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Alexis Zahoua (Délégué UNG France) : les ivoiriens appellent avec ardeur la libération du Président Gbagbo


Alexis Zahoua est le Délégué Général de l’Union des Nouvelles Générations (UNG) en France et l’un des principaux organisateurs de la marche de demain 07 septembre en France pour exiger la libération du président Gbagbo. Dans cet entretien, il lève un coin de voile sur les motivations et les attentes de cette manifestation importante

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Le thème de la marche que votre délégation ainsi que le CRI panafricain organisent le samedi 7 septembre 2013, est le suivant: Laurent Gbagbo, vecteur indispensable à la Réconciliation en Côte-d’Ivoire… Pourquoi avez-vous choisi cette thématique? Quels en sont les objectifs?

Le choix de ce thème s’est imposé à nous. Depuis près de deux ans le gouvernement ivoirien parle de réconciliation avec la mise en place de la CDVR (commission dialogue, Vérité, réconciliation) qui est remplacée aujourd’hui par le PNCS (programme national de cohésion sociale). Force est de constater que la CDVR a échoué comme échouera le PNCS. Ce n’est pas un souhait mais nous savons que les conditions requises ne sont pas mises en place pour que ces différentes structures réussissent leur mission qui est de réconcilier les ivoiriens et de recréer de la cohésion sociale.

Une chose est de mettre en place des structures pour réconcilier les ivoiriens et une autre chose est de leur donner les moyens de réussir leur mission. Et le meilleur moyen que l’on puisse leur donner est la libération du Président Gbagbo. C’est en cela que nous disons que la libération du Président Laurent GBAGBO est un gage de réussite de cette réconciliation que les ivoiriens appellent avec ardeur.
Cette marche de rentrée politique a donc pour objectifs:

– Interpeller le gouvernement ivoirien sur le fait  que seul le Président
Laurent Gbagbo peut garantir la paix et la réconciliation réelle en Côte d’Ivoire
– Exiger la libération du Président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques
– Maintenir la mobilisation des ivoiriens jusqu’à la libération du Président Laurent Gbagbo

La liberté provisoire a été octroyée à douze prisonniers politiques pro-Gbagbo, considérez-vous que cela soit une amorce réelle à la Réconciliation tant attendue par le Peuple Ivoirien?

Je l’ai dit et je le répète que M. Alassane Dramane Ouattara fait des calculs politiciens en libérant 12 personnes sur 800. Mais il faut qu’il sache qu’il ne peut pas acheter la conscience des ivoiriens avec ces calculs électoralistes.
Cependant nous disons akwaba à nos camarades qui ont été libérés.
C’est une joie pour leurs familles,  leurs amis et pour toute la Côte d’Ivoire éprise de paix et de liberté. On ne peut que se réjouir quand des ivoiriens recouvrent leur liberté qu’ils n’auraient jamais dû perdre n’eut été cette forfaiture dont la Côte d’Ivoire a été victime.

« Quand on peut accomplir sa promesse sans manquer à la justice, il faut tenir parole. » disait Confucius
Ouattara ne peut pas accomplir sa promesse en ce qui concerne la réconciliation des ivoiriens parce qu’il a manqué à la justice. On ne peut pas parler de réconciliation alors que des milliers d’ivoiriens dits pro-Gbagbo sont en exil, d’autres sont en prison,  le Président Laurent Gbagbo à La Haye et son épouse à Odienné dans des conditions inhumaines. Les ivoiriens ne sont pas dupes. Nous demandons ici et maintenant à M. Ouattara de libérer tous les prisonniers politiques, qu’il permette aux nombreux exilés de rentrer au pays et qu’il œuvre nuit et jour pour que le Président Laurent Gbagbo soit libéré ; c’est le seul gage de réussite de la  réconciliation vraie en Côte d’Ivoire.

D’aucuns considèrent que les marches ont une utilité et un impact peu perceptibles en réalité… Quelle est votre lecture sur cette opinion?

Dans la période où nous sommes,  chacun fait la lecture des évènements selon sa conviction et son appartenance politique.
Vous savez le spectre des catastrophes non naturelles causées par les impérialistes s’agrandit de jour en jour en Afrique et personne ne s’en émeut ; ni les africains que nous sommes ; ni la communauté dite internationale.
Depuis le 19ème siècle de nombreux résistants africains, de vaillants guerriers sont morts les armes à la main pour la défense des leurs et de leurs terres. Certains ont été déportés tels que Samory Touré capturé par les français et déporté au Gabon où il mourût, le grand Béhanzin du royaume de Dahomey, capturé par les troupes françaises et déporté à la Martinique en 1894 après deux ans de combats acharnés contre l’envahisseur. Quelle a été la réaction des africains ? Silence.
Le siècle dernier, le 17 janvier 1961, Patrice Emery Lumumba a été fait assassiné par le roi des Belges pour avoir réclamé haut et fort l’indépendance du Zaïre ; encore plus près de nous le 15 Octobre 1987 Thomas Sankara a été fait assassiné par l’impérialisme occidental pour avoir voulu faire de son pays la terre des hommes intègres. Dans ces deux cas silence radio également de l’Afrique.
A la déportation du Président Laurent Gbagbo, les africains et les ivoiriens ont décidé de manifester pour faire connaitre la vérité. Car la vérité est l’une des principales victimes des événements que notre pays a connus.  Force est de reconnaître que les lignes ont bougé grâce à ces mobilisations de plus en plus relayées.

Le Président Stéphane Kipré (PSK) a dit récemment  et je cite : « Vos marches, votre indignation ont eu de l’écho dans les hauts lieux de la gouvernance mondiale, organisez- vous pour avoir de meilleurs résultats» fin de citation.

Le président Affi N’guessan, à sa sortie de prison nous a félicité en substance.
Aujourd’hui la crédibilité de la CPI (cour pénale internationale) est remise en cause ; cela est dû à nos différentes marches à La Haye, à Paris et dans les différentes capitales occidentales.
Dans cette histoire, la diaspora ivoirienne a servi d’éveilleur de conscience.

 À titre personnel, comment expliquer vous le fait que le nombre de marcheurs se réduit au fur et à mesure que la lutte avance ?

La fatalité ! Beaucoup d’entre nous n’y croyaient plus. Et je les comprends. Comme je le disais, la vérité est une des victimes principales de cette affaire et Il est très difficile de se battre contre le mensonge diffusé en masse par les médias.
Mais la vérité finit toujours par triompher du mensonge et c’est pourquoi depuis un moment nous avons un regain de mobilisation.
Il faut aussi dire que beaucoup ont pensé que c’était leur heure de gloire ; ce qui a engendré des problèmes de leadership. Ce type de comportement a découragé bon nombre de militants. Certains camarades font une mauvaise lecture de la situation que connait la côte d’Ivoire. Au début de la crise les ivoiriens ont été abusés ; certains ont fait parler leurs cœurs et leur sens de la solidarité en participant activement à des collectes en nature ou en monnaie sonnante et trébuchante sans savoir le résultat ni l’aboutissement effectifs de leurs dons.  Ce que nous reprochent aussi certains militants, ce sont les marches qui se suivent pratiquement tous les week-ends.
Cependant avec la libération du Président Affi N’Guessan et de Michel Gbagbo la mobilisation reprend des couleurs.

 Qu’attendez-vous du président Laurent Gbagbo, une fois libéré? Quel est selon vous, le scénario idéal des actes et faits concrets qu’ils poseraient pour débuter et consolider la Réconciliation véritable?

Le Président Gbagbo nous a appris la tolérance. Je pense que la sortie de prison du Président Laurent Gbagbo est déjà en soi un message pour tous les ivoiriens. Nous les pro-Gbagbo, nous ne sommes pas des va-t’en guerre.
Dès sa sortie de La Haye, il s’agira d’œuvrer à la libération de tous les prisonniers politiques, le retour de tous les exilés et enfin de lancer un appel aux ivoiriens pour aller à la réconciliation vraie. Je prends le pari avec qui de droit que les ivoiriens se réconcilieront de façon sincère ; parce que nous verrons alors que Ouattara a fait sa part de justice dans cette imposture qui frappe notre pays.

L’UNG est un parti politique tandis que le CRI panafricain est un groupe de pression, votre collaboration a-t-elle été enrichissante? Qu’est-ce que cela vous a apporté ou appris ?

Effectivement l’UNG est un parti politique et en tant que parti politique nous avons nos activités propres. Cependant nous sommes proches de tous les mouvements de pression et de tous les mouvements de lutte dans la diaspora. Nous n’excluons aucun mouvement, nous sommes disposés à travailler avec tous ceux qui ont la même vision que nous. Hasard du calendrier, le Cri- Panafricain de Willy Bla avait une manifestation à la même date, nous avons donc accordé nos violons pour qu’ensemble, surtout que nous avons le même objectif, nous organisions cette manifestation pour débuter notre rentrée politique. Les mouvements de lutte dans la diaspora, tout un chacun en a fait parti, à un moment ou à un autre au début de la crise. Ce sont des machines à mobiliser et à ratisser large. L’UNG s’associe à tout mouvement disposé à travailler avec le parti, surtout si nous nous accordons sur l’objectif à atteindre.

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