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Procès en extradition du Ministre Justin KONE Katinan:En attendant le verdict du Juge Aboagye

juin 28, 2013 2 commentaires

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Le procès en extradition du Ministre Justin Katinan KONE, vient de connaître presque son terme avec la fin des dépositions des différentes parties et la clôture des débats entre les parties le 25 juin 2013.  Le juge attend les écritures des deux parties pour rendre sa décision. Il leur a fixé un calendrier obligatoire. Ainsi, l’avocat de la défense doit déposer ses écritures au plus tard le 9 Juillet 2013, alors que le procureur doit déposer les siennes deux semaines plus tard, soit le 24 Juillet 2013, date butoir. Le juge a fixé la date du 5 août 2013 pour rendre son verdict dans lequel il devra se prononcer sur 5 éléments importants :

  • Y-a-t-il un traité d’extradition entre la République du Ghana et celle de la Côte d’Ivoire ? ;
  • Les faits reprochés au Ministre KONE Katinan Justin constituent-ils en eux-mêmes une infraction au Ghana ?;
  • Les poursuites engagées contre le Ministre KONE Katinan n’ont-elles pas un mobile politique direct ou indirect ?;
  • Le Ministre KONE Katinan Justin pourrait-il bénéficier d’un jugement équitable dans son pays ? ;
  • Sa vie ne sera-t-elle pas menacée une fois extradé vers son pays ?

Une action en extradition ne peut prospérer que lorsque ces cinq conditions sont cumulativement réunies.

Entamé le 27 août 2012, suite à l’arrestation du ministre Katinan KONE quelques jours auparavant, soit le 24 Août, le procès avait été reporté plusieurs fois, à la demande du Procureur Ghanéen (Attorney), qui agit dans cette affaire par commission rogatoire, pour le compte de l’Etat Ivoirien.

Dans un souci d’informations, la commission juridique de la Coordination du FPI en exil, témoin de ce procès, revient, dans les lignes qui suivent, sur les points saillants de ce long procès.

I/ Le système accusatoire

Dans le droit anglo-saxon appliqué au Ghana, les procès reposent sur le système accusatoire, dans lequel celui qui accuse réunit les preuves au soutien de son accusation et celui qui défend se charge de « casser » ces preuves pour établir son innocence. La recherche des preuves incombe  exclusivement à l’accusation. Dans cette procédure, la place des témoins est primordiale et leur déposition déterminante.  Dans l’affaire République du Ghana contre le Ministre KONE Katinan Justin, le procureur a présenté un seul témoin et fournit des pièces comme preuves au soutien de son accusation.

II/ Le témoin du Procureur 

Le procureur Ghanéen a présenté à la barre comme témoin à charge, un officier de la Police ghanéenne.

Immédiatement la défense a soulevé une objection en récusation de ce témoin. En effet, pour elle, le témoin doit être une personne qui a vécu les faits ou les a vus se dérouler. Il peut être tout au moins un officier judiciaire (CID) qui a conduit l’enquête sur l’affaire. Dans le cas d’espèce, les faits s’étant déroulés hors du Ghana, il est très peu probable que l’officier ghanéen en fût  témoin.

Par ailleurs, cet officier n’ayant pas mené lui-même l’enquête sur des faits qui se sont déroulés très loin de lui, il ne peut valablement en rendre témoignage. La défense a fait remarquer que si l’Etat ivoirien prenait son affaire au sérieux, il ne lui coûtait rien de dépêcher un ou plusieurs témoins de la Côte d’Ivoire, qui est à moins d’une heure de vol d’Accra.

En réponse, le Juge a demandé que la remarque de la défense soit versée dans ses écritures finales. Le Juge a continué pour dire qu’il pense que cette situation arrange plutôt la défense, qui pourra relever dans ses conclusions l’absence de témoin sérieux.  Sur ces dires, il a autorisé le témoin à déposer.

III/  Les preuves apportées par l’accusation

Le Procureur a apporté comme preuves au soutien de son accusation les documents suivants :

  • 1er : les procès-verbaux d’audition des témoins  dressés soit par le Procureur de la République de Côte d’Ivoire, soit par le Juge d’instruction. Sont donc arrivés les PV d’auditions suivants :
    • BICICI déposé par son Directeur général ;
    • SGBCI déposé par son Directeur général ;
    • SIB déposé par son Directeur général ;
    • BIAO déposé par son Directeur général ;
    • CNCE déposé par son Directeur général par intérim ;
    • Versus Bank déposé par son Directeur général par intérim ;
    • BNI déposé par son Directeur général par intérim ;
    • BHCI déposé par son Directeur Général ;
    • BCEAO déposé par son Directeur national par intérim ;
    • BRVM déposé par son Directeur général ;
    • SOTRA déposé par son Directeur général par intérim.

-2ème : L’évaluation des dommages  subis par ces banques et autres institutions financières.

Après avoir présenté ses preuves, le témoin s’est soumis au contre interrogatoire de la défense.

La défense a fait lire toutes les dépositions par le témoin. Ensuite, il lui a demandé de préciser le nombre de procès-verbaux dans lesquels le nom du Ministre KONE Katinan Justin figurait. Le témoin a reconnu que seulement quatre procès-verbaux  mentionnaient le nom du Ministre KONE Katinan Justin. La défense est revenue à la charge en demandant de relire les PV dans lesquels le nom du Ministre était mentionné  et de dire à la cour si dans un seul de ces PV il est fait cas de vol à main armée. Le témoin n’a pas fait de difficulté pour reconnaître qu’effectivement aucun des PV dans lesquels le nom du Ministre est mentionné, ne fait cas de vol à main armée.

La défense fit lire au témoin, les autres PV dans lesquels le nom du Ministre n’est nullement mentionné. Puis, elle attira son attention sur l’unique  PV qui fait cas de vol à mains armées. La défense demanda au témoin de lire à la cour, la date à laquelle ce vol a été commis et par qui. Le témoin a reconnu que le vol a été commis dans la nuit du 19 au 20 avril par les FRCI (Pour une question de sécurité des personnes ayant déposé, nous taisons leur identité).

Alors la défense présenta à la Cour l’attestation de réfugié politique délivré par le Ghana Refuges Board, l’organisme ghanéen qui assure la prise en charge administrative des réfugiés. Cette attestation mentionne clairement que le Ministre KONE Katinan est entré sur le territoire ghanéen le 13 Avril 2011. Il appert donc qu’il ne pouvait être impliqué dans un vol commis en Côte d’Ivoire la nuit du 19 au 20 avril. A cette date, a relevé la défense, le Président Laurent GBAGBO avait été renversé et le pays était géré par les nouvelles autorités issues du « coup d’Etat ».

La défense revînt sur les coupables présumés cités dans ce PV d’audition. Elle précise devant la Cour que le sigle « FRCI » désigne l’armée privée du nouveau Chef de l’Etat et que les forces régulières qui ont combattu aux côtés  de la république s’appelaient les « FDS ». Il appert donc que le seul cas de vol à mains armées mentionné dans les PV d’audition des témoins a «été commis par les FRCI, l’armée des rebelles ».

La défense fit remarquer au témoin à charge que si les premiers responsables de banques ne parlent pas de vol à mains armées, en dehors du seul cas ci-dessus relevé, d’où vient alors que l’Etat ivoirien accuse le Ministre de cette infraction ?

Elle en conclut que les poursuites engagées contre le ministre KONE Katinan Justin ont un mobile politique. Ce que va d’ailleurs brillamment soutenir l’accusé lui-même dans sa déposition entant que témoin.

IV/ L’interrogatoire du Ministre KONE Katinan Justin

Au cours de son interrogatoire, le Ministre KONE Katinan a révélé ce qui suit :

  • Il est arrivé au GHANA le 13 avril 2011, comme l’atteste son certificat de réfugié délivré par le Ghana refugie board. Il a traversé la lagune par pinasse. Il est arrivé comme des centaines de milliers d’ivoiriens au Ghana pour sauver sa vie après avoir vu ses maisons (sa résidence à Abidjan et celle de son village) pillées. Suite à un coup de fil anonyme venant des rebelles eux-mêmes, il avait été informé  que le Ministre Tagro et lui étaient particulièrement recherchés pour être exécutés. Au début, il a douté de la fiabilité de cette information jusqu’à ce que le Ministre Tagro fût froidement exécuté le jour de son arrestation le 11 avril 2011.
  • Il a été arrêté une première fois le 24 Août 2012, à l’aéroport international KOTOKA d’Accra. Il venait ce jour-là d’’Afrique du Sud. Il s’y était rendu, en tant que Porte-Parole du Président Laurent GBAGBO, sur invitation du Président Thabo MBEKI (Lettre d’invitation produite au soutien de cette affirmation). Il avait rencontré au cours de cette mission outre le Président MBEKI, les dirigeants de sa fondation qui sont tous des anciens ministres ou des anciens Ambassadeurs, madame ZUMA, alors Ministre de l’Intérieur et nouvellement élue, Présidente de la Commission de l’UA, une délégation de la Présidence de la République Sud-Africaine conduite par une Conseillère Spéciale du Président Jacob ZUMA,  la déléguée Afrique de l’ANC au siège dudit parti. Le Ministre a sollicité, auprès des Hautes Autorités Sud-Africaines, leur implication dans la libération effective du Président Laurent GBAGBO,  injustement détenu en Prison à la Haye et son retour en vue de sa participation au débat politique qui est nécessaire à la réconciliation en Côte d’Ivoire.

Après avoir passé un mois en prison, il fut libéré sous caution par le Juge le 24 septembre 2012. Le même jour, les autorités ivoiriennes ont émis un deuxième mandat d’arrêt contre lui pour le meurtre de deux personnes qu’il n’a jamais rencontrées de sa vie. Il fut de nouveau arrêté par Interpol  le 27 septembre 2012 et gardé en prison pendant un mois. Il fut déchargé de cette infamie  par le Juge Ali Baba après qu’il ait compris que l’arrestation du Ministre était motivée par des raisons politiques. Un mois durant, les autorités Ivoiriennes n’avaient apporté aucune preuve, ni début de preuve au soutien de leur allégations. Le Ministre KONE Katinan a fait remarquer au Juge que pendant sa seconde arrestation, il a  failli être extradé par voie extra-judiciaire, n’eut été la vigilance  des Autorités ghanéenne immédiatement saisies par son conseil.

La défense fit remarquer à la Cour que depuis sa libération, cette affaire de meurtre s’est arrêtée comme par enchantement. Elle en déduisit que le Ministre KONE Katinan faisait l’objet d’un harcèlement politique. Ce à quoi le Ministre acquiesça  en  affirmant que, pour lui, il fait l’objet de tant de harcèlement parce qu’il est le porte-parole du Président Laurent GBAGBO et que les autorités ivoiriennes cherchent une « main » pour éliminer un opposant politique et qu’elles pensent avoir trouvé cette « main » en la personne du Juge. Et que le 29 juin 2012, les plus hautes Autorités de la Côte d’Ivoire s’étaient réjouis en annonçant à la télévision nationale qu’il avait été arrêté au Cameroun, alors qu’il n’y était même pas.

  • A la demande de son avocat, le Ministre KONE Katinan a révélé à la cour l’impossibilité matérielle pour lui d’avoir commis l’infraction pour laquelle il est poursuivi. Le ministre KONE Katinan a fait un calcul simple devant la Cour. La plus grosse coupure de billet de CFA en circulation est de 10 000 FCFA. 1 milliard, c’est 100 mille billets de 10.000. Aucune valise ne peut contenir un milliard. Il faut au moins cinq  valises, parmi les plus grosses, pour contenir 1 milliard d’anciens billets à raison de 200 millions par valise ou 3 valises et demie de nouveaux billets à raison de 300 millions. Pour 380 milliards, il faut 2000 valises d’anciens billets et 1500 valises de nouveaux billets. Ces valises  rangées dans des conteneurs, il faut 15 conteneurs de 40 pieds à raison de 100 à 130 valises par conteneurs, suivant qu’il s’agit d’anciens ou de nouveaux billets. Sachant qu’un paquet de 10 millions pèse au moins 1,5 Kilogramme, l’argent réputé avoir volé représentant 38 000 paquets de 10 millions, il pèse à peu près 57 000 kilogrammes soit 57 tonnes. Une telle somme ne peut être transportée sans attirer l’attention.

 

  • L’ouverture des banques s’est faite conformément aux lois ivoiriennes.

Le Ministre KONE Katinan a relevé que l’ouverture des banques nationalisées a été autorisée par ordonnance du Président du Tribunal de Première Instance d’Abidjan, conformément à la séparation des pouvoirs sous le Président GBAGBO. Il a produit à la Cour l’ordonnance du Juge qui autorise l’ouverture des banques.

Il a en outre donné comme preuve à la Cour, l’ordonnance de condamnation de la BICICI au paiement de 20 milliards de FCFA au titre des dommages et intérêts à verser à deux syndicats des fonctionnaires et agents de l’Etat qui en avaient formulé la demande auprès du Juge, à la suite de la fermeture illégale de cette banque. Il a également produit l’ordonnance du Juge qui autorise ces deux syndicats à prendre des mesures provisoires sur les biens de ladite banque pour garantir le paiement des dommages et intérêts qui leur sont dus.

 

  • De la crainte d’un procès inéquitable en Côte d’Ivoire et de la menace sur la vie du Ministre KONE Katinan Justin.

Sur interrogation de son avocat, le Ministre a révélé que devant n’importe quel tribunal, il peut défendre son cas puisqu’il n’a rien à se reprocher. Mais, la preuve d’une justice de vainqueur en Côte d’Ivoire étant établie et eu égard au harcèlement dont il fait l’objet de la part des autorités de son pays, il craint à juste titre de ne pouvoir y bénéficier d’un procès équitable. Par ailleurs, quand on observe la manière légère dont certains juges qui occupent une place de choix dans le dispositif judiciaire ivoirien ont accepté de jouer le jeu du pouvoir d’Abidjan, en émettant  contre lui un mandat d’arrêt pour meurtre juste pour obtenir son extradition extrajudiciaire, il a  de bonnes raisons de douter, hélas, avec une profonde peine, de la justice de son pays quant à lui assurer un procès équitable. Il a déposé à la Cour les rapports des organisations des droits de l’Homme (Amnesty International, Human Rights Watch etc.) qui confirment l’existence d’une justice partisane en Côte d’Ivoire et les tortures faites aux opposants du régime d’Abidjan.

De plus, il craindrait également pour sa sécurité en cas d’évacuation vers la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi il vit en exil. 

 

V/ Le contre-interrogatoire du Ministre

 Le contre-interrogatoire fut mené par l’accusation. Le Procureur Ghanéen est revenu sur certaines déclarations sur lesquelles, il entendait prendre le Ministre à défaut.

  • La menace sur la vie du Ministre

Le procureur a affirmé que la maison du ministre n’a pas été pillée à Abidjan. Et que, c’est parce que le ministre était conscient des crimes qu’il avait commis qu’il a fui pour se soustraire à la justice ivoirienne. Du reste, contrairement à ce que le Ministre KONE Katinan a affirmé, le Ministre Désiré Tagro aurait été tué accidentellement à la résidence du Président de la République parce qu’il tentait de s’interposer entre les  rebelles qui attaquaient la résidence et les FDS qui la défendaient. Et qu’il n’aurait pas été choisi délibérément  comme cible.

Le Ministre a relevé les contrevérités du Procureur en répondant que :

  • En ce qui concerne son exil présenté comme une volonté de fuir la justice de son pays après les crimes qu’il aurait commis, le Ministre a fait remarquer que lorsqu’il quittait son pays le lendemain du renversement du Président Laurent GBAGBO, comme l’ont fait plusieurs centaines de milliers d’ivoiriens, il n’y avait aucun mandat d’arrêt contre lui. Le Mandat a été émis contre lui 5 mois après quand la décision du Président Laurent GBAGBO le nommant son Porte-parole a été rendue publique. Il ne fuyait donc pas la Justice puisqu’il n’était pas poursuivi par cette justice au moment où il quittait son pays ;
  • Pour le pillage de sa maison, le ministre a demandé au Procureur d’interroger ses voisins du quartier, qui pourront lui dire le nombre de voyages que les rebelles ont effectué dans sa maison pour transporter tout ce qui pouvait l’être, y compris en creusant dans son jardin et son plafond à la recherche selon eux, du budget de l’Etat de Côte d’Ivoire ;
  • Concernant le cas du Ministre Tagro, le Ministre a relevé qu’il a été affreusement et froidement tué dans la voiture qui le transportait au QG des rebelles à l’hôtel du Golf après son arrestation à la résidence du Président de la République ; que le Ministre Tagro, n’étant pas militaire, ne pouvait délibérément s’interposer entre deux forces militaires au combat, et que le fait de nier cette réalité atteste de ce que l’on dit qu’il n’y a pas de justice équitable en Côte d’Ivoire. S’il était resté, lui aussi  aurait été certainement tué « accidentellement » par ceux qui ont tué le ministre Tagro.
  • Les généraux Philipe Mangou, Kassaraté Tiapé et Brindou MBIA

Le procureur est revenu à la charge en prenant les cas du Général Philipe Mangou, ancien Chef d’Etat-Major, le Général Tiapé Kassaraté Edouard, ancien Commandant Supérieur de la Gendarmerie, et le général Brindou Mbia, ancien Directeur général de la Police, pour affirmer qu’ils sont en liberté, mieux ils ont été promus, le premier ambassadeur au GABON, le second Ambassadeur au Sénégal. Ils sont en liberté parce qu’ils n’ont pas commis de crime.

Le Ministre KONE Katinan a rétorqué que les personnes que le Procureur cite sont des militaires et que les militaires ne font pas la politique. Ils sont au service de l’Etat comme le sont tous les fonctionnaires ivoiriens. Ils sont au service d’un Etat et non du Chef de l’Etat. Lui-même en tant que Haut fonctionnaire de l’Etat, il aurait pu être en train de travailler pour son pays comme l’auraient fait les centaines de hauts cadres qui sont contraints à l’exil. Mais malheureusement, le régime d’Abidjan a décidé de les persécuter tout simplement parce qu’ils sont déclarés proches du Président Laurent  GBAGBO. Le régime leur demande de faire allégeance préalable à la personne de l’actuel Chef de l’Etat avant de continuer de travailler pour leur pays. Tous ceux comme lui, refusent cette allégeance préalable avant de travailler pour leur pays, sont poursuivis et traqués. Il pense que c’est l’allégeance des proches de GBAGBO qui va lui conférer une légitimité. Dès lors que les personnes que le Procureur a citées ont accepté de se soumettre à cet exercice d’allégeance préalable à  l’actuel Chef de l’Etat, ils sont loisibles de  servir sous son autorité comme ils veulent. Le Ministre a fait remarquer que de nombreux autres officiers et militaires de rang de l’armée ivoirienne qui ont refusé de se soumettre à cet exercice inutile et illégal, d’allégeance préalable à la personne du Chef de l’Etat ivoirien sont en exil ou en prison, pour toutes sortes de crimes pour lesquels, leurs premiers responsables sont absous du fait de leur allégeance au nouveau pouvoir. Si le ministre avait fait allégeance, il parie qu’il ne serait pas devant cette Cour C‘est la preuve que son procès est politique.

Le procureur est revenu pour dire que les généraux suscités, du fait qu’ils aient été nommés à des hauts  postes de commandement par le Président GBAGBO, étaient devenus des hommes politiques.

Le juge a été obligé de rappeler le Procureur à l’ordre pour lui dire qu’à ce rythme, lui et le Procureur pourraient être accusés d’être des hommes politiques puisqu’ils ont été nommés par des hommes politiques. Le procureur retira sa remarque.

D’ailleurs, le ministre fit remarquer à la Cour que le Président de son parti le FPI, le Premier Ministre AFFI N’guessan, le premier vice-Président Sangaré Aboudramane, la deuxième vice-Présidente Simone GBAGBO, étaient en prison avec de nombreux autres cadres du parti fondé par le Président Laurent GBAGBO. Il y a deux semaines, le Président de la jeunesse de son parti a été arrêté. Et qu’en Côte d’Ivoire, les opposants au pouvoir sont persécutés. Beaucoup d’entre eux sont  soit en prison, soit en exil quand ils n’ont pas été tués. Les plus chanceux qui sont restés au pays vivent en permanence dans la terreur, comme le reconnaissent toutes les organisations internationales de défense des droits de l’Homme.

  • AFFI N’guessan et Aké NGBO n’ont jamais été en prison, ils sont en liberté.

Pour contredire le Ministre KONE Katinan, le Procureur est revenu pour dire que contrairement à ce que le Ministre a dit, ni le Premier Ministre AFFI N’guessan, ni le Premier AKE NGBO n’ont été arrêtés. Ces derniers vivent librement à Abidjan.

Le Ministre KONE Katinan a demandé au Procureur de mieux s’informer, parce que contrairement à ce qu’il avance, le Premier Ministre AFFI Nguessan, par ailleurs Président du FPI, est détenu à Bouna, depuis plus de deux ans, sans jugement avec entre autres, le fils aîné du Président Laurent GBAGBO. Le premier Ministre AKE Ngbo, quant à lui, a passé plus d’un an en prison et a été remis en liberté provisoire sans jugement et que son cas est toujours pendant devant les tribunaux ivoiriens.

  • Le milliard de FCFA dans une  « petite mallette »

Pour finir, le Procureur a fait sortir de sa poche un billet de 10 000 francs. L’ayant exhibé, il a fait remarquer que ce billet était léger et qu’un milliard pouvait contenir dans une « petite mallette ».

Le Ministre répondit que le Procureur avait l’excuse de ne pas connaître de ce dont il parle. Il a repris le même calcul que celui fait devant la cour.

Le Juge a alors demandé au Procureur d’arrêter d’exhiber son billet de 10 000 fcfa.

Ensuite le Procureur est revenu pour dire que le Ministre, accompagné d’hommes armés dans une voiture sans préciser ni la marque, ni le numéro d’immatriculation, ni la couleur, a lui-même braqué les banques plusieurs jours durant et a transporté tout cet argent dans un lieu, sans en indiquer l’emplacement.

Ce à quoi le ministre a répondu par la négative. Il a rappelé qu’il a travaillé pour son pays sous l’autorité du Président Laurent GBAGBO avec toute son énergie, son intelligence et sa loyauté pour éviter que son pays tombe sous l’esclavage. Si le pouvoir d’Abidjan espère par cette persécution le punir pour sa loyauté pour un Homme exceptionnel comme le Président Laurent GBAGBO, c’est peine perdue. Il entend mener à son terme contre vents et marées, la mission qu’a bien voulu lui confier le Président Laurent GBAGBO.

C’est sur cette discussion théâtrale que le contre interrogatoire du   ministre a pris fin.

Le Juge attend les écritures des deux parties pour se prononcer sur :

– Le fait que les banques illégalement fermées aient été ouvertes à la suite du décret de nationalisation du Président de la République et suite à une ordonnance du juge constitue au Ghana une infraction ;

– La possibilité que le ministre KONE Katinan ait pu matériellement commettre un vol à mains armées contre les banques ivoiriennes portant sur un montant de 380 Milliards sans qu’aucun témoin ne l’ait vu ;

– La question de savoir si le harcèlement judiciaire  dont fait l’objet le ministre KONE Katinan n’a pas un mobile politique  direct ou dissimulé ;

– La garantie d’un procès équitable pour le Ministre KONE Katinan dans son pays ;

–  Les menaces réelles sur la vie du Ministre KONE Katinan en cas d’extradition dans son pays où  les autorités avaient prématurément annoncé son arrestation;

Tous les Ghanéens, tous les réfugies ivoiriens, tous les ivoiriens, tous les Africains, tous les combattants de la liberté du monde entier attendent, avec beaucoup d’intérêt, le verdict du juge le 5 Août 2013.

 

Fait à Accra le 27 juin 2013

 

La commission juridique de la coordination du FPI en exil 

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Alassane Ouattara :moi président en 2015 !!!

juin 28, 2013 2 commentaires

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Ça y est à peine descendu de son avion en provenance du Cameroun où il est parti proposer sa fameuse patrouille conjointe pour la surveillance des côtes maritimes des pays du Golf de Guinée, qui, en réalité est le plan français d’occupation des espaces maritimes d’Afrique après avoir occupé l’espace terrestre par le renouvellement des différents accords de défense, les premiers mots de Monsieur Alassane Dramane Ouattara dit ADO (ADO : éternel ADOlescent en politique) sont la présentation de sa candidature pour les élections présidentielles de 2015. En plus, on a droit à son nouveau programme de campagne qui nous dit que ce Monsieur ne pourra pas réaliser pour l’actuelle mandature de 5 ans l’ensemble de ses promesses de la précédente campagne. Monsieur Alassane veut donc réviser son chronogramme 2010-2015 de 5 ans il veut le passer à 10 ans sans nous présenter un état d’avancement des travaux, ni un bilan de mi-parcours. Car d’habitude dans les pays démocratiques, ce sont les Présidents en exercice qui sont les derniers à présenter leur candidature avec le soutien de leur parti et en se basant sur leur bilan.

Parlons du bilan de mi-parcours de Monsieur Alassane Dramane Ouattara :

  • Le 3ème pont : c’est un vieux projet du Président Bédié où tout avait été fait, révisé sous le Président Gbagbo à 60 milliards de FCFA si cela se réalisait sous fond propre et un usage gratuit. Aujourd’hui, attribué à Bouygues dans des conditions financières (coût de démarrage 180 milliards de Francs CFA avec une évolution aléatoire de ce coût). L’état contribue à hauteur de 50 milliards de FCFA et les associés à hauteur de 10 milliards. En réalité le pont sera entièrement construit avec l’apport de l’Etat mais le contribuable ivoirien va devoir payer durant 30 ans près de 1000 milliards gratuitement à OUATTARA  et à ses amis vendeurs de démocratie;
  • Le barrage hydroélectrique de Soubré et l’autoroute de Bassam : deux projets du Président Gbagbo dont l’étude et le tour de table des bailleurs de fonds avaient été faits, une société d’Etat avait même été créée spécialement par le Président GBAGBO pour gérer le projet Autoroute Abidjan-Bassam. il fallait le feu vert du FMI donc de la France pour mobiliser le crédit chinois;
  • Le Deuxième Terminal à conteneurs du port d’Abidjan : où son attribution au consortium Bolloré-Bouygues fait des vagues au sein du gouvernement. Monsieur Jean-Louis Billon, membre de la famille des politiciens qui ne prospèrent qu’en l’absence de démocratie, élu président du conseil général de Hanbol par défaut de démocratie, nous joue maintenant les vierges effarouchées en se drapant d’indignation pour s’étonner de la mauvaise gouvernance du gouvernement auquel il appartient dans l’attribution du marché du 2ème terminal. Monsieur Billon, quand on applaudit au moment où la Françafrique bombarde notre pays, il faut savoir que les bombes ont un prix que les vendeurs de démocratie réclameront tôt ou tard;
  • Le pont de Jacqueville : Projet conçu sous le Président GBAGBO, une société d’Etat avait été créée spécialement pour la gestion de la construction du Pont.
  • L’autoroute du Nord : les travaux étaient en cours d’exécution.
  • La réhabilitation des rues, l’échangeur de la Riviera et l’assainissement : Projets conçus et mises en œuvre par le président GBAGBO à partir de 2009 après le point de décision du processus PPTE.
  • L’hôpital de Gagnoa : Projet négocié et démarré sous le Président GBAGBO.

Donc, à y voir de plus près, hors mis les révisions de prix pour récompenser les vendeurs de démocratie, les projets ci-dessus ne font pas partie du bilan de Monsieur Ouattara.

Alors, dans ce bilan de Monsieur Ouattara qu’est ce qui nous reste ?

  • La réhabilitation des universités : où un mètre carré (1m2) de peinture coûte aussi cher qu’un mètre carré (1m²) de bitume voire plus. Un marché de 110 milliards attribué de gré à gré. Bonjour la bonne gouvernance ;
  • La cherté de la vie : le coût élevé des denrées de première nécessité ;
  • Les conditions désastreuses des unités de santé, le médicament gratuit s’est soldé par l’absence de médicament dans les hopitaux.
  • La libération du cultivateur-squatteur du Mont Péko : j’ai nommé Monsieur Ouédraogo Amadé Rémi dit Ourémi Ex gradé des FRCI, armée de Monsieur Ouattara ;
  • Le RATTRAPAGE : terme utilisé par Monsieur Ouattara lors de l’un de ses nombreux voyages à Paris et mis en exécution. Alors que la Côte d’Ivoire a la capacité de faire travailler tous ses cadres et tous les enfants du pays pour peu que l’on se donne la peine d’y réfléchir sérieusement. Le vivre ensemble s’est soldé par l’exclusion des autres groupes ethniques.
  • Le fait d’arme du règne de Monsieur Ouattara est l’exil intérieur et extérieur, l’emprisonnement, la torture et le massacre comme celui de Nahibly des pro-Gbagbo ou supposés.

Le bilan de OUATTARA se résume donc en la récompense des vendeurs de démocratie, à la destruction de la cohésion sociale et la promotion des médiocres aux postes clés du gouvernement, à l’emprisonnement des cadres du pays, la contrainte à l’exil, le génocide du peuple Wè et leur expropriation économique.

Malgré ce bilan vous voulez que les ivoiriens prolongent une telle politique pour une Côte d’Ivoire sans eux et contre eux.

Au vu de votre bilan, je me demande pour quelles raisons les Ivoiriens vous mettront à la tête de leur pays en 2015. Que cela ne vous déplaise, une fois de plus, vous allez avoir besoin des vendeurs de démocratie. Mais pour combien de fois encore ? Il y aura la fois de trop.

Sous le Président Gbagbo, malgré le coup d’État échoué et transformé en rébellion grâce à la Françafrique, malgré le pays coupé en deux, malgré le simulacres sur les responsabilités du bombardement du camp militaire français de Bouaké, malgré le massacre des Ivoiriens par l’armée française devant l’Hôtel-Ivoire et sur les deux ponts, malgré les innombrables complots, la Côte d’Ivoire tenait debout, ses institutions tenaient debout, les fonctionnaires et l’armée étaient payés sans apport de l’extérieur, tous les partis recevaient leur indemnité comme le décrète la loi, les dettes intérieures et extérieures étaient payées, les chantiers profitaient à toutes les entreprises ivoiriennes et l’argent circulait. Malgré cette rébellion entretenue par la Françafrique, l’Etat était le reflet de la nation ivoirienne, les Ivoiriens se parlaient, riaient ensemble, dansaient ensemble, et mangeaient ensemble.

Sous votre règne, on nous dit que l’argent travaille mais disparaît après. Sous votre règne, la nation ivoirienne a été déchiquetée. Monsieur Ouattara, j’ai l’impression qu’une lumière s’est éteinte au-dessus de notre Pays.

Vous avez déclaré, dans les premiers jours de votre prise de pouvoir par les bombes françaises, que vous alliez incarner Nelson Mandela pour la Côte d’Ivoire afin de réconcilier les enfants de ce pays. De l’Afrique du Sud, vous avez importé le Vuvuzela et vous avez remplacé la réconciliation par le bruit sur la réconciliation.

La réconciliation, qui aurait dû être la colonne vertébrale des actions de votre gouvernement, a été une grosse fumisterie, où dès que la communauté internationale et les ONG se réveillaient un peu, vous les endormissiez aussi sec comme un hypnotiseur avec du Vuvuzela des rencontres sans lendemain avec l’opposition.

Si Monsieur Alassane Ouattara le souhaite, les Ivoiriens l’éliront en 2015 par acclamation.

NON, STOP. Tous ceux qui ont fantasmé en pensant que ce Monsieur allait gérer la Côte d’Ivoire dans une parfaite démocratie sont désabusés. Tous ceux qui rêvaient que ce Monsieur allait verser des milliards de Francs CFA pour faire profiter tous les Ivoiriens ont déchanté. Tous ceux qui… Alors, nous allons tourner la page sans lui, oui en 2015 c’est sans vous Monsieur Ouattara. Nous allons construire une nouvelle Côte d’ivoire apaisée, sans exilés, sans prisonniers politiques, sans tortures, sans massacres impunis, sans justice à deux vitesses. Une Côte d’Ivoire avec un peuple réconcilié. Les Ivoiriens ont trop souffert et ne veulent plus souffrir.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Docteur Cheick DIABATE,

Enseignant  Chercheur ,Université de Colorado

USA

Annoncé au prochain gouvernement Ouattara, Aké N’Gbo ne se sent pas concerné…

A l’annonce d’un remaniement ministériel, beaucoup de journalistes deviennent des colporteurs de rumeurs sur des personnes bien ciblées. Marie Gilbert Aké N’Gbo, l’ancien et dernier Premier ministre du président Gbagbo (4 décembre 2010-11 avril 2011) est victime de cette ridicule envie d’être ministre que des quidams n’hésitent pas à lui prêter. L’homme nous a parlé du sujet, «soit dit en passant».

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«Moi,  ministre  ?  Mais pourquoi  ils  ne  me  demandent  pas  mon  avis  avant d’écrire  de  telles  choses  ?». Serviette au cou, jogging surmonté par un T-shirt gris, le visage toujours perdu dans sa barbe,  les  yeux  scintillants d’intelligence  derrière  ses rondes  petites  lunettes  correctrices, le Pr. Marie Gilbert Aké N’Gbo ne croyait pas si bien  faire  de  confier  son étonnement.  Car,  le  plus grave restait à venir. On est le vendredi 21 juin 2013.  Mon  téléphone portable sonne, aux environs de 15h. La voix interlocutrice m’annonce  que  le  Pr.  Aké N’Gbo «souhaite» me voir. Je rétorque que, pour moi, c’était  un  ordre,  une  convocation urgente. La voix au bout de  l’engin  électronique pousse un rire et demande le moment de la rencontre. «Je me  mets  en  route  dans  10 min,  juste  le  temps  de  liquider des documents administratifs pour Notre Voie».

A  15h30,  le  temps  de quelques  détours  dans  des ruelles,  quelque  part  aux Deux-Plateaux les Vallons, je me retrouve en face de l’ancien et dernier Premier ministre  du  président  Laurent Gbagbo.  C’est  la  deuxième fois  que  je  le  rencontre depuis sa sortie de la prison politique de Boundiali (nord du pays) où il avait été incarcéré  quand  le  président Gbagbo a été renversé le 11 avril 2011.

L’éminent  professeur agrégé d’économie,  ancien doyen  de  la  Faculté d’Economie  de  l’Université de  Cocody  et  ancien  président  du  Conseil  de  cette même  université,  Marie Gilbert Aké N’Gbo, me reçoit. Avec son habituelle humilité qui me rend un peu confus, cet intellectuel des plus brillants  que  l’Afrique  ait  produits  tente  de  s’excuser  de m’avoir  «dérangé  au  travail en  occasionnant  mon déplacement pour ce rendezvous»…  Avec  beaucoup  de respect, je lui signale que le rencontrer  est  un  immense honneur  et  que,  comme  le rôle du journaliste est d’aller chercher,  écouter  et  comprendre,  avant  d’écrire,  «je ne suis pas en déplacement. Je  suis  au  travail,  vous  me mettez  au  travail».  Mon explication  arrache  un  rire détendu. L’homme me confie que  la  presse  (ivoirienne) serait moins vilipendée si ce qui est dit était effectivement appliqué.

Justement,  il  évoque,  en passant et avant qu’on aborde le sujet de notre rencontre,  cette  information «inventée de toutes pièces», dit-il,  par  un  site  proOuattara:  «On  m’annonce comme entrant dans un gouvernement, alors que, depuis ma  sortie  de  prison,  en novembre 2011, je suis enfermé chez moi. Je ne vois personne. Personne ne m’a parlé d’un tel sujet et je n’en ai discuté avec personne. Enfin, je ne me sens pas concerné par cette rumeur. Passons !». Je l’avais déjà compris à notre première rencontre. L’ancien Premier ministre ivoirien ne fait  pas  partie  de  ceux  qui rêvent  d’être  ministres.

D’ailleurs,  depuis  son emprisonnement  jusqu’à  ce jour,  ses  avoirs  restent  bloqués, mais ce qui semble le plus le réoccuper, c’est le sort fait à une vingtaine d’étudiants dont les thèses de doctorat,  préparées  avec  lui, restent  compromises.  Aké N’Gbo  n’est  plus  en  prison, mais  le  régime  Ouattara  l’a pratiquement mis au garage, dans les oubliettes, alors que ces  doctorants  l’attendent pour  soutenir  leurs  œuvres de  fin  de  cycle.  Bref,  je  l’ai encore  compris,  vendredi dernier,  le  Pr.  Aké  N’Gbo n’est pas candidat à un poste de ministre. Personne ne lui a,  du  reste,  jamais  proposé cela. On pouvait donc passer au sujet pour lequel il m’avait fait appel…

Le lendemain de cette rencontre, c’est-à-dire le samedi 22  juin,  j’ai  compris  l’angoisse de l’éminent universitaire  ivoirien.  Dans  les kiosques à journaux, à la Une de deux quotidiens ivoiriens, la  rumeur  de  l’entrée  d’Aké N’Gbo  au  «gouvernement Ouattara»  était  placardée.

Aucun journaliste n’a daigné chercher  à  recouper  l’information auprès du concerné. La rumeur créée par le site pro-Ouattara a été reprise et vendue  à  grande  échelle. Sans fondement.

Cesar Etou in Notre Voie

LE MINISTRE TOURE AMARA SANS DETOURS : Mamadou Koulibaly est un solitaire instable et ambitieux

juin 21, 2013 2 commentaires

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Depuis que vous avez quitté le territoire ivoirien, l’on ne vous a plus entendu. Devrait-on comprendre que l’actualité de votre pays ne vous intéresse plus?

Je voudrais tout d’abord vous dire merci pour l’opportunité que vous m’offrez pour m’adresser à vos lecteurs. Votre question m’amène à me demander si vous appréciez à sa juste valeur l’ampleur de  la question de notre exil. Les responsables politiques que nous sommes dépassions le nombre de 200 cadres et chacun ne peut pas se lever et dire n’importe quoi et n’importe quand. Cela n’est pas responsable et c’est pour cela que nous sommes organisés en coordination du FPI en exil pour éviter la cacophonie. Nous sommes une quarantaine de Ministres, on trouve ici des  PCA, DG,  Directeurs Centraux et cadres supérieurs de différentes qualifications de l’administration ivoirienne. On ne peut pas avoir servi le pays à un tel niveau et dire que nous nous désintéressons de l’évolution de la vie publique chez nous à l’occasion d’un exil forcé malgré les dispositions pertinentes de notre constitution. Tout ce que je dis a été déjà dit et très souvent bien dit avant moi. Nous sommes entrain d’écrire une page de l’histoire de notre pays et il ne faut pas laisser les amalgames de certains aventuriers troubler notre lecture. Je Voudrais aussi vous rappeler que l’exile fait malheureusement partie de l’histoire des Peuples et des Hommes.

Vous qui avez appartenu au dernier gouvernement du président Gbagbo, que pouvez dire aux Ivoiriens relativement à sa libération? En d’autres termes, Gbagbo sera-t-il libéré après cette vigoureuse sortie de l’Union africaine contre la CPI

En tant que Ministre du dernier gouvernement du Président Gbagbo la pire des choses que je lui souhaite est sa libération qui va en même temps LIBÉRER la Cote d’Ivoire. La sortie de l’Union Africaine(UA) contre la CPI intervient à un moment opportun mais je la trouve timide et pas très engagée. A mon sens il aurait fallu réfuter ce Machin Raciste crée dans la logique dominatrice de l’Occident pour asservir l’Afrique et perpétrer  l’exploitation coloniale du continent. La précédente déclaration de Mme Zuma D. O .affirmant que la CPI ne fait pas partie de nos Normes Institutionnelles(UA) me sied mieux. Ainsi, l’UA devait demander la libération de tous les prisonniers Africains de cette prison Impérialiste et néo- colonialiste de La Haye. L’UA doit adopter la méthode chinoise qui consiste à se retirer et ne pas reconnaitre toutes ces organisations qui la méprise.

En tant que fils du nord, quels commentaires faites-vous de la politique de rattrapage initié par le régime Ouattara?

C’est une politique catastrophique et inacceptable pour la nation ivoirienne et pour les peuples du nord. En tant que fils du nord et musulman il ya un peu plus d’un an avant la déportation du Président  élu Laurent Gbagbo j’ai interpelé tous les imams et toutes les associations musulmanes du danger lie à ce transfèrement  forcé et illégal du CHEF, du FAMA à la Haye. J’ai rappelé tout ce que le président  Gbagbo a fait pour la communauté musulmane et que leur silence n’était pas juste et justifié car le Révérend Evêque Desmond Tutu disait que dans une situation d’injustice si tu choisis d être neutre c’est que tu as choisi le camp de l’oppression. Aucun président depuis Houphouët  jusqu’à Laurent Gbagbo en passant par Bédié et Guei n’a eu à appliquer une telle orientation ethniciste, tribaliste, régionaliste et religieuse du pouvoir en Cote d’Ivoire. C’est vraiment malheureux et inapproprié pour un pays qui cherche à se réconcilier depuis une décennie. Je me demande pourquoi??? Il est de notoriété que Mr Ouattara ne connait pas la Cote d’Ivoire son anthropolo- sociologie, ses alliances, ses tabous, interdits et totems mais il est entouré des amis de son parti de ses alliés et tout ce monde le laisse conduire une politique aussi ignoble. Dieu durcit de plus en plus le cœur de Pharaon. Est ce pour le perdre? Le Pharaon Ivoirien est il si inaccessible aux paroles des humains que nous sommes. L’histoire bégaie t-elle? Veut-il reproduire 1963 car Houphouetiste ? Jusqu’ou ira t- il avec cette dictature de l’Épée ? L’adage ancien nous enseigne les limites de cette politique de l’épée. Pour tous les cadres conscients du nord sans distinction de parti et de religion et au delà d’eux tous les peuples du nord il faudrait réfléchir aux conséquences néfastes de cette politique hasardeuse  dite de rattrapage de Ouattara. Il faut avoir en mémoire que toute médaille a deux faces et s’attendre malheureusement au retour du bâton et rester humble et digne. Chez nous les Malinké on dit : La vie c’est aujourd’hui et demain et que le soleil d’un roi ne peut briller toute l’éternité. Nous avons à construire une NATION multiethnique, multiraciale, multiconfessionnelle et donc nous ne pouvons nous accommoder avec des pratiques archaïques de « rattrapage ». La Cote d’Ivoire a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils sans distinction aucune pour un développement  harmonieux équitable et durable.

Tout récemment, Mamadou Koulibaly a fait une sortie dans un journal  Camerounais où il a déclaré que Gbagbo n’a pas gagné les élections présidentielles de 2010. Vous qui l’avez côtoyé, quelle analyse faites vous de cette déclaration?

La récente déclaration de Mamadou Koulibaly dans le journal camerounais n’est pas une surprise. Elle est dans l’ordre qu’il s’est fixé et qu’il poursuit. Pour essayer de le comprendre il faut suivre un tout petit peu sa carrière politique fulgurante. Mamadou Koulibaly un illustre inconnu dans le milieu politique Ivoirien nous est présenté au niveau du Secrétariat General du Front Populaire Ivoirien comme un nouveau membre de cette instance de direction du parti par le président Gbagbo. Il a été coopté par le président après le congrès de 1994 et il était le seul membre de la direction non investi par le congrès. A peine 5 ans plus tard il fait de lui un Ministre de la république dans le gouvernement de Guei. Un an après il est élu député de Koumassi sans y mettre le pied. Et par la volonté de Laurent Gbagbo il est bombardé président de l Assemblée Nationale de Cote d’Ivoire. Enfin il est nommé 3ème Vice Président du parti. Mamadou a gravi tous ces échelons sans faire ses classes et le FPI est une école avec sa culture de lutte. Le petit Madou jouit de la confiance absolue et de l’amitié du Président de la république et de la première dame Simone Ehivet Gbagbo. Mais paradoxalement il n’est pas enthousiaste au travail. Au niveau du parti il est absent pratiquement à toutes les réunions du secrétariat général, du secrétariat exécutif, du comité central. Au niveau du parlement Mme la 1ère Vice Présidente Agoh Marthe a assuré  l’intérim tout le temps. Dans sa circonscription électorale il n’y mettait jamais les pieds. Mamadou est un solitaire instable et ambitieux disent ses contemporains. Il croit avoir la science infuse à cause de son agrégation en science économique et ne tolère pas la contradiction et il se croit le nombril du monde, il se croit un infaillible. Il affirme de manière péremptoire que Gbagbo n’a pas gagné les élections. Pourquoi n’a t il pas gagné les élections présidentielles de 2010? Aucune preuve scientifique pour un agrégé d’Université. Je ne suis pas le juge des élections dit-il? Mais dans notre pays il n y a qu’un seul juge constitutionnel des présidentielles qui s’est prononcé et a déclaré Gbagbo vainqueur. Pourquoi met-il en cause le verdict du juge? Il se réfère à un panel réclamé par le président pour faire un recomptage des voix, pour éclairer les résultats. Ce recomptage des voix a t il été fait oui ou non? C’est seulement ce résultat qui devait s’imposer à lui et non des décisions politiques farfelues. Cette sortie de Mamadou intervient à un moment qui n’est pas fortuit. Regarder la période après le coup de Sarkozy c’est lui qui annonce l’arrivée de Paul Yao Ndré pour la 1ère investiture de Ouattara. Ensuite il tente en vain la caporalisation du FPI pour accompagner Ouattara. Et aujourd‘hui à quelques heures du verdict de l’audience de confirmation des charges il fait cette sortie de route. Comme quoi à chaque fois que Ouattara est en difficulté il court au secours. Mamadou Koulibaly n’est pas le bouc émissaire de qui que ce soit. Depuis longtemps il cherche à s’imposer comme alternative au président Gbagbo. C’est ce qui explique son comportement à Marcoussis et sa discourtoisie vis à vis de Affi N’guessan président du FPI. Peu après Marcoussis son imam attitré Doumbia et feu son père géniteur organisent des sacrifices et des prières pour qu’il devienne le prochain président de Côte d’ivoire. Dès lors le parricide du père Gbagbo a commencé. Comme Britus il faut tuer le père et prendre la place. Il faut analyser et comprendre les déclarations et les actes posés par Mamadou Koulibaly sous le prisme de cette nouvelle vision à lui. Pourquoi a t il un tel comportement ? Il semblerait qu’il soit soutenu par les Occidentaux comme alternative à Ouattara. Après avoir bénéficié 11 années  durant de privilèges et honneurs du régime FPI, Mamadou ne peut ni vilipender le Président Gbagbo ni accuser le parti pour quelque raison que ce soit car dauphin constitutionnel, il était au cœur de l’appareil de décision et il n’a pas démissionné. Après la chute du régime il est facile de jeter l’opprobre sur les autres et se présenter comme le leader parfait et infaillible. Si le président Gbagbo est à la Haye Mamadou doit être dans la cellule voisine. Si Simone se retrouve a Odienné dans mon village Mamadou ne doit pas être loin de la. Si Affi et Sangaré sont en prison Mamadou doit être aussi en prison. Si par la grâce divine il est dehors il devrait normalement se sentir dans les liens de la détention moralement et psychologiquement tout au moins. Il ne faut pas vendre son âme au diable parce qu’on veut devenir quelqu’un. Il ne faut pas trahir son propre pays parce qu’on aspire à faire partie des servants de l’occident. ALLAH le tres Miséricordieux, l’Omniscient, l’Omnipotent récompense toujours le bienfait et le bienfaiteur il n’aime pas les Ingrats et leur réserve un châtiment ici bas et dans l’au delà. Amina.

Quand-est-ce que vous envisagez rentrer dans votre pays

 Cette question est intimement liée à l’évolution de la situation politique et Sécuritaire en Cote Ivoire. En septembre 2002 mon domicile a été pillé à Bouaké par la rébellion. Ils ont emporté tout ce qui s’y trouvait et cinq véhicules. Ma Clinique l’une des plus grande et moderne de Bouaké a subi le même sort. Tout a été vandalisé et aujourd’hui il ne reste que des ruines. Le 30 novembre 2010 avant la proclamation des résultats du second tour des élections présidentielles, je répète avant la proclamation des résultats, mes deux domiciles d’Odienné sont pillés et vandalisés par les mêmes rebelles et ils sont partis avec deux vehicules. Puis à la suite de la guerre post -électorale mon domicile d’Abidjan est pillé en partie et est actuellement occupé par un chef rebelle à la riviera synacassci. Trois vehicules ont été emportés. Tous mes comptes bancaires sont gelés. Je dois rentrer pour faire quoi? Comme tous les exilés nous attendons l’aboutissement heureux et raisonnable des discussions entre le parti et le gouvernement pour revenir assumer notre rôle.

Quel est pour vous l’avenir de la Côte d’Ivoire avec Ouattara?

L’avenir de la Cote d’Ivoire avec Ouattara n’est pas du tout prometteur. C’est du remake. Politiquement on veut nous ramener au monopartisme avec un parti unique tout puissant et un chef qui a droit de vie et de mort sur ses sujets. Ce qui est inacceptable dans le contexte Ivoirien actuel. Sur le plan économique il s’agit de nous imposer encore une politique d’austérité comme en 1990-1993 avec la destruction de ce qui reste comme biens public dans le portefeuille de l’état. On ne peut pas devenir un pays  émergeant en limitant de manière drastique le recrutement des enseignants des médecins des infirmiers et des sages femmes à la fonction publique. On ne peut pas se développer sans la création d’usines or aujourd’hui ce n’est pas le cas dans notre pays. On parle plutôt de licenciement massif et abusif. La politique d’endettement et des PAS ne peut nous conduire bien loin. Il s’agit de nous maintenir dans la politique de dépendance du FMI et de la Banque Mondiale instruments de domination du capitalisme international. Il nous faut sortir de la philosophie occidentale du développement. Socialement nous avons un pays divisé entre pro Gbagbo et pro Ouattara et entre Musulmans et Chrétiens et la réconciliation ne bouge pas car on refuse d’affronter de manière courageuse les problèmes réels et on joue à un jeu de diversion. Il faut un forum de discussion directe entre le président Gbagbo et Mr Ouattara pour tout mettre à plat et repartir du bon pied. ‘L ampleur de la fracture sociale est telle qu’il ne faut pas se leurrer. Je vais terminer en vous racontant cette histoire réelle vécue à Accra entre nous exilés. Un jour deux amis décident d’aller rendre visite à un autre. Comme par hasard les deux qui ne sont pas malinké, s’habillent en boubou, portent un bonnet sur la tête et sont tous barbus comme c’est quelque fois le cas ici. Ils arrivent chez leur ami et trouvent au salon son fils de10 ans. Ils lui demandent ou est son père. Le petit hésite à parler et ensuite leur répond que son papa est absent. Ensuite il s’enfuit dans la chambre de sa tante pour lui dire que les assaillants en boubou sont venus demander après son papa et conseille à sa tante de ne pas dire où se trouve son père. Voila jusqu’ou peut nous amener cette lamentable  politique de Ouattara.

Pensez que-vous que la France peut un jour lâcher celui qu’elle a imposé aux Ivoiriens?

L’adage dit que chaque peuple mérite le chef qu’il a. L’histoire de la France devrait plutôt nous inspirer dans la lutte que nous menons pour les libertés, la justice et la démocratie. Votre question nous ramène à la problématique du Maitre et de l’Esclave. Est-il possible que pour se libérer de ses servitudes l’Esclave demande au Maitre de l’aider à se libérer. Chaque peuple à son histoire et nous devons assumer la notre. Dieu bénisse la Côte d’Ivoire notre pays.

Propos recueillis par Simplice  Zahoui

Refuser la banalisation de l’injustice et de la dictature par Ouattara en Côte d’Ivoire

juin 15, 2013 3 commentaires

L’arrestation du jeune Koua Justin, qui vient s’ajouter à près de 1000 prisonniers politiques dans le pays, interpelle à plusieurs titres justement évoqués par l’expert indépendant de l’ONU. Cependant, ce qui inquiète au-delà de toutes les raisons qui peuvent être évoquées, c’est le sentiment d’une certaine acceptation de la répression systématique, comme une nature, que cela donne à l’observation. Certes, Ouattara et l’ensemble de son régime, ont démontré une détermination sans précédent dans la violence, qui doit raisonnablement faire peur. Pour autant, faut-ils’en « accommoder » et laisser faire, quand nous avons œuvré pendant 10 ans pour la tolérance, quand finalement, à force, chacun de nous, même parmi ses partisans, finira par être une cible, tant les raisons des abus liberticides ont dépassé les limites de l’imagination moyenne. Comme dit le proverbe Mahouka « c’est l’excès et l’abus qui ont rendu la mer amère » !« Dana timi lêh n’a badji gboya là » (littéralement : c’est dépasser les limites qui rendu la mer imbuvable) ! Et grâce à cette politique haineuse, la Côte d’Ivoire est vue comme « un pays en implosion » par les experts en sécurité internationale ! Étonnant? Et pourtant, certains parlent d’élections en 2015 ? Où ? Dans ce pays de Ouattara ?

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L’arrestation de Koua Justin semblait prévisible, tant ce jeune restait la seule voix encore déterminée à apostropher un état répressif, liberticide, et déstructuré, malgré les apparences. Ce jeune homme était, à force, devenu l’espoir d’une opposition courageuse et véritablement expressive de la vraie pensée d’une opposition digne de ce nom dans un environnement politique comme le nôtre. Car, franchement, que pouvait ce régime espérer d’autres que la diatribe déterminé d’un jeune politicien meurtri dans sa capacité à exercer sa fonction d’opposant ? Aller en prison n’est pas un objectif politique et mettre les opposants en prison ne peut constituer un programme de gouvernement. Hélas, comme cela nous est donné de le voir dans notre pays, il semblerait que de part et d’autre de l’échiquier politique national, il soit désormais convenu que la prison est un fait normal pour les uns et un outil privilégié pour les autres, surtout, depuis la prise de pouvoir de Ouattara et ses soutiens, sans que cela ne paraisse remettre en cause les fondements universels d’une société politique démocratique. La peur des uns favorisant l’abus des autres, ou vice versa, nous rentrons dans une forme de banalisation de l’injustice d’un état sans boussole, face à une opposition sans idée, pour voir s’enraciner une dictature qui laisse la porte ouverte à tous ! Quand ce n’est pas la prison, c’est l’exil et l’humiliation, et quand ce n’est ni l’un ni l’autre, c’est le choix d’un silence si étouffant qu’on en entend des gémissements impossibles à contenir. Mais, malgré ces gémissements si lourds et bruyants, il y a dans l’air, comme un sentiment de résignation. Car, Koua Justin avait été prévenu par l’apprenti sécurocrate et une tentative avait échoué quelques jours plus tôt, pour ne parler que de la toute dernière ! Ainsi, de la même manière que le SG FPI Akoun était fier face à l’adversité,  le SG JFPI Koua est tout aussi fier « d’affronter avec courage » le régime Ouattara et sa justice bien particulière ! Une justice doit-elle d’ailleurs être aussi particulière ? Le FPI et les résistants s’opposent donc avec courage, face à une répression que rien n’arrête, qui ne change pas ses mauvaises habitudes et qui agit toujours pour pousser un peu plus les limites du raisonnable ou de l’acceptable ! Autrement, sans aucune limite, si ce n’est celle de son seul vouloir et de sa volonté d’éliminer totalement toute forme d’opposition, de contestation, de dénonciation et d’interpellation d’un pouvoir qui gouverne pourtant contre tout bon sens, contre les intérêts des Ivoiriens et contre les attentes communes d’un pays dont les populations se taisent pour être fatiguées de souffrir des abus politiques significativement accrues ces dernières années, avec Ouattara. Pas de liberté d’expression, d’opposition, de critiques, d’opinion, sinon, c’est la prison toujours pour les mêmes motifs, sans se fatiguer, « atteintes à la sureté, outrage à, constitution de groupe subversif, volonté de travailler contre, gabgboiste sans honte…. » ! Enfin, on ne se fatigue pas, on met ce qui passe par la tête, en rien, car jamais, personne n’osera en redire.

Notre Côte d’Ivoire, qui a quand même « oser s’opposer au grand Houphouët Boigny », le fondateur et garant de l’éternelle françafrique, n’arrivons même pas à faire sentir à Ouattara que sa vision de la politique et de la gestion du pouvoir n’est pas acceptable pour nous et risque, surtout, surtout, de plonger le pays dans une crise plus grave, plus profonde et plus meurtrière ? Et qu’il serait mieux inspiré de revoir sa philosophie de la chose, ou ses valeurs en la matière, on se qu’il croit être sa trop grande puissance ? Enfin, entre nous, pourquoi devrions-nous accepter  tant de violence et abus de la part d’un pouvoir quel qu’il soit ? Pourquoi devrions-nous accepter de vivre dans notre propre pays, comme des exclus de nos propres affaires ? Quand même, subir ainsi, être étouffés, et se taire, comme si l’injustice était devenue si banale et que la dictature et la violence politique et étatique extrême étaient devenues la norme, comme si la mal-gouvernance devait notre destin ou que la médiocrité était une fatalité qui nous conviennent ? Enfin, Grand Dieu, c’est notre Côte d’Ivoire quand même et elle n’a nulle habitude de banaliser la violence, ni la dictature, peu importe l’auteur ! Accepter cela aujourd’hui, quelque soit notre bord, nos convictions, nos choix, Gbagbo, Bédié, Ouattara, ou même Houphouët et Guéi avant, jamais nous n’avons et nous ne devrions nous résigner à combattre l’injustice dans ce pays et étouffer toute velléité de dictature ! Car, l’accepter un tant soit peu, peu importe qui en est la victime, c’est se préparer à en être victime demain. Car, oui, nous savons en Côte d’Ivoire combien de nos montres nous avons dû combattre, avec regrets et rage ! Si Ouattara, aujourd’hui s’en prend avec joie aux partisans de Laurent Gbagbo dans sa répression aveugle et haineuse, que ceux qui exécutent ses basses œuvres ne s’étonnent pas demain d’être les victimes des mêmes méthodes, devenus trop puissants pour avoir exécuté auparavant avec trop de zèle ! N’ont-ils donc pas lu Machiavel ? Oh, il parait qu’on ne lit pas beaucoup de ce côté-ci de la Côte d’Ivoire, trop occupé qu’on est à jouir du pouvoir sans partage et abusif qu’on croit éternel !

Certes, nous en serons tous responsables, car pour certains, nous aurions succombé à nos peurs et pour d’autres, à la jouissance aveugle et haineuse d’un pouvoir qui nous conduit tout droit dans le mur. Mais, au préalable, nous avons la responsabilité d’interpeller, d’avertir, de dénoncer et de mobiliser pour faire arrêter la machine infernale, répressive, injuste et dictatoriale de Ouattara. Nous avons le devoir de dire à Ouattara qu’il ne gouverne pas notre pays, mais gouverne contre note pays. Nous avons le devoir de lui dire et ses amis et collaborateurs avec, ainsi que ses familles, que leur vision de la Côte d’Ivoire n’est pas acceptable. Si nous le faisons pas, et avec détermination et vigueur, nous serons complice de sa haine conte nous-mêmes et responsables, pour ses partisans, du retour du bâton ! Rappelons-le, un montre repu d’absolutisme et aveuglé par le sentiment d’avoir l’horizon sous son nez, finit, toujours, sans aucune exception ou presque, à s’alimenter de ses propres créateurs et de sa propre progéniture ! Et, à ce moment-là, même ses adversaires ont plus de chance de s’en sortir face à sa faim sans borne et sa puissance sans limite, jusqu’à rendre la mer amère ! Et pourtant, il semble que la « mer ivoirienne soit assez amère », même, aux yeux des observateurs extérieurs, que la sagesse commence à gagner ! Nous devons, sans violence, sans excès, sans prétention, mais parce que notre pays en vaut plus que la peine, arrêter Ouattara dans sa folle et aveugle course, qui ignore en réalité notre pays ! Nous devons apprendre à Ouattara que la célébration excessive d’un pouvoir excursionniste et orienté contre ceux qu’il doit servir, finit inévitablement dans des regrets terribles que rien ne peut consoler ! Nous devons surtout, refuser de baisser les bras et courber l’échine face à la violence aussi déterminée que possible de Ouattara et de sa flicaille amatrice médiocre. Refuser cette banalisation qui nous guette, c’est sauver la fraternité dans notre pays et donc éviter que demain ne nous oppose avec violence et sans limite. Empêcher la dictature de Ouattara de prospérer, c’est donner la chance à la démocratie brutalement arrêtée de reprendre la voie de sa croissance et favoriser la construction nationale dans l’unité et la prospérité partagée. Refuser la banalisation du meurtre, du mensonge, du crime, de la corruption et la mal-gouvernance, c’est donner l’espoir que notre pays pourrait exister demain, sur des fondements sains et unificateurs, inclusifs et fédérateurs. Refuser cette banalisation, c’est dire au monde entier que Ouattara se trompe, qu’il trompe tout le monde et qu’il a besoin d’aide. Refuser cette banalisation, c’est aussi et surtout donner une chance à la réconciliation des enfants de notre pays, demain, bientôt et ensemble. C’est pour ce que nous ne devons pas, plus laisser faire ces injustices qui se banalisent trop et dont la survenance n’est même Plus digne de l’actualité bien triste, pourtant de notre pays. Et, ce refus commence par l’exigence première ou de base : libérer tous les prisonniers politiques et libérer Laurent Gbagbo de cette CPI qui avoue elle-même son incapacité à le juger, arrêter l’exclusion et l’injustice systématique et arrêter immédiatement cette répression aveugle et sans raison, car la Côte d’Ivoire n’est pas en danger. Oui leur Côte d’Ivoire est en danger d’implosion, mais la Côte d’Ivoire unifiée n’est nullement en danger, car elle est la vraie, celle que les Ivoiriens désirent et souhaitent construire ! Et dans un tel contexte, des élections doivent être le dernier de nos soucis ! Se taire, c’est encourager, favoriser et enrichir la soif répressive et la dictature que seuls les médiocres choisissent d’appliquer ! Il faut combattre ces médiocres envies de Ouattara et faire en sorte de relever notre pays maintenant et sans concessions aucunes ! Car on ne peut s’accommoder et s’habituer à tous, notamment quand cela concerne nos intérêts communs et la dignité collective que nous devrions partager !

 

Ba Bemba

Marche des prétendus victimes à Abidjan : A Soro Alphonse et ceux qui pensent comme lui

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On espère que vous profiterez de cette marche pour récolter les preuves que la CPI demande. On vous dit preuves, et vous répondez marches. Si c’est parce que vous vous considérez comme des victimes que vous voulez marcher, la chose la plus efficace à faire dans ce cas serait plutôt de remettre les preuves à Fatou Bensouda, car ce n’est pas parce que vous aurez marché qu’on vous considérera comme des victimes. Et si Fatou vous considérait comme des victimes à la suite de votre marche, alors elle devrait demander au régime Ouattara de laisser marcher les victimes qui ne sont pas pro-Ouattara puisqu’elle répète à qui veut l’entendre qu’elle veut rendre justice à toutes les victimes. Il y a même dans cette affaire des victimes qui ne sont ni pro-Ouattara ni pro-Gbagbo, et ce sont certainement les plus nombreuses. Celles-là au moins, on devrait les laisser manifester, si elles le demandaient, et il n’y a pas de raison qu’elles ne le fassent pas. Nous comptons tous sur Fatou Bensouda pour qu’elle encourage le régime Ouattara à autoriser des marches pour toutes les victimes, et surtout, à les protéger pendant ces marches car ça finit généralement mal quand on n’est pas pro-Ouattara. Mais si Fatou veut vraiment prendre en compte toutes les victimes, elle devrait aller au-delà de la Côte d’Ivoire car les victimes se trouvent aussi dans des camps au Ghana, au Libéria et au Togo. Et même ceux qui ne sont pas dans les camps ont leurs maisons occupées. Vous avez dit victimes ? Ce sont des victimes, et tous ne sont pas des hommes politiques. N’oubliez pas qu’une victime est une personne qui a subi des violences ! Et puisque la CPI parle d’éventuels préjudices subis par des pro-Ouattara, Fatou devrait chercher aussi des victimes du côté des ivoiriens qui ont quitté leurs maisons et leurs plantations, et qui ont même laissé derrière eux les cadavres de leurs parents qui n’ont eu droit comme dernières demeures qu’à des fosses communes. En côte d’Ivoire, on ne compte plus les victimes qu’il faut aller chercher à Bouaké, Korhogo, Anonkoi Kouté, Adebem, etc. C’est même tout le pays qui a subi des violences, et subit désormais la violence d’une justice partiale.

Alexis Gnagno

Fpi à la présidentielle de 2015/ Don Mello: « Ce n’est pas à l’ordre du jour… »

juin 10, 2013 3 commentaires

Ancien DG du BNETD (Bureau national d’études techniques et de développement), nommé ministre de l’Equipement et de l’Assainissement dans le gouvernement Aké N’gbo, Ahoua Don Mello s’est prêté aux questions de Africatime. Depuis son lieu d’exil, l’ancien porte-parole du dernier gouvernement Gbagbo fait des révélations sur les sujets de l’actualité ivoirienne.

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Où vivez-vous actuellement ? Au Ghana, en Guinée Equatoriale, au Maroc… ?

Je suis un africain, je vis en Afrique.

Quel est votre état d’esprit aujourd’hui, après plusieurs longs mois hors de votre pays?

En état de réflexion permanente sur le passé, le présent et l’avenir de l’Afrique.

De quoi vivez à l’étranger ? L’on vous dit à l’abri du besoin. Vrai ou faux ?

Pas d’importance. Je suis africain et je peux servir partout en Afrique.

Qu’est-ce qui vous empêche de rentrer aujourd’hui, quand on sait que plusieurs cadres de votre parti sont revenus au bercail et sont moins inquiétés?

Je ne sais pas si on parle du même pays et du même régime. Sachez que comme la plupart des ministres de Gbagbo, un mandat d’arrêt international a été lancé contre moi et que Gbagbo est en prison à la Haye et 700 innocents sont torturés dans différents camps de concentration. Toute la haute direction du FPI est en prison.

N’avez-vous pas votre rôle à jouer dans le processus de réconciliation nationale ?

Je ne sais pas jouer sur un terrain surveillé par des chasseurs traditionnels prêts à tirer et avec des coéquipiers en prison. Si je savais jouer au jeu de chasse, je n’aurai certainement pas hésité.

Que pensez-vous du dialogue engagé entre le FPI et le pouvoir d’Abidjan ?

Faire connaître les attentes du FPI et ses solutions de sortie de crise.

Suite à la crise postélectorale, alors que vous étiez ministre de l’Equipement et de l’Assainissement et porte-parole du gouvernement Aké N’gbo, vous vous désolidarisez de vos collègues et prenez la clé des champs. Pourquoi avez-vous quitté votre pays pour l’exil ?

Je ne sais pas si vous étiez un observateur de la vie politique pendant la crise ou si vous racontez une histoire qui vous a été racontée par quelqu’un qui lui aussi a appris par quelqu’un d’autre. J’ai porté la parole du gouvernement jusqu’au 11 avril 2011 et j’étais là où je devais être pour porter la parole sans les autres ministres mais en rapport permanent avec le Premier ministre Gilbert Marie Aké N’gbo et le Président Gbagbo ainsi que les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l’Intérieur. Je suis venu en exil lorsqu’un mandat d’arrêt était en préparation contre moi.

Un exercice de souvenir : Pouvez-vous nous dire quelle était l’ambiance dans la résidence du président Gbagbo jusqu’à ce que vous quittiez les lieux ?

Les uns priaient, d’autres géraient la situation de crise.

L’on a appris que le président Gbagbo aurait reconnu sa défaite et qu’il s’apprêtait à lire sa reddition à la télévision, et qu’il a été empêché par son épouse Simone Gbagbo et vous-même, M. Don Mello. Qu’en est-il ?

Les décisions étaient prises démocratiquement au sein du gouvernement. Je ne sais pas de quoi vous parlez.

Quel a été le rôle de la France dans la crise ivoirienne ?

De maître d’ouvrage au début, elle est devenue maitre d’œuvre et prestataire de service au profit de M. Ouattara.

Qui des forces onusiennes, françaises et républicaines ont procédé à l’arrestation du président Laurent Gbagbo ? Y a-t-il eu des tractations ou pas ?

Exclusivement les forces françaises. D’abord par bombardement des jeunes patriotes devant la résidence du chef de l’Etat comme si pour la France les jeunes patriotes constituaient l’arme lourde du président Gbagbo, ensuite par bombardement de la résidence, enfin par bombardement du portail et pénétration des chars français ayant procédé à l’arrestation du Président et sa remise aux forces rebelles.

Dans quelle circonstance est décédé l’ancien ministre de l’Intérieur Désiré Tagro ?

Tir à bout portant par les rebelles.

Que pensez-vous de la cohabitation entre les alliés du RHDP actuellement au pouvoir ?

Demandez-leur ce qu’ils en pensent eux-mêmes, chacun est libre de ses choix et prêt à assumer aussi les conséquences.

Les élections régionales et municipales couplées ont montré un fort taux de réussite pour les candidats indépendants. Qu’est-ce que cela explique, selon vous ?

Le peuple a tourné le dos au mensonge, au génocide, à l’expropriation des biens et des terres, et à la répression des innocents par des criminels en liberté.

Le boycott de votre parti de toutes les dernières élections en Côte d’Ivoire (législatives, municipales et régionales) est-il productif ?

Très productif. Il a confirmé que le peuple est avec lui et a tourné le dos aux génocidaires.

Pensez-vous qu’Alassane Ouattara soit capable de résoudre les problèmes des Ivoiriens (santé, éducation, chômage…) ?

Ce n’est pas sa préoccupation et la France ne l’a pas installé pour cette mission. Il est là pour garantir les intérêts de la France dans l’UEMOA (Union monétaire ouest africaine) et ceux de ses financiers de sa longue guerre contre la Côte d’Ivoire.

Le chef de guerre Amadé Ouérémi de la forêt du Mont Péko a été arrêté. Faut-il féliciter les autorités ivoiriennes ?

(il faut) Arrêter les complices, les coauteurs directs et indirects et libérer les terres des Wè (Ndlr : peuple localisé dans l’Ouest ivoirien).

Que pensez-vous de la décision des juges de la CPI de demander des informations complémentaires au procureur Fatou Bensouda ? Cela veut dire concrètement quoi pour vous ?

Que Gbagbo est innocent au vu du dossier constitué. Mais comme cela fragilise la position de la France qui a affirmé à l’ONU qu’elle a vu Gbagbo tirer sur son peuple. Elle a pu obtenir une résolution de l’ONU pour venir exterminer les jeunes patriotes et ouvrir la voie du Palais présidentiel aux chars français remplis de rebelles. La vérité peut avoir des conséquences graves sur la crédibilité de l’ONU et la responsabilité de la France dans les 3000 morts ainsi que l’ONUCI qui a procédé au ramassage des cadavres pour une destination jusque-là inconnue. Il faut donc maintenir Gbagbo politiquement en prison à défaut de preuves. La recherche des informations complémentaires est une diversion et une posture politique. Bensouda a eu l’assistance de l’ONUCI, la force licorne, le régime Ouattara et l’ambassade de France et des Etats-Unis sans résultat pendant deux ans. Que peut Bensouda pendant six mois ?

Laurent Gbagbo sera-t-il libre dans 10 mois ?

Il est libre de tout crime, le reste est politique. Il nous revient de faire connaître cette réalité au monde entier pour que Gbagbo soit libéré.

Le FPI souhaite un rapprochement entre lui et le PDCI, que pensez-vous de cela ?

C’est dans l’intérêt du PDCI (Ndlr : Parti de Henri Konan Bédié) de ne pas être complice du génocide et de l’expropriation économique de ses électeurs, et de se mettre à l’abri du jugement du peuple à l’heure venue. Et c’est de la responsabilité du FPI de rassembler toutes les forces politiques et démocratiques pour libérer la Côte d’Ivoire de l’occupation.

Le ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la promotion des PME, Jean-Louis Billon a fustigé le contrat de cession du marché de l’extension du 2è terminal à conteneurs du port d’Abidjan au groupe français Bolloré.

M. Billon ignore certainement les raisons de l’intervention militaire de la France dans le conflit et la mission du gouvernement auquel il appartient. Il s’en rendra compte avec le temps.

Les prochaines élections présidentielles se tiennent dans deux ans, le FPI doit-il participer en proposant un candidat ?

Ce n’est pas à l’ordre du jour tant que les conditions ne sont pas réunies pour un jeu démocratique inclusif sans des chasseurs comme arbitres.

Interview réalisée via internet par Patrick Krou