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Ahoua Don Mello : « les militants FPI de Duékoué doivent demander pardon à Ouédraogo Remi pour le génocide des wè »

juillet 16, 2013 1 commentaire

La situation sociopolitique et économique très préoccupante de la Côte d’Ivoire ne laisse personne sans voix. Pas même l’ex-ministre Ahoua Don Mello, en exil depuis le 11 avril 2011, et qui avait gardé le silence depuis un bon moment. Dans cette entrevue qu’il a accordée au Nouveau Courrier, l’ex-DG du BNETD et par ailleurs ex-Administrateur de la BNI et de la CAPEC, analyse la situation politique et économique de la Côte d’Ivoire. Dans cette première partie que nous vous proposons, il aborde exclusivement les questions politiques de l’heure.

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Le Fpi, votre parti, a dit non à l’invitation au dialogue avec le gouvernement, pour protester contre le non-respect de ses engagements (parlant du gouvernement) après les premières négociations et la récente arrestation du leader de la JFPI qui intervenait justement à quelques jours de la reprise du dialogue. Une décision à laquelle vous souscrivez ?

Lorsqu’un homme continue de brimer son frère, la femme, les enfants et les amis de son frère qu’il crie au dialogue pendant qu’il continue de les brimer, pensez-vous honnêtement qu’il donne le même sens au mot «dialogue» que le sens commun attribue à ce mot ? Ce cri au dialogue est pour anesthésier ceux qui sont en dehors de la maison et qui risquent de venir au secours des opprimés. C’est le Vuvuzela pour couvrir le cri de douleur de nouvelles vagues de répression et de violation des droits de l’homme. Je ne sais pas où il a appris la politique mais depuis que cet homme est apparu sur l’échiquier politique ivoirien, le mot dialoguer rime avec les fusils, à telle enseigne que pour nous cet appel annonce de nouvelles arrestations et de nouveaux massacres extrajudiciaires. Ses propres partisans ont affirmé qu’ils ont pris les fusils pour le porter au pouvoir, donc pour eux la campagne politique est synonyme de campagne guerrière. Et depuis 2011, chaque fois qu’un appel au dialogue est annoncé cela annonce les arrestations et les massacres, le cas de KOUA Justin est une illustration, mais avant ça, il y a eu AKOUN Laurent, DOUATY Alphonse, BLE GOUDE, Jean Yves DIBOPIEU, ABEHI, tous arrêtés après un appel au dialogue. La suspension du dialogue est donc une pause en attendant que nous donnions le même sens au même mot.

Lundi dernier, à l’étape de Korhogo, Ouattara a appelé le Fpi à «demander pardon aux victimes et aux parents de victimes». Quel commentaire faites-vous de cette sortie de Ouattara ?

En d’autres termes, les militants FPI de Duékoué doivent demander pardon à Ouédraogo Remi pour le génocide des wè, les parents de Tagro Désiré doivent demander pardon à l’assassin de leur fils, les parents des jeunes patriotes exterminés devant la résidence du Chef de l’Etat doivent demander pardon aux divers meurtriers, les familles des militaires bombardés dans les camps militaires doivent demander pardon à leurs bombardiers et le comble c’est que Gbagbo Laurent, innocenté après une tonne d’accusations et deux ans d’enquêtes par les plus grands services de renseignements au monde, doit demander pardon pour avoir reçu 50 bombes sur sa résidence. La direction du FPI, en prison avec 700 militants, torturés au quotidien sans motifs doit demander pardon aux geôliers. En somme, les Ivoiriens doivent demander pardon à ceux des leurs qui ont choisi la voie des armes et des bombes pour la conquête du pouvoir. Une fois de plus M. Ouattara et nous, n’avions pas fait les mêmes formations politiques et donc nous sommes dans un quiproquo ou un cirque savamment entretenu. Le FPI est la principale victime et le principal parent des victimes de la longue guerre de la Françafrique contre la Côte d’Ivoire depuis 2002. En prenant sur lui de signer un accord à Pretoria faisant de Ouattara un candidat aux élections présidentielles de 2010 contre la volonté de 86% des Ivoiriens qui ont dit non à sa candidature en votant la Constitution de 2000, en signant les accords de Ouagadougou pour confier la primature aux bourreaux de la République, le leader du FPI, Laurent Gbagbo, n’a pas attendu un quelconque pardon de ceux qui ont pris les armes contre leur mère patrie, il a assumé ses responsabilités de chef de l’Etat, garant de la cohésion nationale et de la paix. De deux choses l’une, soit M. Ouattara ignore le contenu des missions d’un Chef d’Etat, soit il est en mission commandée pour exclure les Ivoiriens de la vie politique, économique et sociale pour faire place à la Françafrique sans les Ivoiriens qui refusent la soumission. Le génocide Wè pour s’emparer de la boucle du cacao, la modification unilatérale du code foncier et du code de la nationalité, les choix économiques de M. Ouattara et les résultats qui en découlent, militent en faveur de cette deuxième thèse. Le prétexte de la lutte contre l’ivoirité révèle son vrai visage qui est l’ivoirophobie.

La question des victimes en Côte d’Ivoire ne doit pas se traiter en Pro-Gbagbo ou en pro-Ouattara, termes forgés pour diviser les Ivoiriens pour que vienne le règne du colon, se posant en arbitre suprême sous le masque de l’ONU. Les nombreuses victimes depuis 2002 n’ont pas de tatouage sur leurs corps faisant d’eux des pro-Gbagbo ou des pro-Ouattara. A ce sujet, le modèle sud-africain est le modèle le plus parfait pour traiter la question des victimes et la question de la réconciliation. Laisser de côté des solutions qui ont fait leurs preuves pour emprunter des voies sans issues en jouant du vuvuzela à chaque meeting ou interview pour couvrir de nouvelles répressions laisse évidemment croire que le vrai objectif de M. Ouattara n’est point la réconciliation inter-ivoirienne mais la réconciliation des richesses ivoiriennes avec leurs prédateurs au prix du sang et de l’unité nationale. Une fois de plus nous ne donnons pas le même sens au même mot.

Ouattara dans sa tournée au Nord a parlé d’une injustice faite à cette région qui a accusé un véritable retard de développement, avec les précédentes administrations. Evoquant même un taux d’électrification de 15% au Nord contre 90% dans les autres régions du pays. Quel commentaire faites-vous, vous justement qui avez été DG du Bnetd durant une décennie ?

L’analyse des déséquilibres régionaux qui ne sont pas spécifiques au nord mais liés à la gouvernance jacobine de l’Etat, avait conduit le FPI à opter pour la décentralisation administrative, politique et économique de la Côte d’Ivoire et le transfert de la capitale comme levier pour corriger ces déséquilibres. Dès l’accession au pouvoir du FPI en 2000, le gouvernement Affi avait mis en priorité en chantier le programme de la décentralisation administrative et politique ainsi que le financement des infrastructures de base. Le développement des technopoles, des pôles agro-industriels régionaux, des universités régionales et des CHR devaient fournir un contenu économique et social à la décentralisation. L’occupation du nord et de l’ouest de 2002 à 2010 par la rébellion armée sponsorisée par M. Ouattara a mis un frein à la mise en oeuvre de cet ambitieux programme dans ces zones. Qu’il ait le courage de reconnaître sa responsabilité dans le retard de la région du nord. Il avait là une belle occasion de demander pardon pour donner l’exemple mais il a préféré honorer ses frères d’armes pour avoir détruit la région.

Alors qu’officiellement plus de 700 détenus politiques sont répertoriés dans les goulags du régime, Ouattara affirme qu’il n’existe aucun prisonnier politique en Côte d’ivoire. Êtes-vous surpris d’une telle déclaration ?

Ouattara et nous, avions des problèmes de sens de mot et des différences idéologiques très profondes. Pour M. Ouattara, un homme politique digne de ce nom est celui qui accède au pouvoir par des armes et des bombes, ce qui n’est pas notre cas et ceux qui font un autre choix ne sont pas des hommes politiques. Si nous nous plaçons dans sa logique, les 700 prisonniers du FPI ne sont pas des prisonniers politiques. Si Laurent Gbagbo avait traité les auteurs, co-auteurs directs et indirects de la rébellion comme M. Ouattara traite les militants du FPI, il aurait certainement su ce qu’est un prisonnier politique. Mais Laurent Gbagbo avait une haute idée de la démocratie, une foi inébranlable aux valeurs démocratiques qu’il a su enseigner aux Ivoiriens pendant son long combat pacifique pour la démocratie. Malheureusement, comme dans toute classe, ce n’est pas tout le monde qui apprend ses leçons et les applique correctement. Et ceux qui nous gouvernent aujourd’hui en font l’illustration en répétant les mots sans savoir ce que cela signifie. Mais pour les Ivoiriens qui connaissent l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, ils ne sont pas surpris, car ceux qui nous gouvernent aujourd’hui étaient les tenants de la thèse du parti unique et taxaient les valeurs démocratiques d’hérésie et d’utopie et donc n’ont pas cherché à apprendre les leçons sur la démocratie du professeur Laurent Gbagbo. Du parti unique dont ils ont la nostalgie, ils cherchent à le restaurer en appliquant la pensée unique au contexte multi partisan. La légitimité populaire, le droit à la différence de pensée ou d’analyse est pour eux un crime, une offense au chef de l’Etat, une incitation à la révolte ou une atteinte à la sûreté de l’Etat. En criminalisant la légitimité populaire, le droit à la différence, ils assimilent les victimes de la pensée unique à des criminels de droit commun. Voilà pourquoi pour M. Ouattara il n’y a pas de prisonniers politiques. Voilà aussi pourquoi, même la CPI est contaminée par le moyen-âge politique que vit la Côte d’Ivoire en classant la légitimité populaire parmi les crimes qui méritent d’être sanctionnés : La légitimité populaire de Laurent Gbagbo est, pour la CPI, une condition suffisante pour le maintenir dans les liens de détention !

A quelles conditions peut-on aller vers une véritable réconciliation, selon vous ?

Aujourd’hui en Afrique, le modèle sud-africain reste le modèle le plus parfait de réconciliation. Mandela, considéré à l’époque par l’Occident comme l’un des plus grands terroristes de la planète, a été libéré avec tous ses camarades pour négocier la paix avec le régime le plus rétrograde, le plus cruel et le plus barbare de l’époque. La libération de Gbagbo Laurent, de la direction du FPI et des 700 prisonniers politiques sont les conditions de la réconciliation. Malheureusement, je ne suis pas certain que la réconciliation soit un objectif pour les commanditaires du plus long coup d’Etat de l’Afrique. Je suis même convaincu que, pour les stratèges de la Françafrique, la réconciliation signifie la perte de l’occupation politique, économique, sociale et militaire de la Côte d’Ivoire, voire de l’Afrique. La machine à explosion que constitue la division profonde du pays, est un marché propice pour le commerce odieux des armes contre cacao-pétrole-gaz. Le mot réconciliation est donc devenu le refrain d’une chanson qu’on répète pour faire espérer l’ensemble des Ivoiriens qui sont convaincus que la vraie réconciliation est la priorité des priorités. Il y a plus de 10 ans que les Afghans et les Irakiens répètent ce refrain !

Les Maliens se rendront aux urnes pour élire le prochain président, dans un contexte plus ou moins non maîtrisé, le 28 juillet prochain. Une date quasiment imposée par la France. Pensez-vous qu’on se dirige vers la normalisation réelle du pays ?

Ce qui arrive au Mali est déjà arrivé en Côte d’Ivoire, avec les mêmes pilotes aux commandes du bateau malien. Le risque que les mêmes causes produisent les mêmes effets n’est pas à écarter. Tout le monde est convaincu que les conditions ne sont pas réunies pour les élections dignes de ce nom, par conséquent tout résultat officiel sortant d’une telle élection est a priori contestable et le sera certainement a posteriori. Le Mali risque donc de se retrouver avec plusieurs présidents, chacun convaincu de sa victoire. Droit contre droit, seul le plus fort l’emportera et non forcément le plus légitime.

Espérons que le plus légitime soit le plus fort, et qu’un président inattendu ait l’onction populaire ; dans ce cas, une crise post-électorale est inévitable ; dans l’intérêt de qui ?

Ma conviction est déjà faite sur l’impérialisme en crise. Et ce n’est pas la première fois dans l’histoire que l’impérialisme en crise fait preuve d’un cynisme sans limite. Lorsqu’une solution a été aussi désastreuse comme celle de l’Afghanistan et de l’Irak et que les mêmes acteurs continuent le désastre dans d’autres pays comme en Libye, en Côte d’Ivoire, en Syrie ; aujourd’hui en Egypte et probablement demain au Mali, c’est que l’intérêt de vendre des armes financées par le pillage des matières premières l’emporte sur la démocratie et les droits de l’homme ; par conséquent, les conditions explosives sont plus rentables pour la sortie de crise de l’occident que les conditions paisibles pour la sortie de crise des pays pauvres mais riches en matières premières. Pour l’Occident, les pays n’ont pas d’amis mais des intérêts ! Malheur à ceux qui n’ont pas encore compris le sens profond de cet axiome de l’impérialisme.

Un mot sur la situation en Égypte qui plonge progressivement dans une instabilité

Le même raisonnement précédent est valable pour l’Égypte. Les Frères musulmans qui ont implicitement fait miroiter une tendance pro-occidentale à l’exemple du Qatar et de l’Arabie Saoudite, ont tourné casaque en étant une fois porté au pouvoir par le printemps arabe. L’occident, pris à son propre jeu, a provoqué un court-circuit démocratique en réponse à l’échauffement démocratique provoqué par la gouvernance, certes critiquable, des Frères musulmans mais gérable par d’autres solutions que l’intrusion de l’armée avec l’accord tacite de l’Occident pour faire de l’échauffement démocratique un mélange explosif plus propice au commerce odieux gaz contre armes. Le renard passe, passe, chacun à son tour! Le chien aboie, la caravane des armes et des matières premières passe !

Je conclurai avec un autre grand professeur de la démocratie et de l’intégration Africaine, Chinua Achebe «Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse sera toujours en l’honneur du chasseur». Le Front Populaire Ivoirien a le devoir de reprendre sa craie d’enseignant et sa serviette de combattant pour restaurer dans la conscience collective, les valeurs démocratiques, l’histoire vraie de la démocratie et des ennemis de la démocratie, engager la bataille pour mettre fin à la pensée unique et faire revivre les fondements de la démocratie : la légitimité populaire, la liberté de pensée, de manifestation, d’aller et venir, le droit à la différence, l’égalité des citoyens devant la justice et l’administration, le droit à la propriété etc. autant de valeurs qu’ignorent les tenants de la pensée unique, de la justice des vainqueurs et du rattrapage ethnique. Mais nous devons aussi enseigner les leçons de l’histoire récente de la crise ivoirienne et l’intrusion de la Françafrique et ses tirailleurs dans le règlement du conflit ivoirien avec la fermeture des banques, l’exclusion de la Côte d’Ivoire de la BCEAO, le braquage de l’aéroport et du port, le soutien des forces armées françaises aux rebelles et la déportation de Laurent Gbagbo à La Haye : La démocratie est impossible sans démocrates et sans souveraineté politique, économique, financière, militaire et judiciaire.

NB : La suite de l’interview demain

DON MELLO Ahoua

Docteur Ingénieur des Ponts et Chaussées
Ex DG du BNETD
Ex administrateur de la BNI
Ex administrateur de la Cellule d’Analyse des Politiques économiques (CAPEC-CIRES)
Ex membre du Comité de Privatisation
Ex Ministre de l’ Équipement et de l’Assainissement,
Porte-parole du Gouvernement AKE NGBO
Membre de la Coordination FPI en exil

 

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Fpi à la présidentielle de 2015/ Don Mello: « Ce n’est pas à l’ordre du jour… »

juin 10, 2013 3 commentaires

Ancien DG du BNETD (Bureau national d’études techniques et de développement), nommé ministre de l’Equipement et de l’Assainissement dans le gouvernement Aké N’gbo, Ahoua Don Mello s’est prêté aux questions de Africatime. Depuis son lieu d’exil, l’ancien porte-parole du dernier gouvernement Gbagbo fait des révélations sur les sujets de l’actualité ivoirienne.

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Où vivez-vous actuellement ? Au Ghana, en Guinée Equatoriale, au Maroc… ?

Je suis un africain, je vis en Afrique.

Quel est votre état d’esprit aujourd’hui, après plusieurs longs mois hors de votre pays?

En état de réflexion permanente sur le passé, le présent et l’avenir de l’Afrique.

De quoi vivez à l’étranger ? L’on vous dit à l’abri du besoin. Vrai ou faux ?

Pas d’importance. Je suis africain et je peux servir partout en Afrique.

Qu’est-ce qui vous empêche de rentrer aujourd’hui, quand on sait que plusieurs cadres de votre parti sont revenus au bercail et sont moins inquiétés?

Je ne sais pas si on parle du même pays et du même régime. Sachez que comme la plupart des ministres de Gbagbo, un mandat d’arrêt international a été lancé contre moi et que Gbagbo est en prison à la Haye et 700 innocents sont torturés dans différents camps de concentration. Toute la haute direction du FPI est en prison.

N’avez-vous pas votre rôle à jouer dans le processus de réconciliation nationale ?

Je ne sais pas jouer sur un terrain surveillé par des chasseurs traditionnels prêts à tirer et avec des coéquipiers en prison. Si je savais jouer au jeu de chasse, je n’aurai certainement pas hésité.

Que pensez-vous du dialogue engagé entre le FPI et le pouvoir d’Abidjan ?

Faire connaître les attentes du FPI et ses solutions de sortie de crise.

Suite à la crise postélectorale, alors que vous étiez ministre de l’Equipement et de l’Assainissement et porte-parole du gouvernement Aké N’gbo, vous vous désolidarisez de vos collègues et prenez la clé des champs. Pourquoi avez-vous quitté votre pays pour l’exil ?

Je ne sais pas si vous étiez un observateur de la vie politique pendant la crise ou si vous racontez une histoire qui vous a été racontée par quelqu’un qui lui aussi a appris par quelqu’un d’autre. J’ai porté la parole du gouvernement jusqu’au 11 avril 2011 et j’étais là où je devais être pour porter la parole sans les autres ministres mais en rapport permanent avec le Premier ministre Gilbert Marie Aké N’gbo et le Président Gbagbo ainsi que les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l’Intérieur. Je suis venu en exil lorsqu’un mandat d’arrêt était en préparation contre moi.

Un exercice de souvenir : Pouvez-vous nous dire quelle était l’ambiance dans la résidence du président Gbagbo jusqu’à ce que vous quittiez les lieux ?

Les uns priaient, d’autres géraient la situation de crise.

L’on a appris que le président Gbagbo aurait reconnu sa défaite et qu’il s’apprêtait à lire sa reddition à la télévision, et qu’il a été empêché par son épouse Simone Gbagbo et vous-même, M. Don Mello. Qu’en est-il ?

Les décisions étaient prises démocratiquement au sein du gouvernement. Je ne sais pas de quoi vous parlez.

Quel a été le rôle de la France dans la crise ivoirienne ?

De maître d’ouvrage au début, elle est devenue maitre d’œuvre et prestataire de service au profit de M. Ouattara.

Qui des forces onusiennes, françaises et républicaines ont procédé à l’arrestation du président Laurent Gbagbo ? Y a-t-il eu des tractations ou pas ?

Exclusivement les forces françaises. D’abord par bombardement des jeunes patriotes devant la résidence du chef de l’Etat comme si pour la France les jeunes patriotes constituaient l’arme lourde du président Gbagbo, ensuite par bombardement de la résidence, enfin par bombardement du portail et pénétration des chars français ayant procédé à l’arrestation du Président et sa remise aux forces rebelles.

Dans quelle circonstance est décédé l’ancien ministre de l’Intérieur Désiré Tagro ?

Tir à bout portant par les rebelles.

Que pensez-vous de la cohabitation entre les alliés du RHDP actuellement au pouvoir ?

Demandez-leur ce qu’ils en pensent eux-mêmes, chacun est libre de ses choix et prêt à assumer aussi les conséquences.

Les élections régionales et municipales couplées ont montré un fort taux de réussite pour les candidats indépendants. Qu’est-ce que cela explique, selon vous ?

Le peuple a tourné le dos au mensonge, au génocide, à l’expropriation des biens et des terres, et à la répression des innocents par des criminels en liberté.

Le boycott de votre parti de toutes les dernières élections en Côte d’Ivoire (législatives, municipales et régionales) est-il productif ?

Très productif. Il a confirmé que le peuple est avec lui et a tourné le dos aux génocidaires.

Pensez-vous qu’Alassane Ouattara soit capable de résoudre les problèmes des Ivoiriens (santé, éducation, chômage…) ?

Ce n’est pas sa préoccupation et la France ne l’a pas installé pour cette mission. Il est là pour garantir les intérêts de la France dans l’UEMOA (Union monétaire ouest africaine) et ceux de ses financiers de sa longue guerre contre la Côte d’Ivoire.

Le chef de guerre Amadé Ouérémi de la forêt du Mont Péko a été arrêté. Faut-il féliciter les autorités ivoiriennes ?

(il faut) Arrêter les complices, les coauteurs directs et indirects et libérer les terres des Wè (Ndlr : peuple localisé dans l’Ouest ivoirien).

Que pensez-vous de la décision des juges de la CPI de demander des informations complémentaires au procureur Fatou Bensouda ? Cela veut dire concrètement quoi pour vous ?

Que Gbagbo est innocent au vu du dossier constitué. Mais comme cela fragilise la position de la France qui a affirmé à l’ONU qu’elle a vu Gbagbo tirer sur son peuple. Elle a pu obtenir une résolution de l’ONU pour venir exterminer les jeunes patriotes et ouvrir la voie du Palais présidentiel aux chars français remplis de rebelles. La vérité peut avoir des conséquences graves sur la crédibilité de l’ONU et la responsabilité de la France dans les 3000 morts ainsi que l’ONUCI qui a procédé au ramassage des cadavres pour une destination jusque-là inconnue. Il faut donc maintenir Gbagbo politiquement en prison à défaut de preuves. La recherche des informations complémentaires est une diversion et une posture politique. Bensouda a eu l’assistance de l’ONUCI, la force licorne, le régime Ouattara et l’ambassade de France et des Etats-Unis sans résultat pendant deux ans. Que peut Bensouda pendant six mois ?

Laurent Gbagbo sera-t-il libre dans 10 mois ?

Il est libre de tout crime, le reste est politique. Il nous revient de faire connaître cette réalité au monde entier pour que Gbagbo soit libéré.

Le FPI souhaite un rapprochement entre lui et le PDCI, que pensez-vous de cela ?

C’est dans l’intérêt du PDCI (Ndlr : Parti de Henri Konan Bédié) de ne pas être complice du génocide et de l’expropriation économique de ses électeurs, et de se mettre à l’abri du jugement du peuple à l’heure venue. Et c’est de la responsabilité du FPI de rassembler toutes les forces politiques et démocratiques pour libérer la Côte d’Ivoire de l’occupation.

Le ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la promotion des PME, Jean-Louis Billon a fustigé le contrat de cession du marché de l’extension du 2è terminal à conteneurs du port d’Abidjan au groupe français Bolloré.

M. Billon ignore certainement les raisons de l’intervention militaire de la France dans le conflit et la mission du gouvernement auquel il appartient. Il s’en rendra compte avec le temps.

Les prochaines élections présidentielles se tiennent dans deux ans, le FPI doit-il participer en proposant un candidat ?

Ce n’est pas à l’ordre du jour tant que les conditions ne sont pas réunies pour un jeu démocratique inclusif sans des chasseurs comme arbitres.

Interview réalisée via internet par Patrick Krou

décision de la Cpi: Ahoua Don Mello invite Bensouda à mieux souder son dossier

juin 4, 2013 5 commentaires

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La montagne a accouché d’une souris. La montagne de mensonge déposée sur la table des juges de la CPI, relayée par tous les tambours des griots de la “communauté internationale” a accouché d’une souris et Mme BENSOUDA est invitée à mieux souder son dossier.

Malgré le caractère curieux de maintenir un innocent en prison en attendant de fabriquer des preuves, saluons l’efficacité de l’équipe de Maitre Altit et l’offensive africaine contre la CPI. Cette victoire passera certainement sous silence dans les medias françafricains qui ont tenté et continueront de tenter d’ériger le mensonge en valeur démocratique et les rebelles en démocrates.
Il est bien évident que pour les ivoiriens, cette conclusion confirme ce qu’ils savent dejà: Fausses accusations, coup d’Etat, prise d’otage et déportation d’un Président Africain en exercice au profit d’un pouvoir ethnique et génocidaire. Cette vérité prendra son temps pour éclater aux yeux du monde entier et les questions complémentaires posées au procureur pour la suite de son enquête ne font qu’emprunter ce chemin.

Le temps est laissé maintenant à la “communauté internationale” pour ne pas dire à la françafrique, de gérer politiquement le plus gros scandale politico-militaire du siècle qui risque de l’emporter définitivement.
Espérons que Messieurs les courageux juges ne plient pas sous le rouleau compresseur du réseau françafricain qui va se déployer pour sauver les meubles après cette gifle.

 

Ahoua Don Mello

Docteur ingénieur des Ponts et chaussées, Ancien ministre

 

Ahoua Don Melo analyse le discours à la nation de Ouattara

janvier 3, 2013 3 commentaires

« L’argent ne circule pas mais il travaille » selon M.OUATTARA

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Les mercenaires sans solde de M.OUATTARA pendant sa guerre contre la Côte d’Ivoire ont récupéré les plantations de cacao à l’ouest dans la boucle du cacao sous la protection de quatre armées burkinabés. Les marchés de route, de ponts et de rénovation d’écoles sont distribués de gré á gré en guise de butin de guerre aux parrains de la rébellion avec une main d’œuvre importée.

 
L’argent travaille pour tout ce beau monde sous le regard des ivoiriens chassés de leurs plantations et de leur emploi, enfermés dans des prisons, des camps de torture et des camps de réfugiés. Ceux qui sont en liberté sont sous surveillance de chasseurs traditionnels et sont au chômage ou en sous activité au nom du rattrapage ethnique.

La leçon de cette expérience de développement version OUATTARA est que lorsqu’un régime accède et gère le pouvoir avec le soutien militaire, politique et financier de l’extérieur, l’argent travaille pour l’extérieur et ne peut donc circuler pour les citoyens du pays.
Si certains y croient encore, c’est leur droit.

Bonne et heureuse année 2013 et que cette année soit l’année de la réconciliation de la Côte d’Ivoire avec la liberté et la souveraineté.
Toute ma compassion aux familles en deuil du drame du 31 décembre 2012 et ma compassion renouvelée aux familles des morts des différentes tortures, des assauts des FRCI et des exécutions extrajudiciaires.

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Côte d’Ivoire : Macky Sall s’apprête à recevoir les cadres LMP à Dakar

décembre 11, 2012 1 commentaire

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Côte d’Ivoire  – Et si les premiers pas du dialogue direct devaient passer par Dakar. Nous apprenons que dans le cadre de l’apaisement politique en Côte d’Ivoire, une délégation des cadres LMP conduite par Miaka Oureto est arrivée de France lundi soir à Dakar au Sénégal afin d’honorer une série de rencontres sur deux jours avec Macky Sall.

En effet, ce mardi et mercredi, le président sénégalais qui tente la médiation inter ivoirienne pour une première sur la scène diplomatique internationale, tendra l’oreille aux doléances et autres revendications du camp du président Gbagbo. Le président sénégalais rendra ensuite compte des conclusions à une délégation du pouvoir ivoirien qui se rendra pour se faire, à son tour, dans la capitale sénégalaise.

Selon les toutes premières informations reçues, les camarades de Laurent Gbagbo réitéreront leurs positions sur le sort judiciaire des prisonniers politiques, Laurent Gbagbo compris. Cette rencontre est d’autant plus importante que c’est la première fois depuis le 11 avril qu’un chef de l’état rencontre officiellement notre camp pour écouter notre version des faits sur la tragique crise post électorale. C’est bien la preuve que les lignes bougent en notre faveur et que notre détermination finira par payer.

Notons que Assoa Adou, Ahoua Don Mello et Odette Likikouet Sauyet se trouvent déjà dans la capitale sénégalaise au titre de la coordination du FPI en exil ainsi que Richard Dacouri pour le COJEP et Stéphane Kipré pour l’Ung.