Côte d’Ivoire: LE SECRETAIRE GENERAL DU PARTI DE LAURENT GBAGBO ARRÊTÉ À L’AÉROPORT ET CONDUIT A LA DST

novembre 23, 2013 Laisser un commentaire

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Notre source nous confirme que M. Laurent Akoun, Secrétaire Général du Front Populaire Ivoirien (Fpi), le parti de Laurent Gbagbo a été empêché de sortir du pays ce matin par les forces de l’ordre à l’aéroport international Felix Houphouet Boigny d’Abidjan.

Après avoir obtenu le visa pour la France, il devait embarquer ce matin à 9h pour Paris afin de soigner des maux qu’il traîne depuis son incarcération par le régime Ouattara. Il a été accosté et interdit de monter à bord de l’avion par des forces de l’ordre qui ont essayé de le conduire à la DST; ce à quoi il s’est opposé car ceux ci n’avaient pas de mandat. En définitive, ceux-ci l’ont fait monter de force dans leur véhicule pour le conduire dans ce haut lieu de torture.

Rappelons que Laurent Akoun n’est pas en liberté provisoire puisqu’il a purgé une peine de 6 mois d’emprisonnement ferme à la MACA pour outrage au chef de l’Etat. Le regime Ouattara confirme à travers cette énième violation des droits de l’Homme qu’il n’est pas disposé à l’expression des libertés publiques et individuelles. Après donc Michel Gbagbo lui aussi interdit de sortir du pays alors qu’il avait rendez-vous avec la justice française dans le cadre d’une plainte de lui qu’elle instruit, c’est autour de Laurent Akoun de voir ses droits fondamentaux bafoués

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Georges Tai Benson : « Gbagbo est mon frère et je ne le renierai jamais même si je dois manger du sable. »

novembre 8, 2013 1 commentaire

En accordant une interview à l’homme de media Georges Tai Benson, Le Nouveau Réveil proche du PDCI s’attendait surement à le voir renier le président Gbagbo compte tenu de la galère qu’il traverse aujourd’hui. Mais l’homme est resté digne et sur ses positions. Dans cette interview, il donne une leçon de reconnaissance à tous ceux qui après avoir bénéficié des largesses du président Gbagbo le vouent aux gémonies. Simplement émouvant

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Monsieur  Georges  Taï  Benson, comment  vous  vous  sentez aujourd’hui ?

Je me sens mal, très très mal. Et je ne sais pas pourquoi. Je voudrais d’abord me présenter aux lecteurs. Je suis Taï Benson,  puisque  Georges  ne  figure pas  sur  mes  papiers  officiels,  parce que  je  suis  un  chrétien  de  dernière heure.  Taï,  c’est  mon  prénom  contrairement  à  ce  que  pensent  les  gens de l’Ouest, je ne suis pas de chez eux (rires). Je  suis  d’origine  ghanéenne, puisque  c’est  le  point  commun  des akan.  Mon  père  était  bijoutier  et  ma mère,  ménagère.  Je  suis  né  d’une fratrie  de  près  de  26  enfants.  Je  sais que mon père a eu 4 à 5 femmes dans sa  carrière  d’homme.  J’ai  grandi  à Grand-lahou auprès de ma grand-mère où j’ai fait le Cp1 au Cm2 de 1952 à 1958. Au collège, je n’ai fait que deux ans et je n’ai jamais mis mes pieds en classe de 5eme. Je vais mal parce que la  politique,  que  je  n’ai  jamais  faite, est  venue  détruire  ma  vie. Socialement,  je  me  porte  mal,  mais moralement, très bien. Je suis très fort.

L’histoire  de  la  Télévision  ivoirienne  se  confond  avec  le  nom  de Georges  Taï  Benson.  Quels  sont vos  rapports  avec  votre  ancienne maison?

Ecoutez, je souhaiterais être clair. Car si  c’est  pour  vous  parler  d’aujourd’hui, alors ça va être difficile, parce que je suis un Gbagbo môgô ; c’est-àdire des gens qu’on évite. Mais, mes rapports  avec  la  Télévision,  avec  la Rti ont très été  affectifs. Je suis entré à la Télévision le samedi 06 juin 1964, comme  on  le  dit  vulgairement,  je  ne connaissais pas encore. J’avais à peine 18 ans. Et j’en suis sorti très tard, la cinquantaine  passée.  Cela  veut  dire que  j’ai  passé  à  la  Télévision,  la majeure  partie  de  ma  vie  où  j’ai  eu tous les honneurs, mais aussi tous les tracas.  Figurez-vous  que  je  suis  d’un niveau  5ème.  C’est-à-dire,  quand  on parle  de  diplôme,  je  ne  peux  qu’exhiber  le  Cepe.  Mais  moi,  je  vous  ai toujours  dit,  jetez-moi  les  fleurs  de mon  vivant.  J’aime  les  fleurs  à  titre costume  qu’à  titre  posthume.  Pour cela, je me jette les fleurs moi-même, quand  on  ne  me  les  jette  pas.

Aujourd’hui, bien qu’étant de niveau 5ème,  je  peux  discuter  d’égal  à  égal avec beaucoup de personnes qui sont de  niveau  très  supérieur  que  moi. Mais, on ne m’a jamais payé que par rapport à ce diplôme.

Voulez-vous  dire  que  la  Rti  ne vous  a  pas  récompensé  par  rapport à ce que vous aviez fait ?

Non,  la  Rti  ne  peut  pas  me  récompenser outre mesure, parce que la Rti n’est  qu’une  branche  de  la  fonction publique, malheureusement pour moi.

C’est maintenant qu’il y a des Epn ou je ne sais trop quoi d’autres. Je dis que la  Rti  est  aveugle,  voire  sourde.  Elle ne voit que ce qu’elle a imprimé dans ses règlements. A la Rti, je n’ai jamais touché 350.000fcfa tout le temps que j’y  ai  passé,  sauf  lorsque  je  suis devenu conseiller du directeur général à  l’époque,  avec  une  indemnité  de 75.000fcfa. Je ne veux pas trop parler de cela, parce que j’aurais dû tempêter en son temps avec la grand aura que j’avais. Mais, ce n’était pas important pour  moi  jusqu’au  jour  où  je  devais payer  l’école  de  mon  enfant.  Puis, contrairement  à  ce  que  beaucoup pensent,  aucun  de  mes  enfants  n’a fréquenté  une  école  publique.

Egalement  aucun  de  mes  enfants  n’a eu  aucune  bourse,  aucune  prise  en charge  pour  l’extérieur  ou  quoi.  J’ai toujours  tenté  de  payer  pour  mes enfants,  les  écoles,  les  meilleures.  Je n’ai  jamais  pleurniché  pour  ça.  Et mon épouse s’est toujours battue pour nos enfants.

Mais, il y a tout de même eu vos moments  de  gloire  à  la  Rti  sous Houphouët et on devine aisément que vous aviez eu beaucoup d’argent à l’époque ?

(Rires)  c’est  vrai  qu’il  y  a  eu  une membre de la famille qui est venue se marier  à  moi.  Mais,  en  tant  qu’akan, ce n’est pas moi qui vais aller demander  quoi  que  ce  soit.  Je  ne  veux  pas trop m’étaler là-dessus. J’ai bénéficié du soutien du président. Quand je me suis marié, il nous a offert une maison.

Ecoutez-moi bien, quand j’emmenais les  artistes  à  Yamoussoukro  à l’époque,  (les  gens  que  je  vais  citer vivent encore) le président Houphouët m’appelait  des  fois  à  4  heures  du matin,  pour  me  dire  par  exemple « Benson,  prépare  le  spectacle  avec François  Lougah,  Allah  Thérèse, Aïcha Koné et bien d’autres ». Quand je reçois les consignes, je pars immédiatement  informer  mon  patron,  Ben Soumahoro. Cela me dérangeait souvent qu’il m’appelle au-lieu d’appeler mon  patron,  bref.  Sur  les  lieux,  je présente  le  spectacle  et  Abdoulaye Diallo se tenait à la descente du podium.  Quand  chaque  artiste  finit,  il reçoit un million de sa main. Et quand vient  mon  tour,  il  me  dit  :  « Tiens, Benson,  toi,  c’est  la  famille ».  C’est Monsieur  Zaher,  un  Libanais  qui  me donnait  10.000fcfa  pour  retourner  à Abidjan. Allez-y  comprendre et c’était presque comme ça tout le temps. Pendant  qu’on  loge  les  petites  secrétaires  qui  accompagnent  les  gens,  à l’hôtel  président,  on  nous  logeait  au Cafop. On dit beaucoup de choses sur Benson. C’est vrai, c’est une vedette, c’est normal. Mais, vous savez que les rumeurs  ont  ceci  de  tenace  et  je  suis en  train  de  boucler  mon  livre  là-dessus. Je ne suis pas de ceux qui ont eu  des  milliards  avec  Houphouët.  Le président  Houphouët  m’admirait beaucoup et je pense qu’il en a donné à  des  gens  et  cela  ne  m’est  pas  parvenu,  je  ne  sais  pas.  Non  plus,  je  ne suis pas de ceux qui vont pleurnicher pour  demander  telle  chose  ou  telle autre au président, jamais.

Etes-vous aujourd’hui un homme frustré ?

Non, je suis plutôt comblé par la réussite  que  j’ai  eue  dans  ma  profession. Je suis un peu étonné par le comportement  de  certaines  personnes  à  mon égard.  Frustré,  je  ne  connais  pas exactement  la  signification  du  mot, mais  je  me  pose  des  questions.  Et  je me  dis  aussi  que  j’aurai  pu  recevoir autre  chose  comme  récompense,  que ce que je reçois de la part de certaines personnes  qui  racontent  n’importe quoi sur moi. La rumeur est difficile à effacer,  à  éteindre.  C’est  pourquoi, nous devons faire très attention quand on parle. Il y a des choses qu’on peut rattraper, mais l’eau qui est versée, on ne  peut  plus  ramasser.  La  parole  est comme  cela,  ne  fois  qu’elle  est prononcée. Je ne suis pas frustré, mais je ne suis pas content. Je me dis qu’on aurait dit autre chose de moi et je me serais  peut-être  conduit  autrement. Vous  savez,  j’étais  trop  célèbre  et  je pense que je le suis encore.

Oui  mais  n’est-ce  pas  votre  attitude qui vous a mis dans cette situation.  D’aucun  diraient  même que  vous  viviez  au-dessus  de  vos moyens?

Vous  ne  me  connaissez  pas  je  pense bien. En tout cas, vous ne me connaissez pas. Je n’ai jamais habité une maison avec jardin. Je n’ai jamais eu une  4×4 rutilante, tout le monde me connait  à  Abidjan  ici.  Je  roule  toujours dans  les  petits  véhicules  d’occasion. Je  n’entretiens  pas  des  maîtresses  à outrance, je ne connais pas le goût du champagne, je ne fume pas. Je ne suis pas un bon vivant, encore moins vivre au-dessus  de  mes  moyens.  Je  vise plutôt au-dessus de mes moyens, mais pour assurer l’avenir de mes enfants. J’ai même tenté de les envoyer à l’extérieur à mes propres moyens cela n’a pas  abouti,  parce  que  je  n’ai  pas  eu l’argent nécessaire. Quand je vous dis que je n’ai jamais touché 350.000fcfa, croyez-moi, c’est la vérité. Je ne roule pas  carrosse,  donc  je  ne  vis  pas  au dessus de mes moyens.

Combien d’enfants avez-vous?

J’en ai six au total. Quatre d’un premier lit et deux d’un deuxième lit. Ce sont  mes  enfants  et  je  n’en  ai  pas honte. J’ai fauté vis-à vis de la loi ou je ne sais pas quoi ? Mais vis-à-vis de mon  cœur,  j’ai  six  enfants.  Georges Taï  Benson  a  côtoyé  tous  les  présidents, ça doit être beaucoup d’argent.

Mais, je m’en vais vous dire que je ne travaille pas avec les présidents pour de  l’argent.  Demandez  au  président Bédié, il vit encore. Combien de fois il m’a donné de l’argent ou même je suis allé à son bureau. Le président Bédié m’a aidé et terriblement  bien. Un jour où  je  devais  faire  venir  des  Sud Africains ici pour une manifestation et pour  un  problème  que  j’ai  eu,  je  ne devrais  plus  les  faire  venir.  C’est  là que  quelqu’un  m’a  conseillé  d’aller voir le président Bédié. Sincèrement, ce n’est pas quelqu’un que je fréquentais tous les matins. J’ai dû forcer pour y arriver. Il m’a reçu. Au final, il m’a donné  les  moyens  pour  aller  les chercher. Ils ont fait leur travail et sont retournés.  Je  n’oublierai  jamais  cela. J’ai  toujours  remercié  le  président Bédié  pour  cela.  Demandez  aux Abdoulaye Diallo, combien de fois ils m’ont  remis  de  l’argent  de  la  part d’Houphouët. Et pourtant, il y en a qui ont  des  compagnies  de  bateaux,  des sociétés  immobilières,  qui  sont  Pdg etc. j’ai été directeur à la télé, moi ?

Pourtant, tout le monde s’accordait à dire que j’étais le meilleur. Etant parent  d’Houphouët,  j’aurais  pu  être directeur de la télévision. Pour  moi,  quand  Ouégnin  m’appelle au  lendemain  d’un  journal  télévisé pour  me  transmettre  les  félicitations du  président,  ça  me  suffisait,  parce que j’étais fier de moi. Mais, il y a des confrères qui vont faire des interviews chez  Houphouët  et  profitent  pour  lui dire, Président, je suis mal logé. Pareil chez  Gbagbo  et  on  leur  donne  une maison, on leur donne 50 millions. Ils sont  là  et  se  reconnaitront  dans  mes propos.  Trop  de  choses  se  racontent sur moi, mais hélas, ça me glisse sur le dos.  On  m’accuse  d’avoir  fait  des bêtises.

Pensez-vous qu’on vous accuse à tort pour rien?

Des bêtises ! J’en ai fait plein, puisque j’ai trompé ma femme. Et puis, je ne suis  pas  un  saint,  sauf  que  je  ne  l’ai pas fait au niveau de mon service. Je n’ai  fait  que  de  grands  trucs,  de grandes  manifestations  qui,  parfois, m’ont rapporté du sou, comme il y en a qui m’ont coûté. J’ai même construit un  hôtel  par  les  soins  d’un  ami  ministre qui m’avait mis en contact avec un  operateur  expatrié.  Tout  de  suite, les  gens  ont  pensé  que  c’était Houphouët.

Que gardez-vous de votre collaboration  avec  le  président Houphouët durant tout ce temps ?

De  quoi  voulez-vous  parler  encore, d’argent ?  Si  oui,  c’est  que  Joseph Diomandé a dû gagner plein. Puisqu’il a  fait  mieux  que  moi  auprès d’Houphouët.  Et  pourtant,  c’est  moi qui  le  dépannais  des  fois  quand  il tombe  en  panne  sèche.  Pendant  ce temps,  il  s’achemine  vers  l’aéroport pour  couvrir  l’arrivée  d’Houphouët d’un voyage. Cher petit frère, je te dis toute la vérité. Nous n’étions que des employés et n’avions que nos salaires.

C’est au nom de la Rti que je suis toujours parti à Yamoussoukro et non parent  d’Houphouët.  D’ailleurs,  je  n’ai fait  que  marier  sa  petite  fille  et  non moi-même son parent. Quand il remet 20 millions à Aïcha Koné pour ses 20 ans  de  musique,  pensez-vous  qu’il m’en donne aussi ? 

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Je  voudrais  qu’on  revienne  sur votre  collaboration  avec  les  différents  présidents.  Après Houphouët,  aviez-vous  pratiqué le  président  Bédié ?  Le  connaissez-vous personnellement ?

Je ne le connais pas personnellement sauf  pendant  qu’il  était  ministre  de l’Economie et des finances et non en tant que président de la république. Ila été notre premier invité à l’émission fauteuil  blanc  que  je  réalisais  et  que Ben Soumahoro produisait et présentait.

Ben Soumahoro m’a demandé d’aller chez monsieur Bédié pour le coacher un  peu  en  audiovisuel,  lui  donner quelques  astuces  de  la  télévision. Dans ce cadre, j’ai été deux fois chez lui.  Nous  nous  sommes  vus  une  fois chez monsieur Henri Kouassi à table où  il  m’a  taquiné  un  soir.  Ce  que  je retiens de lui, c’est que très tôt, il s’est mis à la vie publique. Et je me plais toujours à dire que la Côte d’ivoire a certes  été  inspirée  par  le  président Félix Houphouët-Boigny mais la main qui  a  fabriqué  la  Côte  d’Ivoire,  c’est Henri  Konan  Bédié.  C’est  Henri Konan  Bédié  qui  a  su  choisir  ses hommes  en  les  envoyant  en  Europe, aux  Etats-Unis  se  former.  Qui  a  su imaginer  les  grandes  choses.  Oui,  le président Houphouët avait une grande équipe  et  le  président  Bédié  était  le chef  d’orchestre.  Mais  devenu  président, je ne peux pas le juger, ça non. Autrement, je ferai de la politique or j’ai dit que je n’ai aucunement la conviction politique. Et ça, je m’interdis bien  qu’aujourd’hui,  je  souffre  de cette  politique.  Mais  sur  le  plan  professionnel,  ministériel,  vraiment,  les choses que j’ai vues sous le président Bédié  :  les  Agripac,  les  Distripac  et Sodé,  c’était  formidable. Malheureusement,  il  a  été  trahi  par ceux qu’il a choisis à la tête des Sodé et je lui dirai quand j’en aurai l’occasion  un  jour.  Ils  se  sont  servis  plutôt que  de  servir  le  pays.  Le  président Bédié  était  un  visionnaire  comme Houphouët,  son  mentor.  Le  miracle ivoirien dont on parle tant, Bédié y est pour beaucoup et j’en parle dans tous les cercles.

Après  les  présidents  Houphouët, et Bédié, arrive Robert Guéï  C’est  de  triste  mémoire  (Ndlr  :  un soupire).  Mes  malheurs  ont  commencé  avec  le  coup  d’Etat.  C’est dommage, il ne vit plus parce que je n’aime  pas  parler  des  gens  en  disant leur  nom.  J’avais  mon  agence  Régie 12  qui,  à  un  moment,  était  mieux équipée  que  Tv2.  Comme  nul  n’est prophète  chez  soi.  Parfois,  l’on n’aimait  pas  ma  tête  dans  cette  maison. Je travaillais plus pour l’extérieur que  pour  mon  pays  quand  j’étais  à Régie 12. Je faisais des reportages à la frontière  du  Liberia  pour  Tv5  et  des télévisions  américaines  etc. Arrive  le coup  d’Etat.  L’on  m’appelle  un  jour pour  me  dire  que  le  président  Guéi veut me voir à l’Indenié chez lui. J’y vais. Il est très à l’heure, il descend. Il me demande ça va, petit frère ? Je dis, grand  frère,  ça  va.  Il  faut  que  tu regagnes l’équipe comme tu faisais les grandes  choses  pour  le  papa  afin qu’on  fasse  de  grands  trucs  comme Joseph Diomandé, Issa Sangaré. Moi, j’ai  peur  de  l’uniforme,  j’ai  peur  des coups  d’Etat  militaires,  j’ai  peur  des armes. Je lui ai dit sans penser à ma famille,  cela  me  gêne  un  peu,  vous êtes  des  militaires,  moi,  je  suis  un artiste.  Aujourd’hui,  en  culotte, demain en smoking, après demain en pantalon jean. Vous, vous n’aimez pas ça. Vous, c’est la rectitude militaire, je ne pourrai pas faire la discipline militaire. Je ne veux pas laver non plus les toilettes  au  camp  militaire.  Excusez moi grand frère ! Et il dit c’est dommage et m’a saluer. Je crois que c’était un mercredi. Le vendredi qui a suivi, je  n’étais  plus  rien.  Mon  agence  se situait derrière la Télé dans un immeuble qu’on appelait Jbg. Les gens disaient  que  c’était  mes  initiales  Jeune Benson  Georges.  J’arrive  le  matin  je vois plein de monde. Des militaires et tout. Je me suis dit que les gens-là sont là  encore.  Parce  que  c’est  par  là  ils passaient pour aller à la télé faire leurs exactions.  Mais  lorsque  je  suis approché,  je  me  suis  rendu  compte que  c’était  chez  nous.  J’arrive,  mon assistante,  mes  collaborateurs,  on  les bouscule jusqu’en voiture. J’arrive, on dit le voilà. Je n’avais pas encore garé ma  voiture,  le  temps  d’ouvrir  ma voiture, les coups de cross tombaient sur moi. Ils ont tout pris. J’avais une Chrysler  à  l’époque  pour  faire  mes reportages. J’avais deux millions pour payer le personnel et un petit matériel. « C’est Bédié qui lui a donné ça. C’est Bédié qui lui a donné ça. Prenez ». Ils ont  tous  embarqué  dans  ma  voiture Chrysler au volant de laquelle se trouvait  un  militaire  qui  ne  sait  pas  conduire ma voiture. Ils ont molesté mon assistante et mon collaborateur. Déjà, à  cette  époque,  j’ai  commencé  mes malheurs  .Et  je  marchais  de  Cocody au  Plateau  pour  chercher  du  travail

Moi Benson Georges, quand je m’assoies devant quelqu’un pour dire que je cherche du travail, l’on ne me croit pas.

Et pourquoi?

Même aujourd’hui, demander du travail, je ne veux pas être directeur ou sous directeur. J’ai des idées de communication à vendre. Mais l’on ne te croit  pas  parce  que  tu  es    « gbagbo mogo ». Mais à l’époque, quand tu dis que  tu  cherches  du  boulot,  on  dit  toi aussi. C’est comme cela que les gens font et puis les gens meurent de faim dans  une  cuisine.  C’est  comme  cela que je marchais de Cocody au Plateau ayant  tout  perdu.  Il  parait  que  c’est une femme blanche qui m’a récupéré pour  m’amener  à  la  pharmacie  des Arts pour me donner du magnésium

Avec Laurent  Gbagbo,  vos  malheurs  ont  cessé  puisse  que  vous atterrissez à la présidence

C’est  dans  cette  atmosphère  sans emploi,  sans  ressource,  le  courant coupé  à  la  maison.  Un  jour,  j’étais dans la voiture d’une amie puis mon téléphone  sonne,  on  m’avance l’épisode  d’un  événement  dans  ma famille. Je n’avais pas d’argent. Là où je  pensais  qu’on  en  trouvait  comme vous  dites  que  je  suis  avec  tous  les présidents, j’ai pris plein d’argent. Je vais  essayer  de  trouver  de  l’argent pour  cet  événement,  mariage.  J’entre au  Pdci-Rda,  je  ressors  avec  62  000 Fcfa parce  que  j’ai  l’habitude  de  ces gens-là  pour  qui  j’ai  travaillé,  je  me dis qu’ils vont se rappeler ce que j’ai bien  pu  faire.  J’entre  dans  le  Pdci  je ressors avec 62000 Fcfa que me donne M.  Tiapani.  Mais  pourquoi  il  me donne  ça.  Parce  que  j’avais  travaillé pour  lui  à  une  époque  pas  pour  lui mais pour son ministère. Il me devait de  l’argent.  Je  suis  sorti  avec  62000 Fcfa.  Et  j’ai  porté  ma  croix.  Ils  ont renvoyé  ma  fille  de  l’école  Mermoz parce que je ne pouvais pas payer l’école.

J’étais dans une voiture et mon téléphone  sonne.  C’était  le  président Gbagbo qui me demande pourquoi je fais  ça.  Je  dis  que  nous  sommes  des amis  d’enfance.  Même  quand  je m’opposais à ton propre grand père, tu n’as jamais de propos déplacés à mon encontre. Il me dit « viens me voir ». Je brûle tous les feux rouges possibles et  j’arrive  chez  lui  à  domicile.  Et  il propose un poste de chargé de mission

Et vous ne refusez pas le poste que vous propose l’adversaire de votre « père » ?

Ah, petit frère, dans la situation ou j’étais, un président de la République te dit  « viens  travailler  avec  moi »  je  ne vois  pas  un  seul  Ivoirien,  à  part  les militants extrémistes d’un parti, qui va refuser sur le champ. Je saute sur l’occasion  parce  que  sur  le  champ,  il appelle sa secrétaire pour qu’on réinscrive  ma  fille  à  ma  Mermoz.  Sur  le champ,  il  me  propose  un  poste  de chargé de mission mais sur le champ aussi,  je  lui  dis  « Atto »  je  n’animerai jamais  un  meeting  du  Fpi  et  je  ne ferais  jamais  partie  du  Fpi.  Il  dit  en présence  de  Monsieur  Amédée Couassi Blé que « je ne t’ai pas appelé pour ça. Je t’ai appelé pour te donner un salaire parce que les gens m’ont dit que  tu marches de Cocody au Plateau. On  m’a  dit  que  tu  mendies  et  je  ne veux  pas  que  les  hommes  célèbres tendent la main. C’est pour cela que je t’ai appelé pour te donner un bureau et un salaire. Je ne veux pas te demander de devenir Fpi ou d’animer un meeting. Le jour où j’apprends que tu es en train  de  remplir  un  document  pour devenir  Fpi  on  se  sépare ».  Très  clair en présence de M. Amédé Couassi.

Et je  suis  le  seul  certainement  peut-être qu’il  en  a  eu  avant  moi  pour  qui  ce monsieur s’est déplacé pour venir voir mon  bureau.  Et  il  dit  « j’ai  dit  de  lui donner un grand bureau » J’ai dit non que c’est  moi  qui  choisi  ce  bureau.  Pour ceux  qui  sont  venus  me  voir  à  cette époque au palais, j’avais le plus petit bureau au bâtiment des conseillers au 3e  étage  sans  ascenseur.  Un  petit bureau  peut-être  même  de  douze mètres  carrés.  Pendant  tout  le  temps où je suis resté dans cette fonction, je n’ai  travaillé  que  deux  fois  pour  le président. Quand le secrétaire général des  Nations  unies  est  arrivé,  j’ai  travaillé pour lui et son épouse. Le président  recevait  le  secrétaire  général donc  j’ai  fait  l’animation.  Madame recevait  l’épouse  de  Ban  Ki  Moon,

j’ai  pris  les  artistes  de l’Ina  (Ndrl  : Institut  national  des  arts)  nous  avons joué  des  musiques  coréennes,  elles étaient  très  contentes.  J’ai  travaillé une  troisième  fois  pour  madame  à l’occasion  d’un  concours  artistique sur  la  réconciliation  où  j’ai  fait  faire des  monuments…  ce  sont  les  seules fois  où  j’ai  travaillé  pour  eux.  Mais nous avons été très clairs au départ. Il m’a engagé pour me relever du point de vue de mon honorabilité et  me donner un salaire. Je lui ai dit que je n’animerais  pas  un  meeting  du  Fpi.

De mémoire d’homme politique, il y a un ou deux meetings que j’ai animés et il y a un seul où j’ai été très actif. Ce n’était  pas  pour  animer.  On  m’avait invité,  j’étais  assis  et  un  jour  je  me suis  plaint  sur  l’embargo  sur  les médicaments. Je suis allé à l’hôpital et j’ai vu la détresse des gens. Et je suis venu crier cette détresse pour dire que je  n’étais  venu  ni  pour  Ouattara  ni pour  Gbagbo  mais  j’étais  là  pour  la Côte d’Ivoire. Et j’ai dit que c’était le moment et je risquais de porter plainte contre  celui  qui  a  pris  cette  décision parce que dans toutes les vraies guerres, il y a des couloirs de Croix rouge, des couloirs humanitaires. Mais vous savez, quand on veut noyer son chien on l’accuse de rage. On oublie ce qu’il a fait de bien. La personne dit que je ne  suis  ni  pour  Gbagbo  ni  pour Ouattara ou bien on dit  il a assisté au meeting de Blé Goudé…

C’est  ce  que  l’on  dit,  que  vous avez  assisté  au  meeting  de  Blé Goudé, que vous le coachez et que Gbagbo est votre ami au-delà du conseiller simple que vous étiez ?

(Ndlr :  il  hausse  le  ton)  Ah  non, Gbagbo n’est pas mon ami, il est mon frère. Ah non, je ne renierai pas et je ne renierai jamais Monsieur Gbagbo, il n’est pas mon ami, c’est un frère. Je te prie d’écrire cela en lettres majuscules.

Qu’est-ce qui vous a marqué chez ce Monsieur ?

Chez qui ?

Chez Gbagbo.

Sa fidélité à l’amitié, à la fraternité

Vous  qui  sortez  du  Pdci  vous n’avez  pas  connu  ces  qualités chez un membre de ce parti?

Ah, je ne suis pas Pdci. Je ne sors pas du  Pdci.  J’ai  servi  le  Pdci  en  tant qu’employé. Le Pdci me l’a fait bien comprendre  parce  qu’on  ne  m’a jamais  mis  dans  un  organe  du  Pdci. Nous avons eu en stage la formation de certaines personnes qui ont été très vite  coachées.  Bureau  politique, comité directeur, des jeunes à la radio, à  la  télé.  Je  ne  veux  pas  citer  des noms. Mais moi Benson, l’on ne m’a jamais coaché.

Est-ce  que  vous  avez  cherché  à comprendre ?

Mais pourquoi je vais chercher à comprendre ?  Cela  ne  m’intéresse  pas.  Ce qui m’aurait intéressé, c’est qu’on me nomme directeur général de la Rti ou directeur  de  la  Télévision.  Mais  cela n’a jamais été fait. Je ne suis pas un quémandeur.  Aujourd’hui,  je  suis obligé  de  mendier,  de  quémander. Mais je n’ai jamais été quelqu’un qui demande les postes. Il y a des jeunes qui  ont  été  directeurs  généraux, directeurs…

Et  aujourd’hui,  comment  vous vivez, vous quémandez, où vivez-vous,  comment  vous  passez  vos journées ?

Tu  me  trouves  dans  un  espace  de bureau et tu vois la pile de papiers. Je crée.  Je  continue  de  créer  mes  émissions le temps que quelqu’un se dise qu’il a besoin de Benson. Aujourd’hui je vis misérablement à Yopougon.

Est-ce  que  vous  avez  cherché  à rencontrer  le  président  Ouattara ?

Pourquoi ?  Moi,  on  m’a  toujours appelé. Je n’ai jamais demandé. Et je suis désolé, on m’a toujours appelé. Je n’ai  jamais demandé à rencontrer  les  présidents Houphouët, Bedié, Guéi ; Gbagbo et je ne demanderai jamais à rencontrer quelqu’un. Jamais ! J’ai écrit des lettres où je me suis humilié à cette époque (sous Ouattara). Quand  j’ai  eu  mon  accident  en  mission, j’ai eu un problème de bras, j’ai écrit qu’on me dédommage, qu’on me soigne comme l’avait promis le président Gbagbo. Je me suis humilié dans ces courriers-là. Humilié, je vous dis petit  frère.  J’ai  regretté  après  parce que je pensais rencontrer de l’humanisme,  de  la  compréhension.  J’ai  rencontré  certaines  personnes  qui  m’ont écouté  et  puis  rien.  J’en  ai  rencontré une  qui  a  été  sincère  avec  moi  et  je remercie cette personne que je considère toujours comme un frère. Mais il m’a mis des choses dans mes oreilles, il m’a traité de collabo et de traitre. Tu es un collabo, tu es un traitre « tu sais ce qu’ils ont fait aux femmes qui ont eu  des  relations  sexuelles  avec  les Allemands pendant la guerre. On les a rasées et on les a mises nues. Et on les a  promenées  dans  le  village.  Les hommes, on leur a mis une balle dans la  tête.  Je  te  regarde,  je  ne  sais  pas quoi te faire  » Il m’a traité de collabo dans  son  bureau,  il  m’a  insulté.  « Toi Benson, tu es une icône, le président t’aime beaucoup. Mais tu as refusé de venir au Golf. Tu  es resté avec l’adversaire. Tant que nous serons là, toi Benson, tu n’auras rien. Nous sommes là pour longtemps ».  Je cherche un pays où aller pour finir ma vie parce que je sais que je n’aurai rien dans mon pays. Je suis né le vendredi  25  janvier  1946  à  Treichville.

Les seules fois où je suis sorti de mon pays,  c’était  pour  aller  apprendre  le métier ou aller en reportage. Mes parents sont originaires du Ghana. Je ne m’en cache pas. Je ne connais pas le Ghana. J’y suis allé pour jouer au volley-ball. Je ne connais que la Côte d’ Ivoire.

Vous  n’êtes  pas  Pdci,  vous  êtes peut-être Fpi ?

Je  suis  Georges  Benson,  réalisateur producteur  de  télévision.  Je  n’ai jamais payé une carte d’un parti politique  et  je  n’en  prendrai  jamais.  J’ai travaillé pour le Pdci en tant que technicien de l’animation de la télévision.

Quant à Joseph Diomandé, je ne pense pas  qu’il  ait  pris  une  carte  du  Pdci. Quand arrive le congrès du Pdci, nous nous  mettons  tout  naturellement  à  la disposition  du  parti  et  avec  l’Etat parce que c’était le parti unique. L’on coupait  nos  cotisations  à  la  source sans  notre  avis.  Voici  pourquoi  nous étions  Pdci.  Quand  vous  nous  voyez animer les meetings du Pdci, c’était au titre  de  la  Fonction  publique.  Je  suis allé  à  la  Présidence  pas  au  nom  du Fpi.

Est-ce  que  vous  regrettez  de n’avoir pas été au Golf ?

Non. Je ne regrette pas. Je vais vous expliquer.  Je  n’ai  pas  de  conviction politique. J’ai servi les présidents qui étaient sur le trône. Parti unique, nous sommes  obligés.  Ton  directeur  te  dit que tu vas au congrés du Pdci à la fin du congrès, tu seras l’animateur de la soirée.  Tu  vas  dire  quoi ?  Les  gens font  la  confusion.  Comme  ce  monsieur  qui  m’a  agressé  au  maquis Aboussousan après le dernier congrès. Comme  d’habitude,  je  déjeunais  à l’Aboussouan comme tous les samedis et ils sont venus, ils ont dit : voilà les traitres.  Je  l’ai  bien  lavé  et  je  lui  ai expliqué  qui  j’étais.  Vous  pouvez demander à Fologo si j’ai été coopté comme ils l’on le fait pour les jeunes du Bureau  politique,  Grand  conseil  etc.

Ma  fille  aînée  dit  un  jour,  même Grand conseil où il y a 2 millions de personnes,  tu  n’es  pas  dedans  aussi. Une fois, j’ai appelé Fologo pour dire que  voici  ce  qui  m’arrive.  Il  m’a  dit qu’il y a une liste additive, il faut voir Ehui Bernard. Et j’ai appelé Ehui pour dire, vous aussi, vous allez me mettre sur  une  liste  additive.  Donc  voici  le malentendu.  Vive  le  Pdci,  vive Houphouët ! C’était  au  titre  de  la Fonction publique. Je n’ai jamais participé  à  une  section  de  quartier.  J’ai fait plus pour le Pdci que ceux qui se disent  vrais  militants.  J’ai  fait  beaucoup surtout pour les candidats Pdci.

Comment  jugez-vous  l’environnement  politique  aujourd’hui  en Côte d’Ivoire?

Quels  conseils  je  vais  donner  à  des gens  qui  sont  Agrégés,  Phd ?

Lorsqu’on  parle  de  réconciliation,  il faut  qu’on  se  présente  en  réconciliateur.  Qu’on  crée  l’environnement  de la réconciliation. Parce que les propos que  j’ai  entendus  de  ce  monsieur, « tant qu’on sera là, tu n’es pas venu au Golf » ne sont pas des propos de réconciliation. Mais je dis merci à ce monsieur parce que je sais ce à quoi je dois m’attendre. Désarmons nos cœurs. La vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain.  Beaucoup  d’Ivoiriens  n’ont pas la culture des armes. Nous avons eu  peur  des  armes  parce  que  nous n’avons pas cette culture. Faisons en sorte  que  plus  personne  n’ait  accès aux armes. Acceptons même les pires « ennemis ».  Faisons  honte  à  l’adversaire en le recevant. Prions que ceux qui sont croyants disent que si l’on te gifle il faut tendre l’autre joue. Il faut pardonner.  L’on  sait  que  c’est  toi  le vainqueur et si tu appelles l’autre, cela te  grandit.  L’environnement  est  très difficile.  Les  gens  vivent  difficilement. Les gens, souvent dans les taxis ils se  plaignent.  Surtout  faites  attention ils sont plein d’espions, ne parlez pas trop. Des gens sont venus trouver un  trou.  Laissez-les  mettre  le  trou  à niveau.  Prenons  le  temps.  Parfois  je suis très critique avec le régime parce que je suis dans ce pays mais au total pardonnons-nous.  La  femme  qui voulait  m’engager  pour  faire  l’anniversaire  du  Pdci,  je  lui  ai  dit,  on vous dit de ne pas travailler avec moi. Elle a dit oui car les gens lui ont dit que  j’ai  travaillé  avec  Gbagbo.  Mais c’est quel crime. Je dis la vérité dans « Le  Nouveau  Réveil »,  c’est  quel crime de travailler avec Gbagbo ? Vu m’avez-vous  avec  un  fusil,  avec  un tank, avec une orgue de Staline ? Vous m’avez vu dans un meeting ? Mais si nous  devons  dire  des  choses  nous devons  crever  l’abcès.  Gbagbo  est mon  frère  et  je  ne  le  renierai  jamais même  si  je  dois  manger  du  sable. 

Mais en même temps au Fpi, au Pdci, au Rdr, j’ai des amis mais on ne m’a jamais  accepté  vraiment.  Au  palais, quelqu’un était venu et les gens l’ont pris pour un traitre qui a mangé avec ceux  qui  les  ont  frappés  avant.  Et Gbagbo n’a pas apprécié et il dit qu’il ne voulait plus entendre cela. Dans un chapitre de mon livre, j’ai mis GTB, une erreur nationale.

N’y  a-t-il  pas  un  sort  qui  vous suit?

Peut être que je n’ai pas fait les gestes qu’il  fallait  pendant  un  moment. C’est-à-dire  tendre  la  main. Aujourd’hui, je suis obligé de le faire pour  assurer  le  quotidien,  je  suis obligé. Moi, je suis un battant.

Est-ce qu’aujourd’hui, vous avez un  compte.  Combien  avez-vous dans le compte si ce n’est pas un secret ?

Je n’ai pas de compte. Et je n’ai rien. J’avais un à la Cnce mais il est vide

Interview réalisée par Patrice Yao et Dieusmonde Tadé

Coll :Coulibaly Foumséké

Nouveau Reveil du 07 Novembre 2013

Ouattara Gnonzié met fin à son exil au Ghana

novembre 5, 2013 3 commentaires

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DECLARATION DE PRESSE

 

J’ai pris la décision de regagner, dans les prochains jours, la Côte d’Ivoire, mon pays, après 2 ans et 6 mois d’exil au Ghana.

En effet, le 16 Avril 2011, j’ai été contraint de quitter Abidjan devenue une nécropole à ciel ouvert, dans un environnement de violence et de haine mortifères.

Je n’avais d’autres choix que de m’expatrier, d’autant que ma personne était visée par des agressions de toutes natures.

Ma résidence a été totalement et intégralement pillée et saccagée.

J’ai été traqué, poursuivi et menacé de mort (messages téléphoniques et électroniques).

Pour sauvegarder l’intégrité physique, j’ai observé le seul et unique impératif qui s’imposait. Celui de trouver ailleurs un abri et un espace sécurisés, totalement expurgés d’actes de violence, de règlements de comptes et de négation des règles de droit et de dignité humaine.

C’est dans ces conditions que le Ghana voisin a ouvert les bras à des dizaines de milliers de naufragés de la crise post électorale de Cote d’Ivoire. L’histoire et le peuple ivoirien sauront gré aux populations ghanèennes et à leurs dirigeants pour leur hospitalité salvatrice.

Cinq mois après l’exode massif des ivoiriens, en Août 2011, les nouvelles autorités lançaient un appel invitant les réfugiés à regagner le pays.

J’ai répondu, par voie de presse, que le meilleur argument pour convaincre, était la remise en liberté des prisonniers politiques.

J’observe, depuis quelques mois, qu’une frange de personnalités politiques incarcérées fait l’objet d’un élargissement, sous forme de liberté provisoire.

Je note, avec un intérêt  tout particulier, au nombre des bénéficiaires, la présence du  Premier Ministre AKE N’Gbo, qui a conduit le dernier gouvernement du Président Laurent GBAGBO, et plusieurs membres de son équipe à laquelle j’ai moi-même appartenu.

Cette initiative et bien d’autres, m’apparaissent comme autant de prémisses d’une volonté visant à restaurer un paysage socio politique apaisé, avec la

 sérénité et le discernement indispensables pour l’avènement d’une Côte d’Ivoire véritablement réconciliée que tous nos concitoyens appellent de leur vœux.

C’est dans ce contexte et cette perspective que je retourne au pays pour prendre part aux côtés de ceux et celles de nos compatriotes qui oeuvrent au raffermissement du  tissu social quasi atomisé, et à l’édification d’une nation de progrès respectueuse des règles de droit et de liberté, en conformité avec notre loi fondamentale.

Je n’ignore pas les critiques et les analyses, d’acteurs et d’observateurs de la vie politique ivoirienne, qui relèvent des insuffisances dans le processus de  normalisation et réclament davantage de cohérence, de lisibilité et de sincérité de la part des principaux initiateurs de la décrispation politique en Côte d’Ivoire.

La diversité des critiques et des postures démontrent éloquemment la nécessité de l’incontournable concertation indispensable entre tous les acteurs politiques, ainsi que les leaders d’opinions. Surtout lorsque l’intérêt de la nation est aussi fortement compromis comme c’est le cas depuis bientôt trois ans.

En effet peut-on, raisonnablement, croire, un seul instant, qu’un seul individu, ou un seul groupe, un seul camp, ait la capacité d’en finir tout seul avec la crise ivoirienne qui se complexifie, au fil des années, pour devenir à la fois politique, militaire, économique, sociale, sociologique et culturelle.

La longue durée de la crise ivoirienne et le décryptage qui en découle donnent, me semble-t-il, à tirer des leçons qui résonnent comme autant d’évidences basiques et de postulats opposables à tous les acteurs politiques.

Dans la foule d’évidences que l’on peut imaginer, j’en relève principalement trois.

Première évidence : La Côte d’Ivoire, aujourd’hui, nul n’en doute, est une grande malade. Dans cet état de dégénérescence avancée, la chaleur de l’union et du rassemblement de tous ses enfants lui est indispensable pour son rétablissement entier et durable. Tous ses enfants. Sans exclusion et sans exclusive.

Deuxième évidence : Pour reconstituer le puzzle de la nation ivoirienne brisée, une réconciliation sincère et fondamentalement inclusive ne peut être l’objet de   quelque esquive. C’est pourquoi, les chapelles de toutes obédiences devraient se convaincre que les forums recommandés pour entreprendre cette réconciliation tant attendue ne peuvent être ni les prisons, ni les camps de réfugiés.

Troisième évidence : La Côte d’Ivoire de nos rêves ne peut se bâtir avec des hommes et des femmes qui sèment la haine à tous vents et instaurent de ce fait dans le pays une culture et un climat de violence et d’intolérance politiques, ainsi qu’une négation de la dignité humaine. L’invalidation de l’usage des armes, de la force, de la violence et de l’arbitraire dans l’arène et le champ politiques  conférera au pays un surcroit de gains en termes de paix, de cohésion sociale, de progrès et de démocratie.

Pour ma part, je rentre en Côte d’Ivoire sans le moindre ressentiment à l’égard de quiconque. Durant mon exil, j’ai découvert la vie et l’œuvre philosophique de Martin Luther KING .. De celles-ci  me revient, en permanence et en boucle, comme un hymne et une exhortation à la tolérance, une phrase : « En ce qui me concerne, j’ai retenu l’amour, parce que la haine est un fardeau trop lourd à supporter ».

 

Fait à Accra le 4 Novembre 2013

 

Le Ministre OUATTARA GNONZIE

Secrétaire Général du Rassemblement pour la Paix 

Le Progrès et le Partage (RPP)

 

1 – Ancien Ministre de la Communication (Déc 2010-11 Avril 2011)

2 – Ancien Membre du Conseil Economique et Social (2001-Déc 2010)

3 – Ancien Conseiller Spécial du Président de la République Chargé de la Communication (Fév 2000-Oct 2000),

4 – Ancien Directeur Général de la Radio Diffusion Télévision Ivoirienne (RTI) (Avril 1994-Déc 1999),

5 – Ancien Président Directeur Général de la RTI (Mars 1993-Avril 1994)

6 – Ancien Directeur Central de la Radiodiffusion Ivoirienne (Fév 1991-Mars 1993),

7 – Ancien Directeur de l’Information Radiodiffusée (Avril 1987-Fév 1991)

8 – Ancien Rédacteur en Chef de la Radiodiffusion Ivoirienne (1982-Avril 1987).

 

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STÉPHANE KIPRE A LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE : « N’AYEZ PAS PEUR DE LIBÉRER LAURENT GBAGBO. »

novembre 4, 2013 1 commentaire

Stéphane Kipré, président de l’Union des Nouvelles Génération(UNG) était ce samedi 2 Novembre 2013 à paris pour procéder à la présentation de la délégation Europe de son parti dirigé par Arsène Touho. Silencieux depuis plusieurs mois,

il a profitéImage de la tribune offerte pour réaffirmer sa position sur l’actualité ivoirienne. Ci-dessous un extrait de son allocution dont l’intégralité peut être consulté en vidéo sur Youtube.

Chaque combat a son heure et chaque heure a son combattant. Et nous sommes a l’heure du président Laurent Gbagbo. Nous devons donc tous faire bloc derrière lui.
Nous avons aujourd’hui un combat, une vision. Et pour qu’il y ait un combat, il faut un homme qui a une vision. Ce n’est que lorsque le combat de Nelson Mandela a abouti que nous avons eu Thabo Mbeki ou Jacob Zuma.  Barack Obama n’existe que par ce qu’il y a eu le combat de martin Luther King.

 

Aujourd’hui nous sommes dans le combat de Laurent Gbagbo. Quand le combat de Laurent Gbagbo finira, chacun pourra se donner à son ambition. Et j’aimerais que vous sachiez que L’UNG n’a qu’une seule ligne: la libération  de la  Côte d’Ivoire avec Laurent Gbagbo.

Pour moi, la politique est un marathon, pas une course de vitesse. On ne vient pas à la politique quand on est pressé et qu’on veut juste se faire un nom. Personne ne doit se cacher derrière Laurent Gbagbo pour essayer d’imposer son avenir, son devenir. Laurent Gbagbo ne doit pas être le prétexte des ambitions des uns et des autres. Si vous voulez inscrire votre nom dans l’histoire de la Côte d’Ivoire, suivez sincèrement Laurent Gbagbo.

J’entends certains parler de 2015 et des élections alors que Laurent Gbagbo est en prison.

Le débat des élections de 2015 n’est pas d’actualité, ce n’est pas a l’ordre du jour.

M. Ouattara vous parle de 2015 pour éviter les vraies questions.

On parle de 2015 pour cacher les carences du pouvoir.

On nous parle de 2015 pour éviter la question de la cherté de la vie.

On nous parle de 2015 pour ne pas parler du panier de la ménagère ivoirienne devenu un sachet percé.

On nous parle de 2015 pour ne pas évoquer les promesses non tenues car intenables du pouvoir.

En effet ou sont passés les milliards promis aux ivoiriens, où sont passés les millions d’emplois promis en 5 ans, où sont les fameuses solutions aux maux ivoiriens ?

La solution est devenu dislocation de la cohésion sociale, elle est devenue désarticulation de l’économie ivoirienne, elle est devenue dissolution

Ne vous y trompez pas, l’actualité ce n’est pas 2015, l’actualité c’est la libération de Laurent Gbagbo.

On nous parle de réconciliation et cela est nécessaire. Mais qu’allons nous dire aux parents de Désiré Tagro pour qu’ils se réconcilient ? Qu’allons-nous dire aux parents de Bohoun Bouabre?
Comment se réconcilier avec Simone Gbagbo et Blé Goude en prison? Comment se réconcilier alors que plusieurs centaines d’ivoiriens dont Etienne N’guessan sont emprisonnés pour raisons politiques.

Comment se réconcilier avec plus des milliers d’ivoiriens sont en exil ?

C’est pour cela que L’Ung soutien la proposition du FPI de la nécessité de mettre en place les états généraux de la république. Il faut que les responsabilités soient situées. Il faut ces états généraux de la République pour connaitre les responsabilités de chacun et que les ivoiriens se retrouvent.
Poser le cas des prisonniers politiques n’est pas un préalable, c’est une condition nécessaire à la réconciliation. Cette réconciliation sincère que nous souhaitons tous.

 

 

 

Ils ont bombardé Laurent Gbagbo, ils l’ont déporté à la Haye, mais  ils se rendent comptent qu’ils ont besoin de lui pour la réconciliation. Ils se rendent compte qu’il est le vecteur indispensable pour la réconciliation en Côte d’Ivoire. Vous avez agressé le médecin mais il est tenu par le serment d’Hippocrate et il pardonnera car la Côte d’Ivoire a besoin d’être soignée.

J’aimerai dire à la communauté internationale, à l’union européenne, à la France : « n’ayez pas peur de libérer Laurent Gbagbo ». Laurent Gbagbo n’a qu’un seul intérêt: Son pays  la Côte d’Ivoire,
La Côte d’Ivoire a besoin de retrouver sa cohésion sociale

Et la libération de Laurent Gbagbo est cet acte qui peut apaiser le cœur des ivoiriens.

Que dieu bénisse la cote d’ivoire.

Que dieu vous bénisse,

C’est dieu qui est fort

LAMOUSSA DIABATÉ, CHEF DES DOZOS DE TOUMODI: nos patrons sont Chérif Ousmane et Koné Zakaria

octobre 21, 2013 8 commentaires

 

 

Sous Ouattara, la Côte d’Ivoire est elle encore une République

LAMOUSSA DIABATÉ, CHEF DES DOZOS DE TOUMODI :

Le gouvernement a donné un ordre. Mais nous, les dozos, nos patrons sont Chérif Ousmane et Koné Zakaria

Capture

«NOUS ATTENDONS L’ORDRE DU CDT KONÉ ZAKARIA»

Sommés par le ministre-délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, de ne plus se mêler aux opérations de sécurisation des biens et des personnes, les dozos, par la voix du président de la Confrérie des dozos de Côte d’Ivoire (Codoci), section de Toumodi) ont soutenu, lundi à la salle de réunion de la préfecture de Toumodi, qu’ils attendent les instructions fermes du commandant Koné Zakaria.

Comment réagissez-vous, face aux accusations selon lesquelles des dozos (chasseurs traditionnels) seraient les auteurs des attaques contre les gendarmes et les policiers, à Yamoussoukro?
Pour nous, c’est un faux problème. Les gens qui portent les habits de dozo pour attaquer, ne sont rien d’autres que des bandits qui auraient pu s’habiller en treillis militaire, pour agresser les gens. Si le bandit a porté une tenue de la gendarmerie, dira-t-on que ce sont des gendarmes qui ont attaqué ? Si le malfrat porte une tenue des Frci (Forces républicaines de Côte d’Ivoire, ndlr) pour semer le trouble, dira-t-on aussi que ce sont les militaires qui ont agressé ? Dans tous les corps de métier, il existe des brebis galeuses. Nous condamnons fermement les attaques contre les gendarmes de Yamoussoukro parce que la discipline existe au sein de la confrérie dozo. Nous prêtons serment dans la forêt sacrée. Un dozo qui ne respecte pas la loi, s’expose à des sanctions qui peuvent aller jusqu’au châtiment ultime.

Que faites-vous pour assainir vos rangs?
Nous avons des réunions mensuelles à Abidjan avec le colonel Touré, le président de notre organisation. En ce moment, il y a un grand rassemblement de dozos qui se tient à Kani. Nous avons des spécialistes à San Pedro. Ils sont chargés de rechercher et de rattraper les bandits de grand chemin et autres criminels. A Toumodi, vous l’avez certainement appris, nous avons pris en main la question de l’insécurité. Certes, il existe la police, la gendarmerie et les sociétés de gardiennage, mais les attaques de domiciles étaient récurrentes. Face à cette situation, il fallait réagir. Nous avons mis en place une unité d’élite de dozos pour traquer les bandits. Nous avons mené des opérations pour neutraliser ces gangsters. Il existait un célèbre malfrat du nom de « l’homme à la kalach ». Il semait la terreur dans la ville; les gendarmes n’ont pas pu le maîtriser.
Nous l’avons appréhendé ; il a été jugé et condamné par le tribunal de Toumodi. Il a écopé de vingt ans de prison

On a l’impression que vous avez engagé un bras de fer avec les forces de l’ordre.
Il n’y a jamais eu de bras de fer. Le commandant Koné Zakaria est un dozo. Il est l’un de nos patrons. Nous exécutons ses ordres. Le commandant Chérif Ousmane est aussi un dozo; nous obéissons à ses instructions. Dans l’armée, c’est la discipline. Dans la confrérie des dozos, c’est aussi la discipline. Ce qui s’est passé à Yamoussoukro est condamnable. Dans tout corps, il y a des brebis galeuses. Il y a des gens qui ne sont pas de la confrérie. Ils attaquent les forces de l’ordre. Ce qui n’est pas normal. Il faut respecter la loi. Le Président Alassane Ouattara nous a dit que la guerre est finie et qu’on doit se respecter. La justice est là. Les forces de l’ordre sont présentes. Nous les respectons. Nous travaillons en symbiose. Elles nous sollicitent régulièrement pour intervenir, lorsque des coupeurs de route sont en train d’opérer. Nous intervenons pour aider les forces régulières dans leur mission de sécurisation des personnes et des biens. Le gouvernement a lancé l’opération de recensement des dozos. A la fin de cette action, chaque dozo aura une carte attestant sa qualité. Il y a les dozos un peu partout : en Sierra-Léone, au Burkina Faso, au Mali, en Guinée. Ici, on ne sait pas qui est qui. Donc, cette opération d’identification est la bienvenue.

Combien de dozos avez-vous déjà recensé à Toumodi?
Nous avons 130 éléments. Il existe un registre dans lequel nous enregistrons toutes les informations. Il s’agit du nom et de la photo d’identité de l’élément. Le colonel Touré, les commandants Koné Zakaria et Chérif Ousmane sont mes patrons. Il suffit qu’ils disent: « les dozos, on ne veut plus vous voir, alors nous allons exécuter l’ordre ». Nous attendons l’ordre du commandant Koné Zakaria. Le gouvernement a donné un ordre. Mais nous, les dozos, avons des patrons dont les commandants Chérif Ousmane et Koné Zakaria. Nous attendons l’ordre de nos patrons. S’ils nous disent de quitter le terrain, alors nous allons exécuter à la lettre les instructions.

Réalisé par Ouattara Moussa, envoyé spécial à Toumodi

http://www.nordsudquotidien.com/lamoussa-diabate-chef-des-dozos-de-toumodi-nous-attendons-lordre-du-cdt-kone-zakaria/

 

Affaire CPI– Laurent Gbagbo : LES ENJEUX DE L’AUDIENCE du 9 octobre 2013

octobre 7, 2013 3 commentaires

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Le 26 septembre 2013, la « juge unique », Mme Silvia Fernandez de Gurmendi, a pris une ordonnance pour programmer une audience le 9 octobre prochain, dans l’affaire « le Procureur c. Laurent Gbagbo ». Cette initiative suscite divers commentaires. Et pour cause !

                       
L’audience ne s’inscrit pas dans le cadre de l’examen automatique de la détention intervenant tous les 120 jours. La dernière s’étant déroulée le 11 juillet, nous serons le 9 octobre 2013, à 90 jours. L’audience n’a pas été demandée par la défense du Président Laurent Gbagbo, dont c’est pourtant l’intérêt plus que manifeste, et alors même qu’elle en a la possibilité, à tout moment et qu’elle a mis un point d’honneur à exploiter toutes les opportunités, y compris médicales, qui lui étaient offertes. D’ailleurs, un appel est pendant, suite la dernière décision rendue le 11 juillet 2013. Non, cette fois-ci, l’audience est convoquée à l’initiative de la « juge unique » elle-même, conformément à l’article 118 (3) du Règlement de procédure et de preuve qui dispose que la Chambre préliminaire « peut, d’office …, décider de tenir une audience ».

L’initiative paraît d’autant plus curieuse, que, la « juge unique » qui a pris cette ordonnance, s’est illustrée dans le maintien en détention du Président Laurent Gbagbo, sur le fondement de motivations très contestables et parfois saugrenues, pour qui connaît la personnalité du suspect. En effet elle ne s’est pas gênée de prétexter le risque de fuite pour un homme qui a bravé les bombes de l’ONU et de la France en 2011, qui est resté chez lui en novembre 2004, sachant que les chars français avançaient vers sa résidence pour opérer un « coup d’Etat », et qui, en visite officielle auprès du pape, lors de l’attaque de septembre 2002, a insisté pour retourner dans son pays, alors même que son homologue français, alléguant la grande insécurité qui régnait dans la capitale ivoirienne, l’en dissuadait et lui offrait un « exil doré ». Elle a aussi invoqué la possibilité de prise de pouvoir par les armes pour « l’enfant des élections » qu’est le combattant de la démocratie ivoirienne et l’apôtre de la transition pacifique à la démocratie, auteur de plusieurs ouvrages, au titre évocateur : pour une alternative démocratique en Côte d’Ivoire ; agir pour les libertés ; bâtir la paix sur la démocratie et la prospérité. Elle a même reproché sa popularité au Président Laurent Gbagbo, un homme politique. A cet effet, elle n’a pas hésité à se référer à un rapport de mi-mandat controversé des experts de l’Onu, vivement contesté par certains membres du Conseil de sécurité et dont certaines affirmations ont été, par la suite, infirmées dans le rapport final. 

Alors, qu’est-ce qui a bien pu décider la bonne « juge unique » à programmer cette audience « pour recevoir les observations sur la question de la liberté ou de la détention de M. Gbagbo »?

Vers une liberté conditionnelle du Président Laurent Gbagbo ?

Pour essayer de répondre à la question, il convient de rappeler que dans sa décision du 11 juillet 2013 rendue à propos du 3e examen périodique de la détention, la Chambre préliminaire 1, réunie au complet et non limitée à sa « juge unique », avait envisagé la possibilité d’une « libération conditionnelle » du Président Laurent Gbagbo, « en tenant compte du principe fondamental selon lequel la privation de liberté doit être une exception et non la règle » et pour autant que des conditions appropriées étaient trouvées pour réduire les risques liés à cette libération. S’étant déclarée ouverte à un réexamen de la question, la Chambre préliminaire 1 s’était proposée pour rechercher elle-même, les « arrangements éventuels à la libération conditionnelle ». Puis, concluait-elle « si cela devient nécessaire, la Chambre tiendra une conférence de mise en état à cet effet ».


Les « conditions appropriées » sont-elles maintenant réunies ?

Une question d’autant plus judicieuse qu’il y a plusieurs mois, l’information d’un déplacement du greffe de la Cpi dans un pays africain, pour vérifier ces fameuses « conditions appropriées », avait fuité. Mais Mme la « juge unique », la compatriote de M. Ocampo Moreno, l’ancien Procureur de la Cpi qui avait sollicité le mandat d’arrêt contre le Président Laurent Gbagbo, ne les aurait, semble-t-il, pas jugé solides.
Notons cependant que cette décision du 11 juillet 2013 est intervenue après celle du 3 juin 2013, qui avait jugé que les preuves sur la base desquelles le Président Laurent Gbagbo avait été transféré à la Cpi, étaient insuffisantes, mais qu’une « séance de rattrapage » devrait être offerte à la Procureure, compte tenu de la particularité de l’affaire, pour en présenter de nouvelles. Les éléments de preuve encore en sa possession ont d’ailleurs été transmis à la Chambre préliminaire depuis le 5 juillet 2013.
Dans le même sens, au Ghana, les juges refusaient la demande d’extradition introduite par le régime de Ouattara au sujet du ministre Koné Katinan, porte-parole du Président Laurent Gbagbo, au motif que les accusations n’étaient pas fondées, et que ladite demande n’était pas dénuée de motivation politique. Un premier juge, Ali Baba s’était même lâché en pleine audience, en déclarant qu’« on ne peut pas porter d’aussi graves accusations sur un citoyen et avoir autant de mal à apporter les preuves ». 

En réalité, le même constat fait par les juges ghanéens et de la Cpi, est celui des observateurs de toute cette odyssée politico-judiciaire mondiale, que le « préfet des lagunes » a orchestrée sous l’influence maléfique de son mentor, Nicolas Sarkozy. Les nombreux prisonniers politiques de Ouattara ne sont pas plus coupables que ses ouailles qui ont introduit la violence politique en Côte d’Ivoire, mais qu’il refuse de poursuivre, au nom de la « justice des vainqueurs ». C’est pourquoi personne n’a été surpris d’assister à des vagues de libération, sans jugement, des partisans du Président Laurent Gbagbo, dont la quasi-totalité de la direction du front populaire ivoirien (FPI), après plus de deux ans d’incarcération, puis d’entendre le régime Ouattara déclarer surseoir à l’exécution du mandat d’arrêt de la Cpi contre l’honorable Simone Gbagbo.

Cette évolution peut être attribuée à une meilleure perception de la crise ivoirienne. Les plus hautes personnalités du monde n’ont pas hésité à exiger du régime Ouattara la réconciliation nationale et la nécessité d’une justice impartiale : les présidents de la Banque mondiale, du Fonds Monétaire International, de la commission de l’Union européenne et le Pape. La France du Président François Hollande s’est particulièrement illustrée sur ce front, en multipliant les signes d’énervement devant la raideur de Ouattara, qui traîne les pieds, misant, à coup de « valises », sur un retour rêvé de Nicolas Sarkozy aux affaires. Les organisations des droits de l’homme n’ont pas été en reste, interloquées, de constater un recul des droits et libertés en Côte d’Ivoire, depuis l’accession au pouvoir du « Président reconnu par la communauté internationale ».


Vers la création d’une cour pénale africaine par les pays africains

Mais les pressions les plus décisives sont certainement à mettre à l’actif de l’opinion publique africaine qui s’est fortement mobilisée. Des articles de presse et des ouvrages ont été publiés pour dénoncer l’imposture du transfèrement du Président Laurent Gbagbo à la Haye. L’un de ceux-ci, « Laurent Gbagbo à la Cpi : justice ou imposture ? » publié par l’harmattan, fait d’ailleurs l’objet d’une demande insistante de traduction de la part des milieux diplomatiques et politiques. En Côte d’Ivoire, le rejet du régime s’est manifesté à travers des taux d’abstention record, consécutifs au boycott des consultations législatives et locales de 2011 et 2013. De plus, de nombreuses manifestations de soutien à Paris, à la Haye, en Belgique et aux Etats-Unis ont réuni régulièrement les démocrates ivoiriens et leurs camarades africains et d’autres pays, pour demander la libération du Président Laurent Gbagbo. Le point d’orgue a été la marche gigantesque dans les rues de Paris, le 28 septembre 2013, qui a mobilisé une cinquantaine d’organisations africaines. Ce sentiment d’indignation devant la perversité raciale de la Cpi a été traduit par le mouvement des africains français, dirigé par l’écrivaine Calixte Béyala, à travers une pétition qui demande le retrait des pays africains de la Cpi. 
Quant aux dirigeants africains, leurs initiatives ont répondu aux attentes de leur opinion publique. A plusieurs reprises, l’Union Africaine (UA), s’est indignée de l’abus du principe de compétence universelle dans certains États non africains (Belgique par exemple). Elle a décidé de ne pas coopérer avec la Cpi dans la procédure engagée contre le Président soudanais Oumar Béchir, tout en demandant au Conseil de sécurité de l’ONU, de la différer. En outre, dès sa prise de fonction en tant que Présidente de la Commission de l’Union africaine, Mme Nkosana Zuma a adressé une lettre aux juges de la Cpi, pour leur expliquer que la libération du Président Laurent Gbagbo était nécessaire pour la réconciliation en Côte d’Ivoire. La décision prise par le parlement Kenyan de demander à son gouvernement de se retirer de la Cpi s’inscrit dans le cadre de ce mouvement d’indignation et de colère à l’égard de cette tendance qu’ont les grandes puissances, non seulement à infantiliser les dirigeants africains, mais aussi à réprimer ceux parmi eux qui leur résistent, sous le prétexte d’une morale des droits de l’homme qu’ils sont les derniers à respecter. Le 13 octobre prochain, le sommet extraordinaire prévu par l’Union africaine pour discuter du retrait des pays africains de la Cpi, pourrait, à juste titre, approfondir ce mouvement de rejet. 

D’ailleurs, l’initiative prise par le Sénégal, en exécution d’un mandat de l’Union africaine, de juger l’ancien Président tchadien, Hissein Habré, porte un coup sérieux à la prépondérance de la Cpi, dans la répression des crimes contre l’humanité et fonde les nouveaux espoirs des africains en la matière. Elle montre l’engagement des Etats africains à lutter contre l’impunité, par le jugement des cas de crimes graves de préoccupation internationale, en attendant la mise en place prochaine d’une Cour pénale africaine, envisagée sous la forme d’une section de la Cour africaine de justice et des droits de l’homme, qui va naître de la fusion de la Cour africaine des peuples et des droits de l’homme avec la Cour de justice de l’UA. Ce pourrait être d’ailleurs une belle opportunité pour donner une « définition du crime lié au changement anticonstitutionnel de gouvernement ».

La Cpi peut-elle inverser la tendance au retrait des pays africains ?

C’est donc dire que la juge argentine a programmé son audience dans un contexte marqué plutôt par une forte pression sur la Cpi. L’accusateur en chef, Ouattara, a perdu son soutien international sur le dossier. Et vis-à-vis de la Cpi, il a, lui-même, amorcé un rétropédalage à travers l’exception d’irrecevabilité soulevée à propos du mandat d’arrêt de l’honorable Simone Gbagbo, découvrant, enfin, la souveraineté judiciaire de la Côte d’Ivoire. Les juges ghanéens et de la Cpi ont démontré qu’il n’y a aucune preuve au soutien des accusations fantaisistes de Ouattara. L’image de la Cpi est au plus bas. 
Dans ce contexte, la « juge unique » va-t-elle continuer à prétendre que la popularité du Président Laurent Gbagbo et ses soutiens politiques et financiers l’empêchent de bénéficier d’une liberté provisoire, alors même que les Président et vice-président Kényans, Uhuru Kenyatta et William Ruto, pourtant en procès, qui peuvent être crédités des mêmes appuis, parce que élus par le peuple et disposant des moyens de leur Etat, assistent librement aux audiences de la Cpi ? Pourquoi « deux poids, deux mesures » ?

En tout état de cause, pour avoir trop tiré sur la corde de l’imposture à travers sa « justice orientée », la Cpi n’a peut-être pas vu venir le coup. Mais, l’Afrique digne semble avoir décidé, en toute souveraineté, de prendre ses responsabilités dans la lutte contre l’impunité sur le continent. L’audience prévue le 9 octobre 2013, à quatre jours du sommet extraordinaire de l’UA sur le retrait des pays africains de la Cpi, pourra-t-elle permettre à la juridiction pénale internationale d’inverser la tendance ? Tel est, en définitive, l’enjeu principal de cette audience, pour lequel la Cpi pourrait offrir la « libération conditionnelle » du Président Laurent Gbagbo comme une assurance de sa crédibilité retrouvée. Quel retournement de l’histoire !

Dr Kouakou Edmond, 

Juriste, Consultant

Affaire « Le frère ainé de Laurent Akoun vire au RDR » : encore un mensonge du RDR

septembre 28, 2013 1 commentaire

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« Ce n’est pas exact d’indiquer qu’AKoun Pascal est le frère ainé de Laurent Akoun, Secrétaire général du FPI. Il n’est pas le frère biologique de Laurent Akoun. Monsieur Akoun Pascal est, comme le ministre Jean-Jacques Bechio, l’Ambassadeur Jacques Anoma et moi même, fils de Memni. Ce village compte en effet six grandes familles dans chacune desquelles des parents éloignés ou proches cohabitent en bonne intelligence avec les familles alliées selon la tradition. Le patronyme « Akoun » est un des plus courants en pays Akyé particulièrement dans le village de Memni comme Sanogo, Coulibaly utilises dans le grand nord de la Cote d’Ivoire. En outre, le sieur Pascal Akoun indiqué sur cette photo de couverture est militant PDCI, très actif lors des échéances électorales de 2010 pour le compte de son parti au premier tour et ensuite pour le candidat du RHDP lors du second tour. Par ailleurs, faisant partie de la même grande famille que moi, il a ainsi facilité mon retour d’exil d’Accra, en juin 2011, au nom de ses relations dans le RHDP. Action pour laquelle je ne cesserai de remercier celui que j’appelle affectueusement « mon cher oncle ». Pour terminer, Akoun Pascal est l’époux de Michelle Aké, actuelle députée PDCI de la circonscription d’Alépé Sous-préfecture.

Hermann Aboa, journaliste, fils de Memni »

 

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