Accueil > Uncategorized > SORO GUILLAUME UN POUVOIRISTE QUI CITE ABUSIVEMENT VICTOR HUGO ET IGNORE ALBERT CAMUS : MONSIEUR VOUS ETES UN REVOLTE SANGUINAIRE…

SORO GUILLAUME UN POUVOIRISTE QUI CITE ABUSIVEMENT VICTOR HUGO ET IGNORE ALBERT CAMUS : MONSIEUR VOUS ETES UN REVOLTE SANGUINAIRE…


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La révolte, on le sait, à travers l’histoire des hommes  aura permis bien de choses dans le processus d’émancipation de l’homme. Elle fut le noyau le plus critique de toute forme d’aliénation et de déshumanisation. Elle se présente donc comme unique   réponse  réaliste afin de briser les chaînes d’une situation qui amenuise l’existence humaine. Partant cette vérité, nous sommes d’avis avec le tout nouveau président de l’assemblée nationale de la république de côte d’ivoire, l’ex chef rebelle SORO Guillaume, qui, lors de son interview avec Alain Foka sur RFI disait pour  justifier la rébellion du 19 septembre 2002 : « face à la dictature la révolte est de droit »  dixit Victor Hugo.  Or en  se révoltant  contre le pouvoir démocratiquement élu de Laurent Gbagbo (son Père spirituel) pour revendiquer une reconnaissance, le rebelle Soro Guillaume a finit par se rendre esclave de cette révolte devenue in fine révoltante parce que meurtrière pour l’éternel étudiant  enquête de justice et d’identité. Cela dit, notre Rebelle président de l’assemblée nationale, dont le cursus universitaire fut abrégé pour des raisons que nous connaissons tous aujourd’hui, devrait savoir qu’un siècle après Victor Hugo,  il eut un autre français du nom d’Albert Camus qui pointait du doigt le caractère néfaste de la révolte  dans son œuvre  « L’homme révolté » que nous conseillons fortement à notre pseudo  héros nationale.

La révolte, en effet, se découvre très vite comme étant le pire de tous les maux, devenant pour ainsi dire le pire des blasphèmes qui puissent exister. Derrière cette révolte, derrière ce refus de l’injustice, on a pu le voir depuis l’avènement du révolté Soro Guillaume en terre d’Eburnie, se cache le pire des maux et peut-être un mal infiniment et une injustice plus grande que tous ceux au nom desquels on promeut ou favorise la révolte, car cette révolte tend à nous couper de tout espoir et à nous enfermer dans une dictature non plus  rampante, comme le disait le Premier Pascal Affi N’guessan aujourd’hui prisonnier à Bouna (nord de la côte d’ivoire),  mais debout et soutenue par une communauté internationale silencieuse. Et cette vérité, Camus en a eu conscience en l’exposant dans son essai sur L’homme révolté.

Après avoir récusé l’existence de tout pouvoir divin en se révoltant contre ce-cilui et contre la religion, Camus percevra pour ainsi dire les limites d’un tel dessein en se révoltant  contre la révolte devenue meurtrière. En effet, si Camus s’est révolté contre le pouvoir du créateur qu’il estimait injuste du fait de l’existence du mal et de la souffrance des créatures, c’est tout naturellement qu’en homme lucide il osa dénoncer le caractère révoltant d’une révolte, pour reprendre l’expression de Bertrand Vergely, qui contenait en elle la possibilité de la terreur et, derrière elle, une sourde fascination pour le crime[1]. Si la révolte a permis de briser bien de chaînes, si elle incarne le mouvement qui met fin à toute forme d’aliénation pour restaurer la dignité perdue, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle reste pour l’humanité un autre risque « d’auto-aliénation». En effet, souligne Camus, si la révolte est le moyen de dépasser  l’absurde, il faut lui reconnaître une autre face on ne peut plus dangereuse dans sa manifestation. Certes, il y a toujours chez l’homme révolté, tel l’esclave rebelle qui refuse le traitement à lui imposé par son maître, un sentiment d’injustice qui le pousse à revendiquer pour lui et pour ses semblables une liberté de penser et d’action, une telle revendication est dite nécessaire et donc noble. À cet titre,  « la révolte est nostalgique d’innocence et appel l’être »[2] Mais lorsqu’il s’agit d’une révolte contre un pouvoir établi due à la frustration qui découle de notre être-là, il va de soit que le risque d’une volonté de puissance n’est pas à exclure chez celui qui se révolte : « c’est la révolte métaphysique »[3]. En se révoltant, le révolté métaphysique (à l’instar de Soro Guillaume se révoltant contre son père spirituel) n’a pas pour dessein de libérer l’homme d’un asservissement mais une volonté de s’approprier un pouvoir désiré (dite moi si c’est faux !!!). Ainsi d’une révolte qui se veut salutaire parce que nostalgique, on passe à « une révolte qui prend un jour les armes  et elle assume la culpabilité totale, c’est-à-dire le meurtre et la violence »[4]. On parlera entre autre d’un coup d’état métaphysique, puisque la finalité de cette révolte dite métaphysique est de prendre la place de Dieu. Mais mieux, on ne tue pas seulement Dieu, on va plus loin en tuant ses images : l’exemple du roi Louis XVI exécuté le 21 janvier 1793 à la guillotine, pour parler de la révolution française, en est la preuve. Une révolution qui finira d’ailleurs par manger ses propres enfants tels Maximilien de Robespierre  et ses amis qui seront eux-mêmes guillotiné le 28 juillet 1794 par d’autres révoltés.

Ici gît in fine toute la trahison des hommes qui, en voulant refaire le monde pour le rendre meilleur, ont finit par le rendre moins meilleur qu’il était à l’état de nature. Le genre humain subit ici et là sous le regard complice des hommes les pires calamités du fait même de ceux qui se révoltent contre la condition humaine et qui, pour la changer à tout prix, font payer à leurs semblables le prix tragique des pires horreurs. Autrement dit, le révolté devenu tout-puissant, parce qu’ayant pris la place de Dieu, n’a fait qu’aggraver le scandale de la souffrance universelle. Ce désir de vaincre sera porté à son paroxysme par tous ces drames qu’aura connus notre humanité : que ce soit au nom de la croissance ou du profit, quand on prétend nous affranchir  de l’injustice, de la dictature, de l’angoisse du mal, de la maladie,  de la pénitence voire même de toute restriction, ou bien que ce soit au nom d’une amélioration de la condition humaine comprise, mais plus tragique en ses conséquences, quand on prétend affranchir l’humanité  de tout assujettissement.  Cela dit, à bien des égards, l’humanité peut inscrire en lettres d’or dans son cahier funéraire – tout comme les meurtres commis au nom de Dieu, par Dieu et pour Dieu – que le révolté demeure lui aussi l’un des plus grands instigateurs de meurtre qu’a connu notre humanité. Sous son règne l’humanité n’a jamais été aussi meurtrière au regard de tous ces crimes illogiques et la mort des dizaines de millions de victimes, sexes et race confondus. Du reste, en se révoltant pour affirmer son identité afin d’établir un état de droit en Côte d’ivoire, Soro Guillaume  le révolté a révélé aux Ivoiriens qu’il est dans sa nature d’être totalitaire et d’exclure toute autre présence. Or devant le totalitarisme, la pensée humaine s’est trouvée devant le pire, le plus terrifiant, le plus grave des périls. Ce faisant que Soro Guillaume sache que si la révolte est de droit elle ne lui autorise pas d’ôter la vie à des Gendarmes (67) dormant  paisiblement dans leur lit à Bouaké et de tuer impunément à Guitrozon, Duekoué, Anokoua-kouté, Yopougon etc… Je vous laisse monsieur Soro Guillaume le révolté  méditer ces quelques lignes :

« Le crime irrationnel et le crime rationnel, en effet, trahissent également la valeur mise au jour par le mouvement de révolte. Et d’abord le premier, Celui qui nie tout et s’autorise à tuer, Sade, le dandy meurtrier, l’Unique impitoyable, Karamazov, les zélateurs du brigand déchaîné, le surréaliste qui tire dans la foule, revendiquent en somme la liberté totale, le déploiement sans limites de l’orgueil humain. Le nihilisme confond dans la même rage créateur et créatures. Supprimant tout principe d’espoir, il rejette toute limite et, dans l’aveuglement d’une indignation qui n’aperçoit même plus ses raisons, finit par juger qu’il est indifférent de tuer ce qui, déjà, est voué à la mort. »[5]

Loving koudou Gbagbo


[1]. Bertrand Vergely, Le silence de Dieu, p. 125.

[2]. Albert Camus, L’homme révolté, Paris, Folio Essais, Gallimard, 2010, p. 139.

[3]. Ibid., p. 41.

[4]. Ibid., p. 139.

[5].  p. 353 du même livre.

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  1. Assoumou
    juillet 12, 2012 à 10:37

    Belle démonstration Steve. Je crois que dans leur cas ils ne mentionnent que ce qui peut justifier leur actes ignobles.

  2. Aline KOYE
    juillet 12, 2012 à 4:53

    Une analyse digne du nom… Tres propre mon frere…. Tout simplement Merci .

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