étudiants, nos camarades, nos seuls soutiens à l’époque, ont cru en nous et ils ont souffert le martyr avec nous. Grâce à leur détermination, les frais d’inscription n’ont pu connaître une augmentation malgré les multiples tentatives de l’administration d’alors.

 

 

 

Monsieur le président, 
Ancien dirigeant d’étudiants, vous êtes aujourd’hui le président de l’Assemblée Nationale d’un pouvoir sous lequel les frais d’inscription viennent d’être augmentés à plus de 1600%. Cette décision est prise dans une Cote d’ivoire post crise où la pauvreté gagne du terrain, avec son cortège de cherté de la vie, de licenciements. C’est pourquoi je m’interroge: Quel problème le pouvoir veut il solutionner en procédant à une telle augmentation? Quel diagnostic de l’école avez vous posé au point d’aboutir à une telle solution, qui a y regarder de près, me semble plus meurtrière que le problème lui même ? Est-ce la voie que le pouvoir a choisie en vue de donner les chances égales aux enfants de notre pays pour l’accès à l’éducation ?

 

 

 

Monsieur le président, 
 Même si nos visions et positions actuelles nous opposent, il est indéniable que nous avons en commun, notre passé de militants pour de meilleures conditions d’études et de vie des élèves et étudiants. C’est pourquoi, je vous invite à dire « non » à cette solution de destruction massive de l’intelligentsia. Elle est un frein d’accès à ce temple de connaissances, qu’est l’université pour les enfants de pauvres. Pour une famille pauvre qui enregistre un bachelier, avec un étudiant en maîtrise, la joie risque de se transformer en en des funérailles, puisqu’il va falloir réussir à débourser la bagatelle somme de quatre cents mille francs CFA pour inscrire les enfants à l’université, sans compter les frais de fournitures scolaires, de transport, de restauration , d’hébergement, etc…

 

 

 

Monsieur le président, 
Comme vous pouvez le comprendre aisément, la solution n’est pas appropriée.
 Et le mécontentement se lit sur les visages apeurés des parents d’élèves et étudiants. Quant aux étudiants, eux même ne peuvent publiquement dénoncer cette décision, de peur de représailles de la part des FRCI. C’est pourquoi je me tourne vers vous, monsieur le président et ancien compagnon de lutte. Vous n’avez pas le droit de vous taire. Car le silence à souvent des relents de trahison et de complicité. Pour le respect de la mémoire de KPEA DOMIN, assassiné le 02 mars 1990, Akpélé AKpélé Marcelin, Elélé Sombo Mages, deux étudiants morts respectivement en janvier 1997 et en mai 1998, sous votre mandat, pour cette cause, vous devez dire « non » à cette décision. L’homme politique doit savoir se fidéliser aux mécanismes des idées et de la constance qui doivent être le moteur de son action. C’est pourquoi, au nom de notre combat commun contre la souffrance des élèves et étudiants, et Au delà de tout calcul politicien, je vous invite à dire « NON ». Les anciens étudiants de la génération de Martial Ahipeaud, Eugène Djué, Jean Blé Guirao, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé, Jean Yves Dibopieu, feu Kuyo Serges, Koffi Serges, Mian Augustin , vous regardent.

 

 

 

Monsieur le président, prenez rendez vous avec l’histoire, car elle aussi vous regarde. 
Tout en vous traduisant ma gratitude pour le temps que vous avez pris pour me lire, et dans l’espoir que mes propos trouveront auprès de vous un écho favorable, veuillez agréer , monsieur le président, l’expression de mes sentiments respectueux.

Fait le 29juillet 2012

 

De mon lieu d’exil
 Charles Blé Goudé
 Ancien dirigeant étudiant
(1998-2000) 
 Opposant en exil forcé